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La Possession : “Mon fils a vécu un calvaire à l’école”

Jeune élève, diagnostiqué autiste asperger, Théo*, 10 ans, a dû être changé d’école sur intervention du médecin scolaire. Le harcèlement qu’il subit depuis la rentrée a profondément affecté le jeune garçon. La famille accuse l’enseignant d’avoir laissé faire et même d’y avoir participé. Une plainte a été déposée contre ce dernier.
Ecrit par M.B – le vendredi 24 novembre 2023 à 06H31
Salle de classe vide (Source : archideaphoto, Envato)

C’est les traits tirés que Nader raconte ce qu’il qualifie de “calvaire”. “Quand on a appris ce qu’il avait vécu depuis août, on a fondu en larmes avec mon épouse”, explique le père de Théo*.

Depuis la rentrée, le jeune garçon de 10 ans est en CM2 dans une école possessionnaise. Diagnostiqué autiste asperger depuis plusieurs années, il tente de suivre une scolarité normale avec l’aide de ses deux AESHs. Pourtant, depuis cette année, son attitude semble avoir changé. “L’école nous a plusieurs fois prévenus qu’il avait tenté de s’échapper de l’enceinte de l’école, ou même qu’il insultait son professeur. Il n’avait jamais eu un tel comportement avant, et on ne comprenait pas”, poursuit le père de famille.

“On a réglé l’urgence, mais on se sent abandonnés”

De plus, les relations se tendent avec l’équipe pédagogique, et en particulier l’enseignant. “Alors qu’on s’est toujours impliqué dans la vie de l’école, on a eu le sentiment d’être mis à l’écart. Avant, nous échangions régulièrement avec les AESHs, et on a presque plus rien depuis la rentrée", explique Nader. Malgré des discussions entre l'inspecteur, le directeur de l’école et la famille de l’élève, un dialogue de sourd semble se mettre en place. “Nous avons ensuite appris qu’il était particulièrement pris à partie par un groupe de six élèves de sa classe, et nous n’avons jamais obtenu de réponses claires là-dessus. Cela a failli dégénérer quand mon épouse a été prise à partie par la mère d’une des harceleuses de mon fils devant l’école”.

En parallèle de cette situation de harcèlement entre élèves, Nader met également en cause l’enseignant de son fils. “Pour nous, il a eu un comportement violent envers notre fils. Des témoignages racontent qu’il lui hurle dessus. Il a fini par nous dire qu’il ne veut plus aller à l’école, qu’il a envie de 's’assassiner'. J’ai réussi à contacter l'enseignant directement, et j’ai enregistré ses propos. Il tient un langage très dur envers mon fils, expliquant qu’il n’a pas sa place à l’école, explique Nader, donc avec mon épouse nous avons porté plainte. Cela semble avoir fait réagir car nous avons reçu des témoignages de personnels de l’école qui vont dans le sens de ce que raconte mon fils depuis le début”.

Le père de famille est lui-même très amer de ne pas avoir su écouter son fils. “Il n’a pas de filtre, ce n’est pas dans sa nature de mentir. Il nous expliquait tout depuis le début, et nous n’avons pu su voir ça avec ma femme”. Théo fait toujours des crises d’angoisses “mais il est soulagé de savoir qu’il n’aura pas à retourner dans la même classe. On a réglé l’urgence, mais on se sent abandonnés”.

“Notre attention est portée sur cet enfant afin de faciliter son retour à l’école avec bienveillance”

Interrogé, le rectorat confirme que le cas de Théo est pris très au sérieux par les équipes de l’Académie. “Il va pouvoir commencer dans sa nouvelle école dès la semaine prochaine, avec les mêmes AEShs qu’avant, comme l'avaient demandé les parents. Notre attention est portée sur cet enfant afin de faciliter son retour à l’école avec bienveillance”, précise le rectorat. Concernant le harcèlement subi par Théo, s'il n'est pas remis en question, l'Académie souligne : “Le comportement imprévisible de cet enfant serait à l’origine de cette situation de harcèlement, les autres enfants en auraient peur”. Cependant, l'Éducation nationale se refuse à tout commentaire sur le comportement du professeur mis en cause.

* nom d'emprunt

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