Revenir à la rubrique : Santé

Dengue : L’expérimentation saint-joséphoise suscite l’espoir

Les premiers résultats de la technique de l’insecte stérile renforcée ont été dévoilés ce lundi matin. Durant un an, des moustiques mâles stérilisés et imprégnés de biocide ont été lâchés dans un secteur de Saint-Joseph. Si les résultats ne sont que partiels, ils se révèlent déjà "fructueux".

Ecrit par zinfos974 – le lundi 13 décembre 2021 à 15H10

« Globalement, les essais sont très fructueux. 100% des objectifs que nous nous étions fixés sont atteints et l’agenda est à peu près respecté », se réjouit Jérémy Bouyer, le coordonnateur du projet Revolinc, qui œuvre sur le contrôle des insectes nuisibles. Durant un an, le CIRAD, l’IRD, l’ARS et la commune ont expérimenté la technique de l’insecte stérile (TIS) renforcée sur deux sites de Saint-Joseph.

Le représentant du CIRAD annonce que l’expérience avait obtenu une réduction de 88% de moustiques femelles par rapport au départ. Cela avec une faible quantité de moustiques mâles lâchés.

Deux techniques à l’essai

La TIS consiste à stériliser des moustiques mâles par irradiation avant de les lâcher dans la nature. Ils entrent ensuite en concurrence avec les autres et fécondent les femelles avec du sperme stérile, évitant ainsi la reproduction et réduisant les populations d’insectes sur les générations. C’est cette technique qui est utilisée dans la zone de la Mare à Sainte-Marie.

L’expérience de Saint-Joseph est différente, déjà concernant l’espèce. À Sainte-Marie, c’est l’Aedes albopictus (moustique tigre) qui est chassé, alors que la cible est l’Aedes aegypti sur Saint-Joseph.

L’expérience de la TIS renforcée consiste à aller plus loin. En plus d’être stérilisé, le moustique mâle se fait injecter du pyriproxyfène, un biocide qui détruit les organismes nuisibles. Deux sites de la commune ont été choisis : l’embouchure de la rivière (site témoin) et la ravine de la rue Langevin (zone de largage).

Les premiers résultats ont permis de découvrir que le simple contact d’un mâle avec une femelle suffisait à inoculer le produit. Surtout, l’analyse a permis de découvrir que les mâles allaient même transmettre le biocide sur les gîtes larvaires. Cette découverte surprenante n’a pas encore d’explication validée. Une hypothèse serait que les mâles aillent attendre la naissance des femelles pour se reproduire directement.

L’un des objectifs de l’expérience était également de mesurer l’impact du biocide sur la faune et la flore. Là encore, les nouvelles sont bonnes. Des insectes comme les chironomes n’ont pas disparu. Concernant les abeilles, même si les données restent à confirmer totalement, il semble que les colonies se trouvent en meilleure santé.

Enfin, la disparition de l’Aedes aegypti n’a pas entraîné une surpopulation compensatoire de l’Aedes albopictus. « Tous les voyants sont aux verts pour poursuivre », affirme Jérémy Bouyer. Les scientifiques s’intéressent à présent à cette technique concernant la mouche des fruits.

Produire des moustiques péi

Si la faible quantité de moustiques mâles stérilisés a eu un impact conséquent, il convient de préciser que la faible quantité est due au transport qui a abîmé le chargement. Les moustiques stériles sont produits actuellement par un laboratoire européen en Autriche et sont acheminés dans l’île par avion. Et la crise Covid ralentit les échanges de fret.

Avec les résultats encourageants, la question de la production en grande quantité vient à se poser. Si des pays font déjà de la production intensive, l’idée d’installer un centre de production dans l’île est plus qu’une option. 

La commune de Saint-Joseph se propose déjà d’accueillir cette usine à moustique. « Ce sera notre nouveau caviar », s’amuse Christian Landry, le 1er adjoint de la commune. 

 

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Les cas de coqueluche augmentent en France, comment protéger les nourrissons ?

Face à la recrudescence de la coqueluche en France depuis le début de l’année 2024, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié aujourd’hui de nouvelles recommandations vaccinales.
Cette infection respiratoire, hautement contagieuse, a causé la mort de 17 personnes depuis janvier, dont 12 nourrissons âgés d’un à deux mois, un enfant de quatre ans et trois adultes de plus de 85 ans.

Point épidémiologique : 29 cas de paludisme recensés au premier semestre

Dans son point épidémiologique hebdomaire, Santé Publique France indique que l’île a connu 29 cas de paludisme cette première partie d’année, contre 31 pour tout 2023. Le Covid-19 est toujours sous surveillance, tandis qu’une hausse des hospitalisations est enregistrée pour des cas d’infection respiratoire aigüe.