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Renouvellement de la flotte de pêche réunionnaise : Agnès Pannier-Runacher« pas satisfaite» par Bruxelles

Ecrit par N.P. – le dimanche 13 avril 2025 à 06H46
Photo : Pierre Marchal / Anakaopress

En visite à La Réunion, la ministre de la Transition écologique monte au front aux côtés des pêcheurs artisanaux. Flotte vétuste, aides bloquées, réglementation inadaptée : elle entend faire bouger les lignes à Bruxelles, lors de la visite du commissaire européen à la pêche dès ce dimanche.

Les pêcheurs réunionnais peuvent-ils espérer du concret ? Face aux caméras d’Antenne Réunion, Agnès Pannier-Runacher s'explique : « Nous allons ouvrir un dispositif qui va permettre de renouveler certains bateaux de pêche, mais ça reste encore relativement réduit. C’est ce que j’ai pu arracher dans les dernières négociations que j’ai eues avec l’Union européenne. Et très clairement, je ne suis pas satisfaite. » La ministre, en visite dans l’île, promet d’être « aux côtés des pêcheurs réunionnais » et compte faire pression à Bruxelles pour sortir le dossier de l’impasse.

« Il est inacceptable que les pêcheurs continuent à avoir des outils de travail qui sont dépassés »

Alors que le commissaire européen à la pêche, Costas Kadis, est attendu dès ce dimanche à La Réunion, la ministre annonce la couleur : elle l’emmènera à bord d’un bateau de pêche réunionnais pour une rencontre directe avec les professionnels du secteur. « Je vais avec lui monter sur un bateau de pêche, lui faire rencontrer les pêcheurs réunionnais pour lui montrer la spécificité de ces pêches ultramarines qui ne peuvent pas être gérées comme les pêches du continent européen du nord. Ce n’est pas les mêmes techniques, ce n’est pas les mêmes bateaux, ce n’est pas la même concurrence. »

Elle insiste sur l’urgence du renouvellement. La vétusté de la flotte locale – souvent plus de quarante ans – pose de vrais problèmes de sécurité, d’efficacité énergétique et de conditions de travail. « Il est inacceptable que les pêcheurs continuent à avoir des outils de travail qui sont dépassés, qui peuvent être à certains égards dangereux pour leur sécurité, qui consomment beaucoup de carburant alors qu’en 40 ans on a fait énormément de progrès », juge-t-elle. Avant d’ajouter : « Si on veut attirer des jeunes générations dans ces métiers-là, qui sont des métiers importants pour notre souveraineté alimentaire, il faut être capable d’avoir des bateaux dignes de ce nom. »

Les discussions, dit-elle, sont déjà engagées depuis plusieurs mois avec le commissaire Kadis. « Je l’ai rencontré à plusieurs reprises. Je suis allée avec lui sur le terrain en Bretagne. J’ai eu déjà trois entretiens avec lui par ailleurs. » Ce dimanche, ils participeront ensemble à la session de la Commission des thons de l’océan Indien, où sera aussi abordée la lutte contre les pêches illégales. Mais pour Agnès Pannier-Runacher, l’essentiel se jouera sur le plan politique : « Ce sont des lignes juridiques, ce sont des éléments de droit que nous devons changer au niveau de l’Union européenne. »

Un nouveau dossier sera présenté dès le mois de mai pour tenter de faire bouger les textes. « Nous représenterons dès le mois de mai un nouveau dossier pour expliquer pourquoi on ne peut pas regarder la pêche ultramarine, la pêche réunionnaise, avec les mêmes lunettes que la pêche néerlandaise ou la pêche belge. Ça n’a pas de sens. » Et de conclure : « Si on considère que La Réunion est un territoire stratégique pour l’Europe, stratégique pour la France, il faut être au rendez-vous des attentes des Réunionnais et des Réunionnaises. »

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