Alors elle commence quand cette campagne ?

En ce qui concerne l’actuelle campagne des régionales, il est intéressant de noter que le ton de la campagne n’a toujours pas été donné. Ni violente, ni passionnante, l’actuelle campagne des régionales ronronne gentiment. Didier Robert est dans une communication institutionnelle traditionnelle et est déclinée sur des thèmes génériques sans engagement particulier. « Allons tous ensemble construire la réunion de demain » est devenu un axe de communication. Une communication lisse censée pouvoir toucher le plus grand nombre. Cette stratégie de communication permet de gérer une image positive et une avance électorale. Sauf qu’aujourd’hui le défi de Didier robert est de consolider sa base électorale de 2010, et surtout d’élargir sa base électorale en allant séduire les déçus du Hollandisme (car le potentiel électoral aux vues des sondages est énorme !). Il doit également tenter de promouvoir le bilan de sa mandature et surtout arriver à défendre et à magnifier son projet de NRL.
Le plus dur pour lui sera de donner de l’espérance et de renouveler son offre politique. La communication institutionnelle actuelle ne peut pas lui permettre de développer cette espérance. Il va falloir être plus créatif, plus incisif, plus percutant pour passer du costume de président de Région à celui de candidat plein d’enthousiasme et foisonnant d’idées précises et crédibles. Aujourd’hui, la communication actuelle du président de Région tourne à vide faute de liste, qu’il devra renouveler en profondeur, et de programme. Les équipes se contentent de dépeindre très professionnellement un homme déterminé, au grand cœur etc.
Mais ce portrait doit-il suffire à faire voter pour lui ? Être déterminé et avoir du cœur est-il l’apanage de Didier Robert ou sont-elles des qualités pré-requises pour se présenter à cette fonction ? Les qualités de détermination et de cœur sont-elles absentes chez Huguette Bello, Patrick Lebreton ou Thierry Robert ? Sincèrement, je ne le crois pas, alors cette communication institutionnelle ne peut pas le différencier des autres. Didier Robert doit aujourd’hui réorienter cette communication du bon sentiment, du story-telling trop bien léché et bien trop lisse, pour fendre l’armure. Descendre dans l’arène politique et quitter son rôle de président de Région afin de défendre son bilan et proposer des solutions d’avenir. C’est dans cette espérance réelle, tangible, comprise par le chef d’entreprise hyper connecté et surtout par la gramoune habitant dans le fin fond des hauts, que Didier Robert doit s’inscrire et non dans une campagne trop lisse qui ne marquera pas les esprits ; ces mêmes esprits qui votent dans moins de 100 jours…
David NOUAL


