Il étrangle un conducteur, un policier et va se détendre dans la piscine du préfet

La victime est inerte, elle aura 10 jours d’ITT
Le 1er septembre 2020, il agresse un conducteur sur un parking. Il lui demande une cigarette et se jette sur lui. Il lui fait une clé d’étranglement et s’arrête uniquement grâce à l’intervention d’un agent de sécurité du parking. Tout est filmé par les caméras de surveillance. La victime est inerte, elle aura 10 jours d’ITT.
Le 6 septembre 2020, l’alarme de la préfecture se déclenche. A leur arrivée sur les lieux, les policiers découvrent au sol un caleçon mouillé puis un homme allongé sur un canapé en peignoir. Il affirme être le préfet puis le roi de France. Auparavant, il avait fouillé les lieux et enfilé un peignoir qui ne lui appartenait pas. Il s’est servi en cuisine ou le désordre règne. Alors que la présidente détaille les faits ce mardi au tribunal de Champ fleuri, il éclate de rire !
En 2020, l'intrus avait réussi à entrer dans les bâtiments de la préfecture suite à un cambriolage dans les bureaux de la DEAL où il avait subtilisé une carte magnétique.
Mais ce n'est pas tout. Après cette intrusion dans la préfecture, il est placé en garde à vue. Ce jour-là, sous les yeux ahuris de l’avocat qui l’assiste, il saute sur l’officier de police judiciaire qui l’interroge, lui enfonce ses doigts dans la bouche et lui fait une clé d’étranglement.
À la barre il indique avoir entendu des voix
Il sera prescrit 10 jours d’ITT à ce policier. Toute la scène avait été filmée, tout comme ce qui s’était produit à la préfecture.
À la barre ce mardi 31 mai, le prévenu indique avoir entendu des voix qui lui ont suggéré d’être violent. Après sa garde à vue, il avait été hospitalisé sous contrainte jusqu’en décembre 2021. C’est à l’EPSMR qu’il avait été hospitalisé. L’expert qui l’a examiné pointe des bouffées délirantes et une altération du discernement. Il est cependant accessible à une sanction pénale. C'est donc devant le tribunal correctionnel que le prévenu devait rendre des comptes. Au lieu de ça, Benjamin R. se met de nouveau à rire car la présidente pose des questions "à la con", selon lui. Les policiers de l’escorte se rapprochent du prévenu.
Il explique à la barre qu'on lui aurait dit là-bas - à l'EPSMR - qu’il soufrait d’une dissociation de la personnalité mais il ne sait pas ce que ça veut dire. Aujourd’hui, il a un logement social et vit seul mais il va tous les mois à l’EPSMR pour une consultation et touche l’AAH, l'allocation adulte handicapé. En guise de défense, il explique à la présidente avoir été torturé dans son enfance par son frère.
"C’était une machine de guerre"
Le policier témoigne quant à lui avoir vu la mort en face. "C’était une machine de guerre", explique-t-il. À l'époque, le prévenu était gros, musclé et ceinture noire de judo. Il apparaît aujourd'hui fragile. On peut constater qu’il est sous traitement, il tremble, il a le regard vide. Pour la partie civile, Me Guillaume Motos dénonce la gravité des faits subis par son client (le conducteur de la voiture, ndlr) qui, lui aussi, s’est vu mourir étranglé. Et surtout, il rapporte son inquiétude pour la société de savoir cet individu en liberté.
De son côté, le parquet souligne les faits dramatiques vus dans les vidéos. Cependant, la procureure Cécile Henoux relève les troubles psychiques et l’altération du discernement au moment des faits. "Il est sous traitement. La prison ne résoudra rien et le risque à sa sortie serait pire", indique-t-elle. Elle requiert 4 ans de prison dont 3 avec sursis probatoire avec des soins, et l’obligation de fixer sa résidence. Elle demande enfin que la partie de prison ferme se fasse sous surveillance électronique.
Le tribunal, après délibération, reconnait le prévenu coupable. Il est condamné à 4 ans de prison dont 2 ans assortis du sursis probatoire avec soins, obligation d'indemnisation des victimes et de fixer sa résidence. Les deux ans ferme seront effectués sous bracelet électronique.


