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“C’est pas la bouteille qui tape sur madame” : un jeune homme de 24 ans justifie ses coups par l’alcool

Ecrit par L.C – le samedi 8 novembre 2025 à 14H54
Photo d'illustration.

Un jeune homme de 24 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Champ Fleuri pour violences conjugales. Condamné, il porte toute la responsabilité sur l'alcool.

Le tribunal de Champ Fleuri s’est penché sur deux audiences de comparution immédiate concernant des violences conjugales. Des audiences qui illustrent les chiffres du ministère de l’Intérieur, confirmant à quel point les Outre-Mer, et en particulier La Réunion, sont affectés par ce fléau.

Le premier prévenu est à peine âgé de 24 ans. Le week-end dernier, les forces de l’ordre de Saint-André sont prévenues dans la soirée : un homme a passé sa compagne à tabac. Gifles, coups de poing et plaquage contre le mur, rien ne lui est épargné.

Les faits se sont produits devant la fille de la victime. Interpellé, l’homme reconnaît les faits. Quand on lui détaille ce pourquoi il se retrouve au tribunal ce mercredi, il ne nie absolument pas.

Les violences, « une fatalité » selon l’intéressé

Selon le jeune homme, ces violences sont amplement justifiées : quand il boit, il voit rouge. Et ce soir-là, il avait bien bu. Les détails de leur vie conjugale sont détaillés : en couple depuis seulement août, les violences ont commencé très tôt selon la victime.

La présidente lui fait remarquer que « la violence est une fatalité » chez lui, et malgré ses dénégations, ses propos démontrent l’inverse. En effet, à la barre, le prévenu explique qu’il a le sang chaud : quand il se sent insulté ou provoqué, il n'a aucune hésitation à passer à l’action.

Concernant les faits, il réitère ses propos et joue l’excuse de la picole : c’est l’alcool qui le fait passer à l’action. Ce à quoi la présidente lui rétorque que « ce n’est pas la bouteille d’alcool qui tape sur madame ». Durant la lecture des faits, sa jalousie possessive ressort comme l’élément le plus frappant de sa personnalité. Au moindre soupçon concernant sa compagne, il n’hésite pas à se montrer menaçant, voire plus.

Des faits qui entraînent des répercussions sur la victime et sur sa fille. Comme le souligne l'avocat des victimes, directe et indirecte, cela fragilise l’équilibre psychique, en plus des coups portés physiquement.

Un comportement violent à surveiller

Le ministère public, malgré l’absence de mentions au casier judiciaire du prévenu, se veut ferme dans ses réquisitions. Il décrit une situation de rare violence couplée avec une colère dormante chez le jeune homme. Une violence qui devient répétée sous la coupe de l’alcool. La procureure requiert ainsi 10 mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de deux ans, l’obligation de se soigner, de ne plus entrer en contact avec la victime et de suivre un stage contre les violences conjugales.

La défense du prévenu rejoint les dires du procureur : son client a besoin de soins pour éviter un renouvellement des faits. Le tribunal a suivi à la lettre les réquisitions du ministère public, condamnant ainsi l’homme à 10 mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans et toutes les mesures complémentaires.

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