Eau : avec 45 % de pluie en moins, La Réunion aborde la saison sèche avec des réserves insuffisantes

La saison des pluies 2025-2026 se classe comme la deuxième plus déficitaire jamais observée à La Réunion. Malgré un mois de décembre bien arrosé, les précipitations n'ont pas permis de reconstituer les réserves en eau, laissant les rivières et les nappes phréatiques dans une situation préoccupante au moment de l'hiver austral.
Les fortes pluies de décembre n'auront finalement pas suffi. Après plusieurs mois exceptionnellement secs, la saison des pluies 2025-2026 se termine sur un déficit pluviométrique de 45 %, ce qui en fait la deuxième saison des pluies la plus déficitaire depuis le début des observations. À l'échelle de La Réunion, ce manque représente près de 2 milliards de mètres cubes d'eau par rapport à une année normale.
Quatre cours d'eau présentent un état fortement déficitaire
Après un mois de décembre excédentaire (+36 %), les précipitations se sont brutalement effondrées : -45 % en janvier, puis -60 % en février et en mars, avant un nouveau déficit de -45 % en avril. Cette succession de mois secs a fortement limité la recharge des cours d'eau et des nappes souterraines.
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Conséquence, l'île entre dans la saison sèche avec des réserves déjà fragilisées. Quatre cours d'eau présentent un état fortement déficitaire : la Rivière du Mât, la Rivière des Marsouins, le Bras Noir à La Plaine-des-Palmistes et le Bras Sainte-Suzanne à Grand Bassin. Sur deux d'entre eux, la Rivière des Marsouins et le Bras Sainte-Suzanne, les débits relevés sont les plus faibles jamais enregistrés pour une saison des pluies.
La situation est également préoccupante pour les nappes phréatiques. Les déficits les plus importants concernent la nappe inférieure du Port, le secteur de La Plaine-des-Palmistes ainsi que le littoral Est et Sud-Est entre Sainte-Rose et Saint-Joseph. Deux stations ont enregistré les niveaux moyens les plus bas jamais mesurés pour une saison des pluies : le forage de Petite Plaine, à La Plaine-des-Palmistes, et celui de Piton Sainte-Rose.
Les déficits accumulés depuis 2024 persistent
Si certaines nappes montrent une légère amélioration par rapport à l'an dernier, notamment au Port, la recharge reste insuffisante pour retrouver une situation normale. Les déficits accumulés depuis 2024 persistent donc.
Autre conséquence de cette sécheresse, les épisodes de crues ont été particulièrement faibles cette année. Seuls deux cours d'eau ont connu des crues d'intensité moyenne, tandis que huit stations ont enregistré leur plus faible débit maximal depuis le début des mesures.
Au moment où débute à peine la saison sèche, les indicateurs restent donc au rouge. Les réserves en eau de l'île n'ont pas été suffisamment reconstituées et pourraient être mises à rude épreuve si les prochains mois restent peu arrosés.


