Bras-Panon : enseignants et élèves du lycée Paul-Moreau dénoncent des “dysfonctionnements” en série

Un mois après la rentrée, un débrayage massif a touché ce mardi le lycée polyvalent Paul-Moreau de Bras-Panon (760 élèves). À l’appel d’une intersyndicale (FSU, FO, CGTR, UNSA), enseignants, assistants d'éducation (AED), parents d’élèves et lycéens dénoncent des problèmes d’organisation récurrents, principalement liés aux emplois du temps.
« Depuis quelque temps, nous subissons des dysfonctionnements au lycée », explique Roger Mourgapamodely, enseignant et représentant FO. « Nous rencontrons de grosses difficultés d’emploi du temps, non conformes aux textes réglementaires. Les élèves ont de longs trous, les salles changent en permanence, et cela pèse aussi sur les AED, qui n’ont même plus le temps de déjeuner parce que les élèves sont envoyés en permanence. Malgré plusieurs réunions, rien n’avance. »
Selon plusieurs professeurs, les problèmes seraient accentués par une organisation jugée trop centralisée. « Cela fait trois ans que nous essayons d’arranger les choses, mais cette année, la proviseure a voulu gérer seule les emplois du temps », regrette un enseignant. « Le dialogue n’aboutit pas. »
Certains pointent aussi des classes surchargées depuis plusieurs années en raison de fermeture de classes par le rectorat, dues à une baisse des effectifs, avec un impact sur les résultats du bac.
Les élèves prennent la parole
Du côté des lycéens, la grogne est partagée. Noam, élève de terminale, déplore : « Certains n’ont que 25 minutes pour manger, les salles sont parfois insalubres, et malgré nos demandes depuis un mois, l’emploi du temps reste problématique. On veut un meilleur respect de chacun. »

Des contraintes techniques et logistiques
Nommée depuis trois ans, Marie-Noëlle Perrin reconnaît des « soucis » dans l’organisation mais en précise les causes : hausse de la demi-pension liée au repas à 1 euro (100 élèves supplémentaires), difficultés techniques entre logiciels (EDT et Pronote), et absence temporaire d’un personnel lié à l’organisation.
« Un deuxième service a dû être mis en place pour accueillir jusqu’à 300 demi-pensionnaires par jour, alors qu’un service ne peut en contenir que 250 », détaille-t-elle. La difficulté est aussi technique : « Lors du transfert des emplois du temps, certains groupes et salles ont sauté. C’est en cours de résolution », assure la proviseure. Les élèves n’auraient toujours pas accès à l’ensemble de leur emploi du temps sur le logiciel de vie scolaire Pronote.

Concernant les classes, la proviseure assure que « le seuil réglementaire de 35 élèves n’est pas dépassé », tout en reconnaissant des contraintes sur certaines salles, notamment en sciences. Concernant des critiques sur le ton de certains de ses échanges, elle répond : « Je suis expressive, chacun a son seuil de sensibilité. »
Elle se dit « ouverte au dialogue » et n’est « pas opposée à une médiation du rectorat », déjà sollicitée par les enseignants. Des représentants d’élèves ont également été reçus la semaine dernière, en amont d’un débrayage de ces derniers jeudi dernier.
Ratenon interpelle le rectorat
Le député Jean-Hugues Ratenon s’est rendu sur place. « Lorsque autant de personnels se mobilisent, c’est qu’il existe un malaise profond. On ne règle pas les problèmes depuis un bureau climatisé », a-t-il déclaré dans un communiqué publié dans la foulée. Il appelle le rectorat à envoyer rapidement une délégation pour constater la situation et engager une médiation.
Une rencontre prévue
Une rencontre entre la direction et une délégation d’enseignants prévue en fin de matinée n'a finalement pas eu lieu. Des enseignants se sont rendus directement au rectorat où ils ont été reçus pour une première rencontre. Une réunion est prévue dans les prochains jours au rectorat. Ce dernier annonce par ailleurs l'envoi de personnels de "soutien" au lycée.


