"Pourquoi continuer avec les voitures sono ?" : Jonathan Rivière appelle à une campagne des municipales "sans désordre"

À l’approche des élections municipales, Jonathan Rivière plaide pour une évolution des pratiques de campagne. Le candidat divers droite à Saint-Pierre appelle à renoncer aux voitures-sono, un dispositif de communication politique traditionnel à La Réunion, au nom du respect de la tranquillité publique et de l’évolution des modes d’information des électeurs.
En France, les "voitures-sono" désignent des véhicules équipés de haut-parleurs diffusant musique, slogans et messages politiques dans l’espace public. Leur objectif est d’accroître la visibilité des candidats, de rappeler les échéances électorales et de mobiliser les électeurs par une présence sonore marquée, souvent perçue comme festive et immédiatement identifiable. Concrètement, ces dispositifs reposent sur la diffusion de messages préenregistrés et de jingles de campagne, parfois accompagnés de distributions de tracts ou de la présence de militants autour du véhicule afin de renforcer l’impact visuel et sonore.
Entre visibilité politique et nuisance sonore
Particulièrement ancrées à La Réunion, les voitures-sono constituent un élément visible et traditionnel des campagnes locales. Leur présence demeure plus discrète dans l’Hexagone, où elles sont surtout mobilisées lors de campagnes très actives ou dans des territoires où les formes classiques de communication politique touchent moins directement la population.
Ces dispositifs sont juridiquement encadrés par les règles relatives aux nuisances sonores et à la propagande électorale, notamment en matière de volume, d’horaires de diffusion et de respect de la tranquillité publique. Ils sont en outre strictement interdits la veille et le jour du scrutin, durant la période dite de "silence électoral", dont la violation peut entraîner des sanctions pouvant aller jusqu’à l’annulation du scrutin. Régulièrement, toutefois, leur présence suscite des critiques pour la gêne occasionnée et la pression symbolique qu’une diffusion sonore répétée peut exercer sur les habitants.
"La politique ce n’est pas faire du bruit, c’est du respect"
Dans ce contexte, Jonathan Rivière, candidat DVD dans la capitale sudiste (encarté RN mais qui n'a pas reçu l'investiture du parti pour ces municipales), affirme vouloir rompre avec cette tradition."Est-ce qu’on est encore obligé de crier dans un micro pour faire de la politique en 2026 ? Je dis non. Aujourd’hui les Réunionnais ont changé, ils ont évolué, ils ont un téléphone et ils savent s’informer. La majorité des votants ont pu visionner les débats télévisés, les Réunionnais peuvent comparer, ils réfléchissent. Krwa pa kréol lé couyon. Alors pourquoi continuer avec les voitures sono, pourquoi transporter les mêmes militants d’une réunion publique à l’autre tous les soirs ? Est-ce que ça va convaincre encore quelqu’un ?", déclare-t-il dans une vidéo postée sur sa page Facebook.
Il ajoute : "La politique ce n’est pas faire du bruit, c’est du respect. La Réunion change, la politique doit changer aussi. C’est pour cela que nous ne ferons ni meeting ni voitures sono. Priorité au porte-à-porte. Nous voulons une campagne sans désordre."
Cette position s’inscrit dans un débat plus large sur l’évolution des méthodes de campagne et sur l’équilibre entre visibilité politique et qualité de vie des habitants. À La Réunion, où la tradition des voitures-sono demeure fortement ancrée, la proposition de Jonathan Rivière relance la réflexion sur les formes contemporaines de mobilisation électorale.


