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Lodeom, loi programme, commande publique… La CPME Réunion veut remettre l’économie locale au centre du jeu

Ecrit par Julien Delarue – le mercredi 27 mai 2026 à 10H35

Alors que le gouvernement planche sur une possible réforme des exonérations de charges et de la défiscalisation outre-mer, la CPME Réunion hausse le ton. Son nouveau président, Pascal Plante, appelle à stopper l’instabilité fiscale et plaide pour une nouvelle loi-programme capable de redonner un cap économique aux territoires ultramarins. En parallèle, le patronat local veut accélérer sur les délais de paiement, la commande publique et le développement d’activités de proximité.

Les prochains jours s’annoncent stratégiques pour le monde économique ultramarin. Entre les discussions autour de la stratégie économique des outre-mer et la mission confiée à Philippe Leyssene sur les dispositifs Lodeom et Rafip (Régime d’aide fiscale à l’investissement productif), les organisations patronales redoutent un nouveau coup de rabot budgétaire.

Dans la ligne de mire de l’État : près de trois milliards d’euros cumulés entre les exonérations de charges sociales patronales de la Lodeom et le régime d’aide fiscale à l’investissement productif. Une lettre de mission signée par quatre ministres demande d’identifier des pistes de simplification tout en garantissant une meilleure cohérence avec les réalités économiques ultramarines.

À La Réunion, le sujet inquiète. Élu il y a deux mois à la tête de la CPME Réunion, Pascal Plante estime que le contexte économique ne permet pas d’ouvrir un nouveau chantier de réduction des aides. “Ce n’est pas le moment de changer les choses. À un an de la présidentielle, une remise en cause sans projet n’a aucun sens”, tranche-t-il au sujet de la Lodeom. Pour le dirigeant patronal, toucher à ces dispositifs sans vision économique globale reviendrait à fragiliser encore davantage des entreprises déjà confrontées au ralentissement de l’activité.

La priorité doit être la stabilité

Le gouvernement assure pourtant vouloir engager une réflexion de fond sur le modèle économique ultramarin. Dans sa feuille de route, l’exécutif évoque des dispositifs devenus “complexes et peu lisibles” au fil des réformes successives, avec une efficacité jugée insuffisamment démontrée sur l’emploi et la compétitivité.

Pour la CPME, la priorité doit au contraire être la stabilité. L’organisation patronale veut profiter de l’échéance présidentielle de 2027 pour remettre sur la table une nouvelle loi-programme pour les outre-mer. “Il faut une loi-programme, une loi d’orientation. Il est plus intelligent d’attendre un nouveau président, une nouvelle Assemblée”, estime Pascal Plante. “Avec une loi de ce type, c’est plus d’investissement pour le territoire, plus simplement de l’accompagnement”, plaide-t-il.

Autre sujet sensible : les délais de paiement des collectivités. La CPME demande aux principaux acheteurs publics de réduire de moitié les délais afin de soulager la trésorerie des petites entreprises. Une revendication directement inspirée des propositions nationales du “Réflexe PME”, porté par la CPME à l’occasion des municipales 2026. L’organisation défend notamment le respect du paiement à 30 jours et une ouverture plus large de la commande publique aux petites structures locales.

Nouvelle étude Réelle par microrégion

Dans les tuyaux de la CPME, une nouvelle étude “Réelle”, pilotée par Réunion Développement avec le soutien de la Région et des organisations patronales. La première version, réalisée en 2017, avait mis en lumière près de 4,4 milliards d’euros de “fuites économiques” entre la consommation locale et la production réunionnaise. Cette fois, l’objectif est d’aller beaucoup plus loin, microrégion par microrégion, afin d’identifier les secteurs où des activités pourraient être relocalisées ou développées.

“L’objectif est de rapprocher le travail du domicile”, résume Pascal Plante, qui veut faire de cette étude une véritable feuille de route économique territoriale d’ici fin 2027.

“Certains sujets relèvent du national, mais d’autres peuvent se régler localement”, insiste-t-il. Derrière cette approche, la CPME espère replacer les PME au cœur des politiques publiques locales, avec une idée simple : sans tissu économique de proximité solide, difficile de maintenir l’emploi, les services et l’attractivité des territoires.

Etiquettes : CPME | Entreprises | LODEOM

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