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"Nos entreprises sont malades" : Alain di Crescenzo à La Réunion pour recueillir la parole des acteurs économiques

Ecrit par J.D. – le mardi 10 février 2026 à 10H51

En déplacement à La Réunion du 9 au 13 février, Alain di Crescenzo, président de CCI France, a entamé sa visite ce lundi 9 février au Pôle Formation du Chaudron. Une séquence d’échanges avec les acteurs économiques et les parlementaires, organisée dans un contexte jugé charnière pour les entreprises ultramarines, alors que se profilent des arbitrages budgétaires déterminants pour 2026 et 2027.


« La venue du président de CCI France, ce n’est pas la première fois. Ça fait quelques fois qu’il vient sur les deux dernières années », rappelle en ouverture Pierrick Robert, président de la CCI de La Réunion. Pour lui, ce déplacement répond à un objectif clair : « venir recueillir la parole des entrepreneurs réunionnais, des acteurs économiques, des députés aussi, pour faire remonter tout ça vers Paris, surtout dans une année charnière comme 2026, où il va y avoir des arbitrages très importants pour le monde ultramarin ».

Face aux chefs d’entreprise, élus et parlementaires réunis au Pôle Formation du Chaudron, Alain di Crescenzo dresse un constat sans détour : « Mesdames et messieurs, nos entreprises sont malades. » Une alerte qu’il fonde sur une dégradation continue de la situation économique, en particulier pour les PME. « Quand on ne prend pas en compte les commerçants, les artisans, les petites entreprises, on oublie la moitié de l’emploi dans ce pays », insiste-t-il, évoquant un niveau record de défaillances et une perte de compétitivité aggravée par la concurrence internationale et le poids des normes.

« Je me suis battu pour qu’il y ait une attention particulière sur les Outre-mer »

Dans ce contexte, le président de CCI France revendique une attention spécifique pour les territoires ultramarins. « Je me suis battu pour qu’il y ait une attention particulière sur les Outre-mer », explique-t-il, rappelant les enjeux liés à la défiscalisation, à l’apprentissage ou encore à la formation professionnelle. « Si on enlève l’aide aux entreprises et la défiscalisation, on va être très ennuyés », prévient-il, appelant à anticiper dès maintenant les décisions à venir pour éviter « le pire pour 2027 ».

Des préoccupations largement partagées par les parlementaires réunionnais, interrogés en amont de la rencontre. Le député Perceval Gaillard salue ainsi la démarche du président de CCI France, soulignant l’importance « d’écouter, de bien regarder, de bien se rendre compte » des réalités locales. Il insiste notamment sur la nécessité de mieux insérer La Réunion dans son environnement régional : « C’est l’axe majeur dans les prochaines années pour sortir de la dépendance à l’Hexagone et à l’Europe », estimant que certaines décisions nationales sont encore prises « avant d’avoir fait la consultation ».

Dans la même veine, le conseiller régional Pascal Plante insiste sur la nécessité de préserver les outils spécifiques aux économies ultramarines. « C’est l’octroi de mer comme outil dynamique de développement économique qu’il faut préserver, renforcer et stabiliser dans le cadre de notre insularité », estime-t-il, en y associant « La Lodeom et l’aide à l’investissement », jugés indispensables au rattrapage économique du territoire. Il met en garde contre l’application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) à La Réunion, qu’il considère comme contradictoire avec le discours sur la régionalisation de l’économie. « Mettre une taxe comme ça applicable à La Réunion, ça veut dire : arrêtez votre démarche avec l’extérieur », avec, selon lui, un risque d’augmentation des coûts et d’allongement des délais d’approvisionnement.

« Le travail coûte trop cher à La Réunion »

De son côté, le député Joseph Rivière met l’accent sur le coût du travail et la pression fiscale. « Le travail coûte trop cher à La Réunion », affirme-t-il, appelant à « faire en sorte que les Réunionnais accèdent à l’emploi » et à une réflexion globale sur la formation des prix, la protection du marché local et l’ouverture vers la zone océan Indien.

Autant de messages que le président de CCI France s’est engagé à porter au niveau national. « Écoutez, priorisez, simplifiez », résume Alain di Crescenzo, qui annonce la formulation prochaine de propositions destinées au gouvernement. Pour les acteurs économiques réunionnais, cette visite vise ainsi à peser dans les débats à venir, à un moment où les équilibres économiques du territoire apparaissent plus fragiles que jamais.

Etiquettes : CCIR

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