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Etats-Unis-Chine : avancer ensemble ?

Que se passe-t-il pour que les dirigeants économiques et politiques américains trouvent les communistes chinois fréquentables ? Après les visites de Tim Cooks, Bill Gates et Elon Musk qui ont eu des propos élogieux et confiants dans le partenariat avec la Chine, c’est la ruée des politiques qui ne s’embarrassent pas de contradictions. Et, pour […]

Ecrit par Ary-Yee-Chong-Tchi-Kan – le lundi 24 juillet 2023 à 08H08

Que se passe-t-il pour que les dirigeants économiques et politiques américains trouvent les communistes chinois fréquentables ? Après les visites de Tim Cooks, Bill Gates et Elon Musk qui ont eu des propos élogieux et confiants dans le partenariat avec la Chine, c’est la ruée des politiques qui ne s’embarrassent pas de contradictions. Et, pour couronner le tout, la visite effectuée le 20 juillet, de Henry Kissinger, âgé de 100 ans. Faisons le point.
1) 19 mai, le G7 se réunit à Hiroshima et menace la Chine. Le gouvernement chinois éléve une vive protestation et convoque l’ambassadeur du Japon. La tension politique internationale est montée d’un cran. 
 
2) 18 juin, Antony Blinken, Secrétaire d’Etat Américain, se précipite à Beijing. Cela faisait 5 ans qu’un officiel de ce rang ne s’était pas déplacé en Chine. Il veut « ouvrir les lignes de communication directes afin que nos deux pays puissent gérer notre relation de manière responsable ». 

3) 7 juillet, Janet Yellen, la secrétaire au Trésor a fait le déplacement. Elle a indiqué que son pays ne cherchait pas à découpler la Chine et les Etats-Unis et qu’il est impossible de briser les chaînes d’approvisionnements mondialisés. 

Biden a même trouvé que les échanges étaient « constructifs », au point d’inviter prochainement XI Jinping. Blinken en a fait autant auprès de son collègue. Si on note que les Chinois étaient chez eux, soumis aux sanctions unilatérales et aux récriminations de toutes sortes, que signifie ce changement de ton et de postures du côté des agresseurs patentés ? 

Tout d’abord, c’est une victoire diplomatique et politique à mettre à l’actif du Parti communiste Chinois. En arrivant, Blinken a été reçu par Wang Yi, à huis clos. On ne saura rien de ce moment « responsable ». La suite, avec le Ministre des Affaires Étrangères Qin Gang et le Président Xi Jinping, a conditionné la venue de la secrétaire au Trésor, Janet Yellen. Auparavant, elle avait occupé la présidence de la FED, la réserve fédérale américaine. C’est donc une rencontre technique de portée stratégique. Les agendas sont connus, retenons 2 dates : 25 juillet et 22 août.  
 
La stabilité de l’économie mondiale. 
 
Le 25 juillet, la Fed va procéder à la 11e augmentation du taux directeur du dollar en 15 mois. Cela ne s’est jamais vu. La cherté de l’argent va provoquer un ralentissement de l’activité économique. Pour autant, ce ne sera pas suffisant pour ramener le taux d’inflation à 2%. Le pays est déjà surendetté (plus de 31 000 Milliards), c’est une trajectoire impossible à atteindre sans l’arrivée des produits chinois bon marchés. 
 
De son côté, la Banque Centrale de Chine est contrainte de baisser les taux du Yuan pour soutenir le niveau d’activité des entreprises et garder la stabilité des prix à l’exportation. En Europe, pour garder la stabilité des prix des marchandises venant de Chine, les services du transport par rail ont augmenté de 30%, de janvier à Juin, pour atteindre 8 841 trains. Augmenter la fréquence et le volume. C’est moins cher que par bateau. En pratique, le PCC doit subvenir aux besoins de son peuple et aussi ceux des pays riches surendettés. Cette réalité lui confère un rôle stratégique de premier plan qui n’autorise pas l’effondrement immédiat du système encore dominé par les Occidentaux.  
 
Probablement, la Chine a rappelé aux dirigeants US qu’elle détient la 2e plus grosse réserve de dollar américain. Que se passerait-il si elle devait s’en débarrasser pour compenser les pertes consécutives aux sanctions et à le renchérissement brutal et continu du dollar ? Dans un contexte où, au mois de mai, même les 10 pays de l’ASEAN, ordinairement liés aux anglo-saxons, ont décidé de se dé-dollariser. Le Sénat américain est inquiet et a convoqué Janet Yellen pour s’expliquer. Pour elle, il faut s’attendre à une diminution progressive de la part du dollar dans les réserves mondiales mais elle ne voit pas d’alternative pour supplanter le dollar. Elle a été auditionnée le 15 juin, soit 2 semaines avant de prendre la direction de Beijing. 
 
Au bout de 4 jours de visite, la secrétaire américaine au Trésor a tenu un point presse pour dire tout le bien à travailler ensemble. Elle a déclaré que les décisions américaines contre la Chine « ne serviront pas à obtenir un avantage économique». Elle a plaidé pour plus de coopération et d’échanges. Elle pense avoir bâti des relations nouvelles et plus solides, avec ses interlocuteurs. Radio-canada rapporte les propos de Janet Yellen : « Le sentiment exprimé des deux côtés est que le monde est suffisamment grand pour permettre à chacun de prospérer, de coopérer face aux défis mondiaux et d’avoir des relations économiques constructives. »
 
Le 22 août, au Sommet des BRICS, en Afrique du Sud, Xi Jinping a déjà annoncé sa présence. L’Occident collectif sera absent de ce grand rendez-vous historique. Les participants réclament une autre monnaie et une autre gouvernance mondiale. Le Secrétaire général du Parti Communiste Chinois aura tout le loisir de déployer son concept d’Initiative pour une Civilisation Mondiale, en ayant en tête l’analyse des Américains sur la responsabilité collective des grandes puissances. 
 
La paix, la coopération et non la confrontation. 

 
On parle de « concurrence saine » entre pays à régimes politiques différents et à niveaux de développements spécifiques. Selon Blinken, une telle compétition requiert une diplomatie directe pour éviter des erreurs de calcul. Il précise : «le monde s’attend à ce que les Etats-Unis et la Chine coopèrent». Kissinger est venu relancer son héritage politique, vieux d’un demi siècle. Vu son grand âge, il symbolise la sagesse aux yeux de la culture asiatique. XI Jinping, en grand ordonnateur, n’a pas manqué de rappeler qu’à cette même place, lui et le Président Nixon, Mao et Zhou Enlai avaient fait le bon choix, en 1971. C’est un rappel de la reconnaissance d’une seule Chine et la nécessité de continuer à avancer ensemble, à deux. 
Ary YEE-CHONG-TCHI-KAN

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