Amputé après une série d'opérations, un patient du CHU de La Réunion obtient une expertise au tribunal

Pris en charge pour un cancer de la prostate en 2021, un patient du CHU de Saint-Pierre est opéré à deux reprises en septembre 2024, puis une troisième fois, le même mois, pour une amputation fémorale. Le tribunal administratif de La Réunion vient de donner droit à sa demande d'expertise médicale.
Le CHU de La Réunion est-il responsable de l'amputation fémorale subie par un patient, le 12 septembre 2024 ? L'homme suivi depuis 2021 pour un cancer de la prostate en est intimement convaincu et a formé en juillet dernier un référé au tribunal administratif afin d'obtenir une expertise médicale portant sur les conditions de sa prise en charge.
Selon le rappel des faits produit dans l'ordonnance du tribunal en date du 26 septembre 2025, « suite (…) à de nouvelles lésions ayant conduit à plusieurs résections de la vessie entre février et juin 2024, le patient a été opéré le 5 septembre 2024, toujours sur le site Sud du CHU de La Réunion, pour une " néphro-ureterectomie droite + prostato-cystectomie totale + curage iliaque + bricker ". Une dégradation considérable de son état vasculaire ayant été constatée, une nouvelle intervention chirurgicale a dû être réalisée dès le lendemain par un chirurgien vasculaire. »
La CGSS et le CHU de La Réunion acceptent l'expertise médicale
Après ces deux passages successifs au bloc opératoire, l'état de santé du patient se dégrade. « La situation de son membre inférieur gauche s'étant encore détériorée, l'intéressé a dû subir une amputation fémorale réalisée le 12 septembre 2024. De nouvelles complications, notamment une péritonite, ont conduit à plusieurs autres opérations au cours des mois suivants », indique le président du tribunal administratif.
Estimant être victime de plusieurs « erreurs, maladresses et négligences susceptibles d'être qualifiées de fautives », le patient a sollicité une expertise médicale que le tribunal lui a accordée. La CGSS ne s'y était pas opposée et le CHU de La Réunion non plus, même si l'établissement public a fait part de « ses protestations et réserves d'usage ».
L'ordonnance du tribunal fait donc droit à la demande d'expertise médicale et précise que celle-ci sera réalisée en présence du CHU, de l'assureur du patient et de la CGSS.


