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A Saint-André, le calvaire de trois enfants, la prison pour les parents

Ecrit par S.G. – le mercredi 22 octobre 2025 à 20H25

Alcool, violences, agressions sexuelles… Un couple de Saint-Andréens a écopé de peines de prison ferme mercredi 22 octobre, sanctionnant « l’enfer » qu’ont enduré les trois enfants de la famille durant des années.

« A la maison, c’était l’enfer pour ces enfants » a résumé la procureure au moment de prendre ses réquisitions. A la barre de l’audience de comparution immédiate mercredi 22 octobre, un couple de trentenaires saint-andréens doit répondre de violences réciproques, mais également, pour elle, de corruption de mineurs et, pour lui, d’agressions sexuelles sur mineurs.

Enième scène de violence

La présidente décrit bientôt « le calvaire » vécu au quotidien depuis trois ans par les enfants du couple, deux jumelles de 13 ans et un petit garçon de dix ans, révélé par les deux aînées au lendemain d’une énième scène de violence entre leur mère et leur ti’père.

Le 9 septembre dernier, alors qu’il a les enfants dans la voiture, le Saint-Andréen se rend à l’appartement d’un ami où il pense que se trouve sa compagne. Lorsqu’il pénètre dans le logement, il la découvre à demi nue sur un lit, en compagnie de deux adolescents dévêtus.

Pris de panique, les deux garçons s’enfuient, l’un sautant par la fenêtre du troisième étage et se cassant la jambe. Furieux, l’homme traine sa compagne derrière lui, lui assénant une gifle au visage et l’humiliant devant leurs enfants.

"On ne peut plus vivre avec eux"

Le lendemain, l’une des aînées va finir par se confier à l’infirmière du collège. Qui découvre le cauchemar dans lequel vit la fratrie, et alerte les services sociaux ainsi que la police.

« Je n’en peux plus, on ne peut plus vivre avec eux » dit en substance la jeune fille. Elle décrit l’alcoolisation quotidienne de sa mère, les disputes et les scènes de violences au sein du couple et contre les enfants. « C’est l’une des grandes qui s’occupait des deux autres, préparant les repas, donnant l’heure de la douche ou du coucher. Et comme tous les meubles sont cassés dans la maison, les enfants dorment dans la même chambre » décrit la présidente.

"A un moment, ça a dérapé"

A la barre, le couple oscille entre regrets exprimés et dénégations. « A un moment, ça a dérapé » reconnaît la mère en pleurant. Elle conteste cependant les faits de corruption de mineurs accusant son compagnon de « fournir en tabac chimique » les ados avec qui elle a été trouvée ce jour-là.

Mais les révélations des enfants ne sont pas terminées. La première jumelle, puis la deuxième, finissent par confier avoir également été victimes pendant plus d’un an d’attouchements de la part de leur beau-père, qui venait se glisser dans leur lit la nuit tombée. Des faits qui font l’objet d’une procédure distincte.

Lui nie. « Elles étaient souvent malades, je leur mettais de la pommade pour aider à respirer » assure-t-il. « C’est moi qui m’occupais le plus des enfants », se défend encore le prévenu.

"Des années pour se reconstruire"

« Des comportements inacceptables. Ces enfants ont été livrés à eux-mêmes dans ce climat délétère, et ont subi des faits pour lesquels il leur faudra de nombreuses années avant de se reconstruire » plaide Me Myrella Laravine, avocate de l’Arajufa désignée administrateur ad’ hoc des trois mineurs. Dans leur souffrance, les deux aînées avaient commencé à se scarifier avec des lames de rasoir, et l’une était allée jusqu’à tenter de mettre fin à ses jours avec des médicaments, illustre encore la partie civile.

« Il a fallu cette scène pour que ces jeunes filles en état de stress post-traumatique libèrent leur parole, et se libèrent de leurs bourreaux », note la procureure dans ses réquisitions. Dans le premier dossier, elle réclame une peine mixte contre la mère, et deux ans de sursis probatoire contre le ti’père. Dans le deuxième, ce sont quatre ans de prison dont deux avec sursis probatoire qui sont demandés contre celui que les enfants appelaient « papa ».

Retrait de l'autorité parentale

La défense va alors plaider « une conjugopathie sévère » au sein du couple, et les problèmes d'addiction qui le minent depuis des années.

Le tribunal va pourtant envoyer les deux parents en prison : la mère, condamnée pour violences et détournement de mineur, écope de deux ans de prison dont six avec sursis probatoire. Son compagnon, reconnu coupable d’agression sexuelle, est sanctionné de deux ans de prison dont un ferme, auxquels s’ajoutent 18 mois de sursis probatoire pour les violences.

Tous deux ont été placés sous mandats de dépôt et inscrits au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Le tribunal va également prononcer le retrait de l’exercice de l’autorité parentale à la mère des enfants, qui sera de nouveau jugée prochainement pour une autre série de faits de violence à l'égard de sa progéniture.

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