Questions d'un gérant de station service poussé poussé à la liquidation judiciaire
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Certains gérants de station service sont-ils des sujets corvéables à merci pour certains pétroliers ?
1 - Quelle peut être véritablement la logique constitutive des évictions de gérant dont les contrats sont de plus en plus réduits en termes de durée, alors que dans le même temps les sujétions de tous ordres augmentent ?
C’est la question qu’il est permis de se poser après les multiples évictions de gérants pour des motifs aussi divers et sujets à caution, alors que dans le même temps certaines incongruités peuvent être relevées.
Ainsi de la station TAMOIL de Petite-Île qui se voit conduite à la liquidation judiciaire, alors que son gérant Monsieur PUCHALSKI Patrick n’a pas manqué d’attirer à maintes reprises l’attention du Directeur Général de TAMOIL devenue OILLYBIA, sur les problèmes structurels de rentabilité, liés à des charges manifestement trop lourdes pour l’activité développée.
Bien que Monsieur PUCHALSKI ait sollicité l’ouverture d’une procédure de sauvegarde pour revoir la structure des charges, avec l’objectif de maintenir la pérennité de l’entreprise rien n’y a fait.
Alors qu’il ne cessait de mettre en avant le déficit de gestion mensuel de 10.000 euros depuis plus de huit mois, et de rappeler qu’il avait sollicité la communication d’une étude de marché, il lui était répondu que les charges que devait supporter le pétrolier ne permettaient pas qu’il en fût autrement.
N’est ce donc pas constitutif d’une politique de gestion quelque peu aventureuse de la part du pétrolier, qui reconnait implicitement avoir déterminer sa politique de développement par rapport aux charges qu’il devait supporter.
Que cette inversion des valeurs soit le fait d’un petit entrepreneur pourrait être excusable, mais lorsqu’il s’agit d’un pétrolier qui manipule des millions pour ne pas dire des milliards d’euros, c’est pour le moins inadmissible et particulièrement fautif.
2 - Le fait que l’un des protagonistes – en l’occurrence le Pétrolier – soit en position dominante, justifie t’il tous les abus et mépris des compétences humaines, voir les pires accusations pour masquer ses propres dérives hiératiques ?
Lorsque le pétrolier quelque peu inquiet à propos de ses errances de gestion prévisionnelle, feint de proposer une solution alternative de sortie dont il sait pertinemment qu’elle ne pourra aboutir, et alors que les pourparlers sont en cours envoie brutalement une mise en demeure d’avoir à payer des redevances dont il est établi qu’elles sont hors de proportion avec les possibilités de la station.
Et, cerise sur le gâteau, déjà passablement indigeste, le pétrolier se targue lors d’une réunion syndicale, de vouloir réserver un traitement discriminatoire au gérant PUCHALSKI parce qu’il a le tort de ne pas accepter le dictat que veut lui imposer le pétrolier, alors qu’il ne fait qu’exercer son droit de réponse et/ou de contestation que tout gestionnaire avisé se doit à peine de voir sa responsabilité engagée.
Alors que les faits démontrent l’incurie du pétrolier quant à sa gestion du développement des ressources capitalistiques et humaines, ce dernier non seulement accuse le gérant de ne pas être à la hauteur, mais aussi reproche des opérations anormales et/ou irrégulières, alors que l’assureur refuse de couvrir certains actes de vandalisme parce que ledit pétrolier se contrefiche des observations qui lui ont été faites par l’expert.
3 - Que penser d’un professionnel qui confie un galop d’essai à une personne qui n’a pas l’expérience du métier, et tente de masquer les règles du jeu, pervertissant le challenge espéré par le partenaire ?
Quand tout à chacun saura que c’était l’ouverture d’une nouvelle station et que le pétrolier a décidé de retenir la candidature d’une personne qui n’avait pas d’expérience du métier, il se posera pas mal de questions quant à l’utilisation du gérant en tant que galop d’essai.
Un galop d’essai ne peut se transformer en véritable challenge que si les cartes sont du jeu sont franches et loyales, et battues de façon professionnelle.
Or force est de relever que les faits, actes, propos, attitudes de complète sujétion, refus de toute discussion sérieuse quant aux réalités tangibles, d’autant plus fragiles eu égard la situation de crise, démontrent qu’il en est tout autrement.
4 – La procédure de sauvegarde dont la finalité est d’éviter les conséquences catastrophiques induites par le redressement judiciaire, peut-elle avoir sa raison d’être et le vœu du législateur respecté, lorsque prospèrent certaines conduites ?
Cette note ne saurait être complète sans qu’il soit attiré l’attention sur le comportement de certains banquiers qui méconnaissent totalement la procédure de sauvegarde et ses objectifs.
Le vœu du législateur que la nouvelle procédure ne constitue pas une rupture de l’activité, se trouve réduit à néant lorsque le banquier ferme le compte et met trois semaines à ouvrir un nouveau compte, privant ainsi l’entrepreneur des instruments de paiement indispensables au moment où il en a le plus besoin.
Cette volonté souveraine est également bafouée lorsque le banquier rejette les chèques sans s’assurer que leur date d’émission est bien antérieure à l’ouverture de la procédure, et fait état d’une procédure de redressement judiciaire, alors que la procédure de sauvegarde a pour objet de corriger l’image désastreuse véhiculée par la notion de redressement judiciaire.
4 – Le changement de comportement sociétal une utopie ?
Lorsque Pétrolier et Banquier auront de tels comportements qui conduiront inéluctablement à la liquidation, nonobstant les mesures prises en temps utile par l’entrepreneur, il y aura bien des questions à se poser quant au changement de comportement sociétal prôné.
Les chantres d’un nouveau mode de régulation des rapports économiques et sociaux, ne pourront que s’épuiser, tels des bardes égrenant éternellement leurs plaintes sur leurs lyres ancestrales.
Patrick PUCHALSKI


