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Le coin de Tonton Jules : Faut-il punir les parents des délinquants ?

L'Air du temps (4)
Ecrit par Jules Bénard – le dimanche 7 janvier 2024 à 13H48

Faut-il punir les parents des délinquants ?

En voilà un projet de loi qu'il est débile de chez couillon de chez taré de chez bas-de-plafond ! Mais de la part de ce soi-disant gouvernement, qui flatte les puissants jusque dans ses tréfonds les plus nauséabonds, au lieu de s'occuper des nécessiteux, cela ne doit pas nous étonner. La France bat un double record : 1. Elle est le pays qui modifie (et augmente) son Code pénal d'année en année, et : 2. Elle ne cesse de multiplier les lois répressives.

On se croirait chez Pinochet, Trump ou Pol Pot...

 

Si on flanque au gnouf un mineur délinquant, peine assortie d'amende, et que ce voyou n'a pas les moyens de payer, la bande à Macro(n), Darmanin et autres incongrus, veut faire payer leurs parents. On se croit en plein cauchemar.

Ces incompétents semblent oublier qu'une peine judiciaire est nominative, personnelle ! Nous ne sommes plus au Moyen-Âge où la famille était responsable par solidarité active. Nous ne sommes pas plus sous le IIIè Reich quand toute la famille d'un juif allait à Mathausen « pour éradiquer le mal » !

Je me demande bien ce que le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État vont en penser...

Qui doit payer à la place des condamnés insolvables, je n'en sais rien ; mais je suis contre le fait de faire casquer de pauvres gens déjà assez contrits comme ça.

Je suis d'accord pour constater que certains parents se foutent largement de ce que peuvent faire leurs rejetons. Il y en a même qui en profitent. Mais ne me dites pas que ces parents-là sont la majorité !

Non, non et non !

Le monde change ; la vie change ; la violence se répand de façon désastreuse ; mais les parents que je connais (et ça fait du monde) se soucient grandement de l'avenir de leur progéniture : ils vivent mal, très mal, souvent à la limite voire en-dessous du seuil de pauvreté et rêvent pour leurs enfants d'un sort plus enviable.

J'en ai quelques exemples...

Ahamada est un très vieil ami. Il s'est exilé chez nous pour échapper à l'escalade de la violence dans son île. Voici quelque dix ans, je le rencontrai devant la Poste de Saint-Pierre. Assis sur le muret, nous échangions des cigarettes et quelques conjectures quand je lui demandai si son fils était sorti de prison. Il en avait encore pour plusieurs mois en raison d'un vol en bande organisée.

« Mais tu ne peux pas le raisonner ? » osais-je lui demander.

Sa  réponse a été affligeante : « Il rentre le soir à l'heure qu'il veut. Il mange la part que sa mère a laissée sur la table en buvant des bières ; il laisse trainer ses canettes alors que nous ne buvons pas d'alcool. Puis il repart vadrouiller avec ses copains... » Mon pote pleurait...

« Un jour que je lui faisais des remontrances, a-t-il ajouté, il m'a flanqué son poing sur la figure ! »

J'ai passé mon bras autour des épaules de mon ami. Il a pleuré sur mon épaule... et j'avais aussi de l'humidité dans les yeux.

Vous voudriez punir cet homme ?

Je ne suis pas un permissif attardé style soixante-huitard angélique. Je ne suis pas non plus un répressif pur et dur.

Je suis contre une loi fourre-tout qui mettrait tous les parents dans le même panier sous le fumeux prétexte que « ça va faire le ménage » !

Je sais ce que c'est que d'être père de délinquant. Est-ce que c'est ma faute ? Peut-être...

Peut-être... même si je crois avoir fait ce qu'il fallait. Mais ceci est une affaire entre moi et ma conscience.

Une loi extrême-droitiste n'a rien à faire en l'espèce.

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