Pour le directeur adjoint de l'hôpital : "Mayotte va connaître en 2023 une crise humanitaire durable et majeure"

"Il y a deux retenues collinaires qui stockent l'eau potable de l'île (quasiment pas de nappes phréatiques ou rivières comme sur le continent) et une usine de dessalement sur Petite Terre, qui fonctionne très mal, depuis sa construction. Les retenues collinaires qui se remplissent pendant la saison des pluies sont... vides (respectivement de 13% et 30%) ! Parce qu'il n'a pas assez plu (déficit pluviométrique de 75%), la saison des pluies s'achève et nous rentrons dans la saison sèche sans eau" poursuit le directeur.
Comment boire de l'eau ? Comment faire des lessives ? Comment continuer les chantiers ? Comment fonctionne l'agriculture ? Ce sont les questions, dignes du moyen-âge que nous nous posons aujourd'hui."
A terme, les coupures d''eau pourraient durer plusieurs jours. Les prix de l'eau en bouteille augmentent sur l'île qui n'a pas la capacité logistique pour en recevoir pour 400 000 habitants. "Il y aura rapidement l'apparition d'un marché noir des bouteilles d'eau, vendues à prix d'or, à cause de la pénurie" observe Mathieu Guyot.
Ce dernier conclut son propos en s'étonnant du fait que "peu de personnes soient choquées par cette situation à venir, que personne ne prenne conscience de la gravité des événements. Comme si on s'était habitué à la pénurie, comme si on s'était résigné, comme si on avait abandonné...".
L'attractivité de Mayotte pourrait d'autant plus s'effondrer faisant fuit les personnes diplômées. "Les recrutements vont devenir plus compliqués, les projets plus difficiles à mener et à organiser sans les ressources humaines adaptées".


