Tribune - “C’est ici et maintenant que je souhaite être utile” : Didier Robert s’adresse aux Saint-Paulois(es)

Dans une tribune adressée aux habitants de Saint-Paul et transmise à Zinfos 974, Didier Robert annonce officiellement sa candidature à la mairie et lance sa campagne en dévoilant son affiche. L’ancien président de la Région Réunion explique les raisons de son retour sur la scène politique locale après plusieurs années de silence, évoquant un temps de recul, d’écoute et de réflexion, et affirme sa volonté de s’engager à nouveau au service des Saint-Pauloises et des Saint-Paulois.
La tribune de Didier Robert :
Saint-Pauloises, Saint-Paulois
Pendant quatre ans, je me suis tu.
Ce silence n’a jamais été une absence. Il a été un temps de vérité.
Quand on a exercé des responsabilités publiques, quand on a été exposé, jugé, parfois contesté, il arrive un moment où l’on doit s’arrêter. Non pour disparaître, mais pour comprendre. Comprendre ce qui a été fait, ce qui a été mal compris, ce qui aurait pu être mieux fait aussi.
J’avais besoin de ce recul pour me retrouver, pour redevenir aussi un homme parmi les autres, un Réunionnais confronté aux mêmes réalités que ses compatriotes.
Ces quatre années m’ont changé. Elles m’ont appris davantage l’écoute silencieuse, celle qui ne cherche ni à convaincre ni à répondre, mais à entendre. Elles m’ont appris davantage l’humilité, car personne ne détient seul la vérité. Elles m’ont appris davantage la patience, dans une époque qui ne la tolère plus.
J’ai vu encore plus de familles tenir malgré les difficultés. J’ai vu encore plus de jeunes douter de leur avenir, parfois partir faute de perspectives, parfois se perdre dans toutes sortes d’addictions. J’ai vu encore plus de travailleurs épuisés, de parents inquiets, de gramoun se replier par peur de l’insécurité ou du lendemain.
Mais j’ai vu aussi toujours cette même solidarité discrète, cette même dignité quotidienne, cette même force tranquille qui ne fait jamais la une, mais qui maintient notre société debout.
Aujourd’hui, si je prends la parole, ce n’est ni pour régler des comptes, ni pour me justifier, ni pour réécrire le passé. Ce n’est pas mon état d’esprit. Je prends la parole parce que je crois profondément que La Réunion traverse une fois encore un moment décisif de son histoire. Un moment où l’on peut encore choisir. Choisir la résignation. Ou choisir le redressement.
Je sais que la défiance est forte. Elle touche la politique, les institutions, la parole publique. Elle touche les femmes et les hommes politiques dont je fais évidemment partie. Elle est parfois légitime. Trop de promesses non tenues, trop de discours déconnectés du réel, trop de décisions prises loin du terrain.
Cette défiance ne se combat pas par des slogans. Elle impose une exigence : celle de l’humilité, de la constance et de la vérité.
La Réunion est une terre fragile, mais profondément forte. Fragile par ses équilibres sociaux, économiques et humains. Forte par son histoire, par son métissage, par cette capacité unique à faire vivre ensemble des origines, des cultures et des croyances différentes.
Ce vivre-ensemble n’est pas tombé du ciel. Il a été construit, souvent dans la douleur, parfois dans le silence, toujours par la responsabilité.
Je refuse de croire que notre avenir serait écrit ailleurs, décidé sans nous, ou condamné à l’assistanat perpétuel. La solidarité est une valeur essentielle, mais elle ne doit jamais devenir une prison. Elle doit être un tremplin. Aider sans enfermer. Protéger sans infantiliser. Donner des chances sans renoncer à l’exigence.
Être Réunionnais, ce n’est ni se replier ni s’excuser d’exister. C’est assumer ce que nous sommes, d’où nous venons, et regarder droit devant. C’est savoir que notre avenir est dans nos mains. Que personne ne le construira à notre place si nous renonçons nous-mêmes à le faire.
Revenir aujourd’hui, c’est accepter d’être regardé sans complaisance. C’est accepter les critiques, parfois les blessures. Mais c’est aussi croire que le dialogue reste toujours possible, que le fil de l’engagement peut se poursuivre, être réparé dans certains cas à condition d’être nourri par des actes et non par des postures.
Je n’ai jamais cru aux hommes providentiels. Je crois aux forces collectives, aux intelligences partagées, aux chemins construits ensemble. Rien de durable ne se fait contre la population. Tout se fait avec elle, dans le temps, sur le terrain, avec constance.
C’est cette conviction qui fonde aujourd’hui ma démarche. Mon engagement est intact.
Il y a un territoire où ces enjeux se concentrent avec force, où les fractures sont peut-être davantage visibles, mais où les ressources humaines sont aussi immenses : Saint-Paul.
Saint-Paul est l’une des plus grandes communes de La Réunion, de par son étendue, de par sa population. Une commune d’histoire, de contrastes, de diversités. Une commune qui incarne à la fois les difficultés de notre île et ses promesses. Des quartiers qui demandent du respect. Des familles qui veulent de la sincérité. Des jeunes qui veulent croire à leur avenir. Des acteurs économiques qui veulent être soutenus et non entravés.
C’est ici et maintenant que je souhaite être utile.
Je suis candidat à Saint-Paul, là où je réside depuis 2010, avec d’abord le sens du devoir et l’esprit de rassemblement. Non pas contre quelqu’un, mais pour un projet.
Un projet sincère, réaliste, profondément ancré dans le quotidien des habitants. Un projet fondé sur la proximité, la responsabilité, le respect et le travail.
Je ne viens pas promettre l’impossible. Je viens proposer un cap.
Un cap clair.
Un cap assumé.
Un cap fidèle à ce que nous sommes, profondément Réunionnais, profondément Français, délibérément acteurs de nos vies.


