Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Fort McMurray, vous connaissez?

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 11 mai 2016 à 13H07

C’est une petite ville du Nord-est de l’Alberta, au beau milieu d’une splendide forêt boréale, qui, jusque dans les années 70, stagnait à 30000 habitants, essentiellement des trappeurs et tout ce qui gravite autour du commerce de fourrures.

On découvre un gisement, le plus important gisement de pétrole lourd au Monde, avec le Bassin de l’Orénoque : les sables bitumineux, autour de cette petite ville. Au début peu attirant, car très difficile d’extraction, ce pétrole lourd n’était que peu exploité. Puis le baril de pétrole s’est surenchéri progressivement, rendant ce gisement rentable. Les compagnies pétrolières ont investi les lieux, déboisé à tours de bras et de tronçonneuses, creusé jusqu’à 60 m de profondeur pour trouver les sables convoités. Fort McMurray a aujourd’hui 100000 habitants. Une ville sous la coupe réglée et privatisée des magnats du pétrole. L’Alberta est une province-pétrole.

 

Et voilà qu’un gigantesque incendie ravage la forêt boréale autour de la ville. Il couvre 1600 km2, soit quinze fois Paris, trois fois le Lac Léman, et oblige cette ville de la taille de Poitiers à se vider en 48 heures. Il est hors de contrôle. Il est attisé par une sécheresse séculaire, des températures caniculaires en cette période de l’année (30°C à cette latitude), et des vents de l’ordre de 40 km/h.
La désertion de la population de cette ville-fantôme a diminué la production, naguère de l’ordre de 3 millions de barils, de 1 million de barils par jour. Et, en ces temps difficiles pour les industries du pétrole non conventionnel, du fait de la guerre économique que se livrent Saoudiens et Américains, l’exploitation des sables bitumineux, manne du gouvernement canadien, ne devient plus rentable et est en train de s’écrouler. Toute une économie qui s’effondre, puisque les autres provinces envoient leurs ouvriers se faire exploiter dans l’Alberta. Pour l’économie canadienne, cet incendie est épouvantable, le dollar canadien étant indexé sur le gisement.

Et les experts d’en rajouter : « Dire que l’énergie fossile est l’avenir du Canada, c’est de la folie humaine ! » Pour deux raisons :
- La déforestation sauvage rendue nécessaire par l’exploitation des sables bitumineux, industrie la plus polluante au monde, est responsable de ces feux inextinguibles, car elle laisse à nu les brindilles et les branches et feuilles qui s’assèchent au vent et à l’absence de pluie ;
- Les records de chaleur observés sont liés au changement climatique induit par l’exploitation des énergies fossiles (entre autres). On marche sur la tête !
Que faire ? Peut-être ne pas s’y intéresser et abandonner cette province à son sort. Et prier pour qu’elle laisse ses sables en terre… Ou que l’incendie s’arrête…

Dr Bruno Bourgeon, président d'AID

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :