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Agression sexuelle à La Réunion et à Mayotte : Un pneumologue condamné avec interdiction définitive d'exercer

Reconnu coupable d'agressions sexuelles à La Réunion, un médecin pneumologue toujours en activité dans le nord de la France a été condamné pour des faits similaires sur une jeune patiente à Mayotte à quatre ans de prison ferme et une interdiction d'exercer la médecine par la cour d'appel en 2022. Après un pourvoi en cassation, et un nouveau procès en appel, le mis en cause est définitivement condamné.
Ecrit par Isabelle Serre – le dimanche 26 mai 2024 à 10H36

Accusé d’agressions sexuelles par deux patientes, Ali Kadri., 64 ans, a été jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Denis en décembre 2020 pour des faits datant de 2012 et 2014. A l'issue de cette audience, il avait été relaxé pour les faits de 2012 et condamné à 12 mois de prison avec sursis pour ceux de 2014 et une inscription au fichier des délinquants sexuels.

Le médecin qui exerce actuellement dans l'Hexagone avait été reconnu coupable de s'être servi de sa fonction et de l'autorité qu’elle lui procurait pour abuser de jeunes femmes, alors sous son influence. Le parquet avait fait appel de cette décision et le praticien avait été rejugé par les magistrats de la rue Juliette Dodu. L'avocate générale avait requis cinq ans de prison ferme lors de l'audience qui s'est déroulée en novembre 2021 et qui a débouché sur une condamnation à quatre ans de prison ferme et une interdiction d'exercer la médecine.

En cassation, l'arrêt de la cour d'appel a été cassé pour insuffisance de motivations. Le prévenu était ainsi fin mars dernier de nouveau à la barre de la cour d'appel pour les faits de 2012. Sa condamnation pour ceux de 2014 n'ayant pas été contestée par ce dernier, celle-ci est devenue définitive. A l'époque, l'intéressé officiait au CHU de Bellepierre. Lors d'un examen médical, il a procédé à des attouchements en mettant sa main sur la poitrine et au niveau de l'entrejambe de la patiente.

A l'époque, le professionnel de santé exerce à Mayotte. Un matin, il reçoit dans son dispensaire une patiente de 21 ans. La jeune femme fait un malaise. Après une première consultation, le pneumologue lui propose de la conduire à l’hôpital pour une prise de sang, puis de la ramener ensuite chez elle.

Dans la voiture, la patiente demande conseil au médecin en lui expliquant qu'elle souhaite avoir un enfant avec son compagnon, sans succès. Sur le retour, le praticien aurait alors fait un détour à son domicile en insistant, malgré les refus de la jeune femme, pour l’ausculter chez lui. Il lui aurait ainsi demandé de se déshabiller. "J'avais confiance en lui. Il m’a examinée et m’a mis un doigt dans le vagin avant de mettre son truc", témoigne la jeune femme auprès des enquêteurs, faisant référence à une pénétration sexuelle. "Ensuite, il m’a dit que j'allais avoir un bébé.Deux mois plus tard, la victime présumée, décrite par un expert-psychiatre comme influençable et fragile, tombe enceinte et décide d’avorter, tout en portant plainte dans la foulée.

La représentante de la société avait de nouveau requis la peine de 4 ans de prison et une interdiction d'exercer la médecine. Comme il l'avait fait lors de ses précédents procès, le mis en cause a réfuté avoir abusé de la vingtenaire, arguant de relations consenties.

Après en avoir délibéré, la cour d'appel condamne le médecin Ali Kadri à 4 ans de prison avec sursis et prononce une interdiction définitive d'exercer son activité. Son nom est désormais inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

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