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Une "momie" à peine vivante: Florinne Dorimont jugée coupable cette-fois ci?

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 28 juin 2018 à 18H05

"Une momie", "le cadavre d’une personne très âgée", "les os qui perçaient la peau", "le sexe indéterminé"… Voilà comment est décrite Soamina Taïlamé par ceux qui l’ont trouvée le 17 juin 2014 au domicile de l’accusée, Florinne Dorimont, 58 ans, jugée en appel devant la cour d’Assises. La victime avait en effet tout d’un cadavre, sur un matelas mouillé, par terre entourée et couverte d’excréments d’animaux et de mouches, dans une pièce fermée. Sauf que lorsque les secours la déplacent, un râle indique qu’elle est toujours vivante. Elle tiendra deux mois à l’hôpital avant de décéder.
 
Florinne Dorimont fume cigarette sur cigarette, à côté des pompiers qui tentent d’administrer de l’oxygène. Sa seule préoccupation : est-elle morte ? Arrive-t-elle à communiquer avec les pompiers ? Elle explique aux forces de l’ordre qu’il s’agit d’une vieille personne, SDF, qu’elle avait rencontrée à la gare routière de Saint-Pierre quelques jours auparavant et qu’elle avait hébergée. Mais ils découvrent qu’il s’agit de Soamina Taïlamé, 21 ans, qui vit chez elle depuis 1 an et demi.
 
Jugée l’année dernière pour délaissement de personne vulnérable suivi de mort, Florinne Dorimont avait été acquittée. L’avocat général avait requis 18 ans de réclusion criminelle. Le parquet avait décidé de faire appel.
 
"Esclave" de "Madame Desbassyns"
 
Ce jeudi, premier jour de procès, la police, les secours et les médecins sont revenus sur l’état dans lequel a été retrouvée la victime. En état de famine, dans un coma profond, en hypothermie très avancée, les organes qui lâchaient, des blessures au visage et des cicatrices sur tout le corps. Selon les voisins, la victime était comme "esclave" de l’accusée, cette "princesse qui ne faisait rien" et se présentait comme "prêtresse malgache". L’un d’entre eux assure l’avoir vu frapper la jeune femme à plusieurs reprises. Selon son frère, cette "Madame Desbassyns" et propriétaire de 15 à 20 chiens et chats qui vivaient à l’intérieur, "préfère les animaux aux humains". Son ex-mari, également entendu, évoque avec indignation la "pression" de sa femme: "C'est à cause de cette pression qu'ils ont peur. Moi même j'étais un esclave". Il maintient également que son ex-femme déshabillait parfois entièrement la victime en montrant comme elle était "sale".
 
Une simple anorexie ?
 
Pour la défense, il s’agit d’une femme "perdue" qui vivait "dans la crasse" mais rien ne prouve que Florinne Dorimont a causé la mort de Soamina Taïlamé. L’anorexie pourrait expliquer sa maigreur. Il rappelle le suivi psychologique de la jeune femme entre 2008 et 2012, ainsi que le conflit familial qui existait. La victime avait en effet accusé son père d’agressions sexuelles mais n’avait pas été soutenue par sa mère ni la justice. Mais selon l’expert psychiatrique, Soamina Taïlamé ne présentait pas les symptômes typiques de l’anorexie.
 
Il tente aussi de trouver une autre cause de mort : "Aurait-elle pu aussi contracter une infection pulmonaire à l’hôpital?" demande-t-il. Selon l’expert médical, c’est possible.
 
Mais selon la défense et l’avocat général, c’est l’emprise que l’accusée avait sur la victime, ainsi que la malnutrition et la surcharge de tâches qui auraient entraîné sa mort.
 
Si Florinne Dorimont - bien détendue, parfois souriante, pendant l'audience - a été acquittée en première instance des faits de délaissement de personne vulnérable suivi de mort, l’accusation sera-t-elle requalifiée ? Des violences volontaires ayant entraîné la mort peut-être ?

La réponse sera donnée ce vendredi.

 

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