La loi chômage

Premier écueil pour l’employeur : le respect de la procédure. Peu importe que le salarié ait volé, injurié ou menacé. La forme compte plus que le fond. La sanction tombe. C’est 6 mois de salaire. Ah quelle belle loi ! L’employeur peut se servir de la mise à pieds conservatoire. Mais là ce n’est pas simple non plus. La faute sera-t-elle lourde ou grave ? Il faudra prouver l’intention de nuire. Sinon ce sera une faute simple et gare aux dommages et intérêts dont le montant est très aléatoire, et à l’appréciation du juge au cas par cas. Il faut instaurer un barème. Nous prenons des risques économiques (concurrence et prix) et on rajoute le risque juridique.
Initialement la loi El-khomri était une avancée. La nouvelle version conserve les freins à l’embauche. Si vous voulez atténuer ce risque, vous allez devoir faire des remontrances, délivrer des avertissements, avec le risque de vous exposer aux harcèlements (dernière trouvaille). Au but de quelques mois, quand la situation est bien « pourrie », eh bien vous licenciez. Elle n’est pas belle l’ambiance ? Et surtout n’oubliez pas la procédure. 2e écueil le licenciement économique. Si l’entreprise n’a pas réellement de difficultés, il est normal qu’elle soit sanctionnée. Actuellement même si elle est en situation fragile, il faudra payer. C’est le C.S.P : le contrat de sécurisation professionnelle. C’est une arnaque ! On a payé des taxes, et cotisations. C’est à l’Etat de prendre le relai. La France a un grave problème culturel dans la sphère du travail (employeur = voleur).
Certes les intérêts des employeurs et des salariés ne sont pas les mêmes. Mais nous devons œuvrer dans le sens de préservation de l’emploi, mais non du salarié. Quand on remplace A par B, sans diminution de salaire, où est le problème ? On n’est même pas maitre chez soi. C’est inadmissible ! Tout le monde grève. Quand les patrons se décideront-ils ? Ah j’oubliais ils ont « le nez dans le guidon » il faut faire tourner la boutique. C’est ça la mentalité d’un entrepreneur (les petits patrons).
Le seul combat qui vaille, c’est pour le niveau des salaires. Je préconise un smic à 15 € de l’heure. Ceci dans la mesure où on pourrait fixer nos prix de vente, ce qui est loin d’être le cas. C’est un véritable problème. Puis on partage équitablement des bénéfices entre l’Etat, les salariés, l’employeur, les actionnaires : chacun 25 % et les 25 % restant, en provision pour investissement. Mais l’Etat est trop gourmand. Il charge les salaires et vous en prend encore sur les bénéfices.
Il faut une refonte en profondeur du fonctionnement de l’économie. Cette loi travail ne règlera rien. Tant que perdurera la lutte dogmatique des syndicats, et le clivage employeur – employés les freins à l’embauche continueront de créer du chômage. Donnez nous la possibilité de remplacer rapidement un salarié qui dysfonctionne. Veillons à ce que les salaires soient décents, avec participation aux résultats. En contre partie d’un CDI, négocions dans l’entreprise une base horaire légale qui peut varier entre 30 et 40 H/semaine (chaque entreprise est différente). Base calculée sur une période trimestrielle. Le reste étant des heures supplémentaires.
Le calcul du taux d’accident de travail est différencié. Pourquoi il en serait autrement pour les horaires ? Flexibilité horaire et de licenciement facilité pour l’entreprise, contrat indéterminé pour le salarié. C’est l’équation gagnante ! Le seul point difficile à gérer, c’est lorsque l’employeur « maltraite » son salarié. Là j’avoue je ne vois pas la solution. Mais ces cas me semblent marginaux. Et il peut bénéficier du soutien de ces collègues, et saisir la justice. Arrêtez vos subventions CICE et j’en passe. Sécurisez l’employé et l’employeur à égalité de traitement. Je pari sur un regain d’activité et d’emploi.
Au lieu de libérer les énergies, de lever les contraintes à l’embauche pour encourager les CDI on va surtaxer les CDD. Résultat, les grands groupes vont développer l’intérim. On va encore précariser le salarié tout en affaiblissant les TPE. On n’est pas sorti de la mouise ! Quant aux employeurs de la fonction publique, ils continueront sans vergogne le CDD de 3 ans, renouvelable. Puis vous serez jeté comme un kleenex, sans prime de précarité. Je croyais que l’Etat devait assurer le droit des citoyens. Belle exemplarité !
Jacques DIJOUX
Saint-Paul


