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Hugues Marchessaux : "Air Austral est une belle compagnie qui va continuer à se développer"

Tout juste nommé ce matin président du directoire d’Air Austral, Hugues Marchessaux a fait face aux journalistes en début d’après-midi pour sa première conférence de presse dans ses nouvelles fonctions.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le vendredi 18 octobre 2024 à 17H38
Photo : Pierre Marchal - Anakao Press

C’était le baptême du feu en début d’après-midi pour Hugues Marchessaux. Pour sa première rencontre avec les journalistes de la presse locale, le tout nouveau président du directoire a tenu à rassurer les Réunionnais : « Air Austral est une belle compagnie qui va continuer à voler, à se développer ».

Il a également tenu à rassurer les salariés. « La compagnie n’est pas menacée de fermer » et il n’est pas non plus question de diminuer le nombre de salariés.

Certes, AA comme on l’appelle dans le jargon aéronautique a connu récemment des turbulences. Une dette évaluée à 100 millions environ et un besoin de recapitalisation estimé selon les sources entre 30 et 60 millions d’euros. Et cela malgré un récent apport d’argent frais de 55 millions d’euros par les actionnaires. Une situation difficilement compréhensible qui a coûté sa place au précédent PDG Joseph Bréma.

Quoi qu’il en soit, les deux actionnaires, à savoir le groupe Run Air présidé par Michel Deleflie, et la SEMATRA présidée par Huguette Bello, ont décidé de recapitaliser la compagnie à hauteur de 15 millions. 8 millions apportés par Run Air et 7 par la Région.

Une somme qui devrait être suffisante pour « passer le point bas de trésorerie » de début 2025.

Pour le reste, une des premières taches du nouveau PDG consistera à obtenir des créanciers, et en particulier des banques, un étalement de la dette.

Il faut dire que la compagnie est dans une situation pour le moins singulière : alors qu’elle a connu une très forte augmentation de son chiffre d’affaires à l’occasion de son dernier exercice fiscal qui s’est achevé en mars dernier, de l’ordre de +50%, elle a dans le même temps enregistré un nouveau déficit.

Hugues Marchessaux explique ce paradoxe par des coûts de production trop élevés, par l’endettement qui pèse sur les comptes, par l’immobilisation des Airbus A220 à la suite de problèmes de moteurs et par la baisse de fréquentation engendrée par les Jeux olympiques.

L’objectif que lui ont fixé les actionnaires : revenir à l’équilibre en 2025 et faire des bénéfices à partir de l’année d’après.

Et une fois que les fondamentaux auront été remis en place, envisager un renouvellement de la flotte pour remplacer les Boeing 777 qui arrivent en bout d’exploitation.

Leurs contrats de leasing arrivent à échéance l’an prochain pour le premier, et en 2026 pour les deux autres. Pourquoi ne pas programmer leur remplacement dès maintenant ? Là aussi, la réponse du nouveau PDG est évidente : parce que la notation de la compagnie auprès des banques est actuellement très mauvaise. Si Air Austral empruntait aujourd’hui, ça lui coûterait très cher. Il vaut donc mieux attendre un ou deux ans de plus mais pouvoir bénéficier de taux d’intérêt plus intéressants.

Les nouveaux avions pourraient faire leur apparition dans le ciel réunionnais aux environs de 2030.

Etiquettes : Air Austral

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