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François Bayrou met en garde contre "le chaos" des oppositions

Ecrit par N.P. – le lundi 1 septembre 2025 à 10H26
Photo Pierre Marchal Anakaopress

À huit jours d’un vote de confiance crucial, François Bayrou s’est exprimé dimanche 31 août dans une interview diffusée sur quatre grandes chaînes. Entre rigueur budgétaire, jours fériés, immigration et critiques de l’opposition, le Premier ministre a tenté de convaincre les Français et leurs représentants du bien-fondé de sa ligne politique.

Le destin du pays en jeu

François Bayrou a d’entrée de jeu rejeté l’idée d’un "testament politique". Selon lui, le 8 septembre n’est pas une question de survie gouvernementale, mais bien du "destin de la France". Il a alerté sur l’urgence d’agir face à une dette publique qu’il a décrite par une métaphore : "la cale se remplit d’eau depuis 50 ans". Pour le Premier ministre, un rejet du gouvernement signifierait un changement de cap dangereux pour l’avenir du pays.

Lire aussi : Les socialistes préparent l'après Bayrou avec un contre-budget

Les 44 milliards d’économies, une ligne rouge

Sur le plan budgétaire, le chef du gouvernement a martelé son intransigeance. Les 44 milliards d’euros d’économies qu’il souhaite imposer ne sont pas négociables. Ce montant représente, selon lui, "la marche à gravir" pour ramener la France à un déficit inférieur à 3 % d’ici 2029. "Ce n’est pas de l’austérité, c’est du sérieux", a insisté Bayrou, préférant parler de rigueur plutôt que d’austérité.

Les jours fériés, une mesure discutable

Interrogé sur la suppression annoncée de deux jours fériés, le Premier ministre a laissé entrevoir une ouverture. Si cette mesure phare du budget 2026 doit rapporter 4 milliards d’euros, il a reconnu qu’elle pouvait être amendée. "Ça pourrait être un sans difficulté", a-t-il concédé, en rappelant que l’objectif n’était pas de travailler plus individuellement, mais de générer davantage de richesse collective.

La génération des "boomers" appelée à l’effort

François Bayrou est revenu sur la polémique liée à ses propos sur les "boomers". "Je n’ai jamais dit qu’il fallait les cibler", a-t-il précisé. Selon lui, cette génération, qui a connu une époque sans dette et avec forte croissance, doit contribuer à alléger le poids qui pèse aujourd’hui sur les plus jeunes, souvent "sacrifiés".

Des attaques contre les oppositions

Le Premier ministre a dénoncé ce qu’il appelle "les forces du chaos", visant particulièrement Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise. Il a également éreinté le contre-budget proposé par le Parti socialiste, qu’il juge irréaliste et dangereux, allant jusqu’à affirmer que certains socialistes eux-mêmes le trouvent "fou".

Immigration : fermeté et intégration

François Bayrou a refusé de faire de l’immigration "la cause principale des difficultés du pays". Mais il a défendu la nécessité de mieux contrôler les flux, en particulier les OQTF non exécutées. Pour lui, l’intégration doit passer par "le travail, la langue et l’acceptation de nos principes communs".

L’affaire Boualem Sansal

Le Premier ministre a aussi évoqué la situation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie. Il a annoncé qu’il recevra prochainement ses proches, estimant que "bien que n’étant pas Français d’origine, il illustre la France".

Après le 8 septembre : entre espoir et résignation

Conscient des faibles chances de succès, François Bayrou préfère garder une perspective optimiste : "Si l’on gagne, l’horizon s’ouvre." En cas de défaite, il a confirmé qu’il présentera sa démission, tout en affirmant que son engagement politique se poursuivra sous une autre forme. À ses yeux, une dissolution n’aurait aucun effet face aux divisions persistantes.

En multipliant les arguments économiques et en affichant une posture de fermeté, François Bayrou a cherché à défendre son cap face à des oppositions qu’il accuse de "jouer la politique du pire". Mais à l’approche du vote de confiance, le Premier ministre semble déjà préparer l’après, conscient que son avenir politique immédiat pourrait se jouer dans les prochains jours.

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