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C'est officiel, le COSPAR n’ira pas aux Etats généraux

La décision officielle du COSPAR de ne pas participer aux Etats généraux de l'Outre-mer a été prise au cours d’une réunion hier soir. “Toutefois, nous avons décidé de laisser chacun libre de participer ou non, sous le nom de son syndicat, association ou parti politique”, a dit Jean-Hugues Ratenon. Pour l’heure, personne ne veut y aller.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 15 avril 2009 à 07H46

La nouvelle est tombée hier soir. Le COSPAR allait-il, comme le LKP de la Guadeloupe et le Collectif du 5 février de la Martinique, boycotter les Etats généraux de l’Outre-mer? “Le COSPAR en tant qu’entité, ne participera pas aux Etats généraux. Et c’est une décision unanime”, a déclaré Jean-Hugues Ratenon.

Ça c’est pour la forme. Sur le fond, Zinfos974.com avait annoncé dimanche en exclusivité que le COSPAR n’irait pas aux Etats généraux suite au refus des services du Premier ministre de recevoir à Paris une délégation du Collectif qui “souhaitait proposer des solutions réunionnaises aux problèmes réunionnais”.
Dans son communiqué de samedi, le Collectif ne cachait pas sa colère. “Le COSPAR ne restera pas inactif car un tel mépris des pouvoirs publics face à l’attitude unitaire et constructive du COSPAR est intolérable”. En fait, le Collectif avait trouvé là une raison pour concrétiser ce qui était déjà dans l’air du temps.

“Qu’est-ce qu’on allait y faire? Toutes les décisions sont déjà prises. Le gouvernement avait juste besoin de notre caution pour justifier des mesures qui ont été décidées sans nous. Il n’était pas question d’aller perdre notre temps là-bas”, affirme un de ses membres sous couvert d'anonymat.
Ainsi, les trois collectifs qui ont mené la contestation dans les Dom ne participeront pas à ces Etats généraux qui débutent dans 15 jours. Annoncés en grande pompe au plus fort de la crise économique et sociale dans les Dom, les Etats généraux ont perdu un peu plus de leur intérêt. C’est désormais “une coquille vide” selon un quotidien national.
 
Mais une fois encore, il faut regretter la mauvaise communication des services de l’Etat. “C’est du mépris!”. Ce n’est peut-être pas fait en ce sens, mais le ressenti est là. Et il en est de même pour le LKP, le Collectif du 5 février et le Cospar.
 
La volonté d’inscrire l’ensemble des réponses au malaise des Dom dans les Etats généraux et la LODEOM est une erreur, car c’est figer des décisions certainement appelées à évoluer surtout dans le contexte microéconomique des départements d’outre-mer.
Il faut aussi que certains élus domiens arrêtent de demander au gouvernement d’agiter l’épouvantail du statut des Dom à chaque fois que la population descend dans la rue. Même s’il y a en filigrane de ce conflit une problématique identitaire, toutefois moins ancrée à La Réunion.
Car n’oublions pas l’essentiel, ce mouvement a mis en exergue les vraies causes du malaise de l’Outre-mer: des systèmes de monopoles économiques et politiques qui ne profitent qu’à une infime partie de la population, la plus riche, et à tous les élus.
Il est vrai que ce système est soutenu depuis la décolonisation par l’ensemble des décideurs de tous bords qui se sont succédés au pouvoir. Ce mécanisme bien huilé, qui enrichit quelques familles et maintiennent d’autres familles aux commandes des institutions politiques domiennes, se fissure cependant de plus en plus. La contestation est là, latente et récurrente.
Car l’épouvantail qu’est le statut fait de moins en moins peur…

 

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