Shein prêt à livrer les noms des acheteurs des poupées pédopornographiques à la justice française

Mis en cause pour la vente de poupées sexuelles à l’apparence d’enfants, le géant chinois Shein a annoncé, ce mardi 4 novembre, qu’il collaborerait « à 100 % » avec la justice française et qu’il transmettrait les noms des acheteurs si la demande lui était faite.
Shein tente de désamorcer la crise. Après la découverte, fin octobre, de la vente sur son site de poupées sexuelles à caractère pédopornographique, l’entreprise affirme désormais qu’elle répondra « en totale transparence » à toute réquisition judiciaire. Son porte-parole en France, Quentin Ruffat, a déclaré sur RMC : « Si la justice nous demande de communiquer les coordonnées des acheteurs, nous le ferons. »
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Cette annonce intervient deux jours après l’appel lancé par la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, qui a réclamé la communication des fichiers des acheteurs afin de vérifier que « des enfants ne sont pas en danger dans leur entourage ».
Un scandale d’ampleur nationale
Tout a commencé le 31 octobre, lorsque la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a signalé à la justice la vente de poupées d’apparence enfantine sur la plateforme chinoise. Les produits, proposés 186,94 euros, affichaient des descriptions explicitement sexuelles. Les images montraient des fillettes tenant des peluches, accessibles à tous les internautes sans véritable filtre d’âge.
Le parquet de Paris a aussitôt ouvert quatre enquêtes confiées à l’Office des mineurs. Outre Shein, d’autres plateformes comme AliExpress, Temu et Wish sont également visées pour la diffusion de contenus pornographiques accessibles aux mineurs.
Des risques judiciaires pour les acheteurs
La remise des noms à la justice pourrait permettre d’identifier les personnes ayant commandé ces poupées. Selon le code pénal français, la détention d’objets ou d’images à caractère pédopornographique est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Sarah El Haïry a qualifié ces produits d’« objets pédocriminels sur lesquels des prédateurs s’entraînent parfois avant de passer à l’acte ».
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a prévenu : « Si Shein recommence, nous demanderons son interdiction en France. » Le géant chinois a déjà été convoqué à l’Assemblée nationale pour s’expliquer sur ses procédures de contrôle. Cette affaire éclate au pire moment pour l’entreprise qui ouvre son premier magasin permanent au BHV de Paris, et ce malgré une vague d’indignation politique et sociale.


