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Au fil de l'utilisation de notre argent

Ecrit par zinfos974 – le lundi 28 septembre 2015 à 08H25

Le meilleur moyen de comprendre la politique et de juger le travail de nos élus, à tous les niveaux, est de suivre l'utilisation de notre argent ; ce sont nos impôts et taxes qui alimentent le budget de l'État, idem pour le budget de l'Europe puisque chaque État membre de l'UE y apporte sa contribution. Et l'octroi mer, qui vient de nos poches, participe aux dépenses des collectivités locales.

La moindre des choses pour nos représentants est de nous rendre compte du montage et de la réalisation des projets, de façon lisible et transparente, afin de susciter des débats publics surtout si ces programmes doivent être reconduits. Il ne suffit pas de dire, comme Didier Robert, que "mes engagements de 2010 ont été tenus". Les citoyens ont le droit de s'interroger sur des opérations en trompe-l'œil. Il est question ici de la responsabilité de nos élus.

Une grande réunion de communication en direction des chefs d'entreprise ne crédite pas Didier Robert d'une volonté de "démocratiser" cet accès à notre argent européen. Son silence est total sur l'obligation de mettre en place une structure d'évaluateurs indépendants par rapport à l'autorité de gestion, laquelle se doit d'être différente de l'organisation administrative. Les règles sont on ne peut plus claires : "le travail effectué avec objectivité et le jugement de l'évaluation ne sont pas biaisés ni subordonnés à un accord des services responsables de la conception du programme". Tout candidat à la présidence de la Région doit rassurer les citoyens sur ce point.

Pour l'instant, c'est la course à la création de fonds, sans fixer des objectifs détaillés ni revoir la cohérence avec les autres programmes : Jean-Paul Virapoullé, un fonds régional pour la réussite de la jeunesse ; René-Paul Victoria, un "fonds régional de solidarité". Hugette Bello veut faire très fort dans le logement social, sans avoir rien avancé quant à la maîtrise foncière, aux financements ou à de nouvelles dispositions fiscales, ce qu'elle n'a même pas amorcé quand elle dirigeait Saint-Paul. Et ce d'autant que Didier Robert n'a pas tardé à rappliquer sur le sujet : les Réunionnais doivent devenir propriétaires de leur logement social. Mais a-t-il les moyens politiques d'engager sérieusement une lutte contre la spéculation immobilière ? Il faut du courage pour défendre sérieusement des DUP d'importance, à voir le projet d'Écocité de Cambaie.

À la Réunion, les principaux partis sont fissurés, minés par le jeu des tactiques, et le climat n'est pas au courage d'où l'éclosion de petits mouvements, qui compliquent encore la rationalisation des systèmes de décision. Car il s'agit de faire mieux avec moins, et la seule voie de la réussite est une "démocratie d'appropriation de la chose publique par les citoyens".

Aimé LEBON, Bois-de-Nèfles Saint-Paul

 

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