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Escargots, limaces, salades… quelle est cette maladie présente à La Réunion et potentiellement mortelle qui inquiète l'ARS ?

Ecrit par Lény-Huayna Tible – le mardi 7 juillet 2026 à 08H39

Santé publique France et l'Agence régionale de santé (ARS) alertent sur une recrudescence des cas de neuroangiostrongylose à La Réunion. Cinq nouveaux cas ont été recensés chez des adultes depuis le début de l'année 2026, après une hausse déjà observée depuis 2023. Les autorités rappellent les gestes de prévention face à cette maladie parasitaire rare mais potentiellement mortelle. On vous explique.

Les autorités sanitaires ont une nouvelle inquiétude. Son nom, difficilement prononçable d'ailleurs : la neuroangiostrongylose, une maladie parasitaire rare transmise notamment par des escargots et des limaces contaminés. Et cinq nouveaux cas chez des adultes ont été détectés à La Réunion depuis le début de l'année 2026.

Dans un document publié conjointement par Santé publique France, l'Agence régionale de santé (ARS) et plusieurs partenaires scientifiques, les experts soulignent une "évolution récente de l'épidémiologie de cette maladie". En clair, longtemps limitée à quelques cas isolés, essentiellement chez des enfants, elle touche désormais également des adultes.

Hôtes intermédiaires

Depuis 2023, cinq cas adultes, dont un décès, ainsi que deux cas pédiatriques avaient déjà été identifiés sur l'île. Les cinq nouveaux cas enregistrés cette année portent à une dizaine le nombre de cas documentés depuis 2020.

La neuroangiostrongylose est provoquée par le parasite Angiostrongylus cantonensis, aussi appelé "ver du rat". Le rongeur constitue son hôte principal, tandis que les escargots, limaces et semi-limaces jouent le rôle d'hôtes intermédiaires.

L'homme se contamine accidentellement en ingérant des larves, le plus souvent via des crudités insuffisamment lavées ou, plus rarement, par ingestion directe de petits mollusques.

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Les investigations menées sur les cas recensés cette année n'ont pas permis d'identifier une source commune de contamination. Trois patients avaient séjourné récemment à Maurice ou aux Seychelles, sans qu'il soit possible de déterminer si l'infection y avait été contractée. Les deux autres n'avaient effectué aucun voyage et sont considérés comme des cas autochtones, confirmant que le parasite circule sur le territoire réunionnais.

Les données issues du projet de recherche RatEx confirment cette circulation. Les premiers résultats montrent que 12,5 % des rats analysés étaient porteurs du parasite. Celui-ci a également été détecté chez 18,5 % des mollusques prélevés, notamment chez les achatines, les limaces, les semi-limaces Parmarion martensi et d'autres escargots invasifs. Cette dernière espèce, observée depuis quatre ans à La Réunion, pourrait favoriser une augmentation du risque de transmission.

Céphalées et nausées

La maladie se manifeste généralement une à cinq semaines après la contamination. Les symptômes les plus fréquents sont des céphalées persistantes, parfois accompagnées de nausées, vomissements, troubles de la vision, douleurs neurologiques ou signes de méningite.

Chez les jeunes enfants, les formes sont souvent plus sévères et peuvent entraîner des convulsions, des troubles de la conscience ou un coma. En l'absence de prise en charge rapide, l'évolution peut être fatale.

Qu'en est-il de la prévention ?

Les autorités sanitaires recommandent de laver soigneusement les fruits et légumes consommés crus, en particulier les salades et les choux, de porter des gants lors de la manipulation d'escargots, de limaces ou de rats, de se laver les mains après tout contact avec le jardin et de veiller à ce que les jeunes enfants ne portent pas à la bouche des mollusques ramassés au sol. La cuisson détruit le parasite et élimine le risque de contamination.

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Les professionnels de santé sont invités à évoquer ce diagnostic devant toute méningite à éosinophiles ou devant des céphalées persistantes inexpliquées.

Le diagnostic peut être confirmé par une PCR réalisée sur le liquide céphalo-rachidien, désormais disponible au CHU de La Réunion. Les autorités insistent sur "l'importance d'un traitement précoce", sans attendre nécessairement la confirmation biologique lorsque la suspicion clinique est forte.

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