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Nosy-Bé, Madagascar, la Réunion à la date du 20 décembre 1848 : L'abolition de l'esclavage dans l'océan Indien

L’abolition de l’esclavage sur l’île de Nosy-Bé sous la IIème République: Une histoire très peu connue, dans un contexte de pacification et d’unification de Madagascar, lancées par les rois et reines mérinas : (1848-1870) et la IIIème république française dans l'océan Indien !
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 8 juin 2012 à 10H45

Un événement va beaucoup affecter Nosy-Bé, comme toutes les colonies françaises en 1848, c’est l’abolition de l’esclavage. Le 18 juillet 1848, le commandant Passot, affecté à Mayotte comme Commandant supérieur, proclame la République Française. Il s’agit ici de la fin de la Monarchie de Juillet (1830-1848) et de la proclamation de la IIème République (1848-1852).

Par arrêté du 27 octobre 1848, il change son titre contre celui du Commissaire de la République. « L’esclavage est alors aboli par un arrêté du 4 novembre 1848, pris en exécution du décret de la République du 27 avril précédent, lequel le supprimait entièrement dans toutes les colonies françaises. En exécution de ces textes, qui s’appliquent à l’ensemble de Mayotte et Dépendances, le Commandant de Nossi-Bé (sic) signe à son tour deux arrêtés, le 16 novembre 1848 et le 14 janvier 1849, proclamant la liberté des esclaves à compter du 16 janvier 1849. »

Il est à noter que cette émancipation des esclaves fut proclamée par le Commandant particulier Lamy, en exécution des ordres du Gouvernement provisoire de la République, seulement à Nosy-Bé et à Nosy-Komba, à l’exclusion des autres îles de Nosy-Faly, Nosy-Mitsiou, Nosy-Lava qui sont des îles satellites de Nosy-Bé. Cette émancipation des es-claves entraîna une révolte des colons. « Quand cette émancipation des noirs (sic) fut proclamée, chaque propriétaire fut informé qu’il ne lui était plus permis de conserver les hommes qu’il considérait comme étant sa propriété. Ceux-ci devenaient libres, et des indemnités seraient allouées en compensation ».

Ces mesures supprimaient, d’une part, de la main-d’œuvre du jour au lendemain, et d’autre part, les chefs, en perdant cette sorte d’entourage, perdaient aussi une bonne partie de leur charisme et de leur popularité. Certains d’entre eux ont abandonné l’île en emmenant avec eux, de force leurs esclaves, pour aller se réfugier sur la terre malgache. Pour ceux qui restèrent, les indemnités assurées n’arrivaient toujours pas, et l’impatience grondait. En outre, chez les esclaves nouveaux affranchis, il en résulta un mouvement de fuite et d’émigration. Par ailleurs, les chefs sakalavas voulurent frapper un grand coup, en essayant d’enlever le roitelet Ranou de Nosy-Bé, fils de Tsioméko. Mais leur dessein principal était celui d’exterminer les Français « soit en masse, soit en détails, par des assassinats ».

L’hostilité montait contre les Français, et l’explosion se produisit car les indemnités prévues n’étaient pas toujours payées, même si le Commissaire de la République, venu de Mayotte a essayé provisoirement d’apaiser les esprits. Le foyer de la conspiration était l’ancienne ville de Nosy-Bé, Ambanoro. Les Sakalavas envisagèrent une attaque générale de l’île à partir de la pointe d’Ankify, qui se trouve au Nord de Madagascar. Cette pointe d’Ankify sert actuellement de relais entre Madagascar et Nosy-Bé. 14 kilomètres la séparent de Nosy-Bé. On met 30 minutes en bateaux rapides ou zodiacs pour relier les deux îles en 2008, alors qu’on y mettait 2h30 dans les années 1980, dans des barges et des fer-ries, puis dans des vedettes rapides, dans les années 1990.

Revenons à l’année 1849. Des expéditions de pillage et de brigandage, ainsi que des insultes s’ensuivirent. A Hell-Ville, on renforça la défense, en créant une milice constituée des habitants de l’île. « Au total 600 civils venaient ainsi s’ajouter à la petite garnison qui comprenait alors 50 soldats européens, 75 Africains et 5 artilleurs, en face des Sakalavas ennemis dont le nombre était estimé à trois ou quatre mille ».

Les Sakalavas organisèrent des incursions par pirogues du 14 au 16 juin 1849, et de nombreux villages de Nosy-Bé furent attaqués et incendiés, les trou-peaux et les gens enlevés. « Le 18, au matin, les Sakalavas enhardis par leur premier succès, avancent en trois troupes fortes chacune de 1000 à 1500 hommes. La mitraille des canons, les feux de mousqueterie des défenses avancés, ne les arrêtent pas tout d’abord ; leur progression continue et notre position devient critique. L’artillerie leur fait alors un mal considérable. Ils s’arrêtent et bientôt c’est la déroute. Nos troupes et les partisans conduits par quelques colons (...) se lancent à leur poursuite et leur tuent de nombreux hommes. Les Sakalavas doivent se rembarquer (...) l’affaire est terminée ». Une nouvelle tentative de représailles eut lieu du 27 février 1851 au 6 avril 1851 ; les révoltés se firent aidés par des Mérinas. Elle se matérialisa par la mort du roi de Vohémar, venu s’établir à Nosy-Bé, depuis 1846. Les assaillants emportèrent sa tête comme trophée . La bourrasque de 1849 créa un sentiment d’insécurité dans toute l’île.

En 1861, la reine Ranavalona 1ère (1828-1861) meurt. Une ère de paix semble commencer avec Radama II (1861-1863). « Un certain nombre de Sakalavas, connaissant les sentiments de bonté et l’esprit du nouveau roi, et en concluant à l’ouverture d’une ère de paix et de sécurité au cours de laquelle ils allaient jouir d’une complète indépen-dance, émigrent pour s’installer sur la Grande Terre. »

Il est à préciser que le 24 février 1848, le régime de la Monarchie de Juillet est liquidé. A la demande de Victor Schœlcher datant du 4 mars 1848, un décret du gouvernement provisoire, datant du 27 avril 1848, proclame l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Nous pouvons remarquer et sou-ligner ici, le laps de temps assez significatif quand même, qui s’écoulait entre la décision prise à Paris, et son application, voire son exécution Outre-mer. Les détails qui me semblent très fascinants à souligner, c’est que la grande île de Madagascar, n’était pas concernée par ce décret, car elle n’était pas encore colonie française. Elle ne le sera qu’à partir de 1896. Par contre, Nosy-Bé est concernée puisqu’elle est française depuis 1841 ! Ces 50 années font de cette île, une île imprégnée par une forte image de la France.

A La Réunion, par ailleurs, l’abolition de l’esclavage a eu lieu le 20 décembre 1848. Cette date est fêtée par tous les Réunionnais, tous les ans. Elle est devenue comme une sorte de fête de tous les peuples dans la fraternité et la bonne humeur. Elle commémore la douleur et la souffrance des milliers d’Africains et de Malgaches qui ont été ramenés par la force des fers, sur cette île pour être exploités, aux XVIIème et XVIIIème siècles. Cette traite va donner une dimension culturelle métissée et colorée à cette île magnifique. La fête du 20 décembre, qui est fêtée dans la joie, la bonne ambiance, est une sorte d’exutoire thérapeutique, pour le peuple créole, dont la quête identitaire n’est pas encore finie et vient de commencer, à mon humble sens.

Précisons aussi quelques petits détails insolites. Malgré l’abolition de l’esclavage, la traite et l’esprit esclavagistes subsistaient encore, jusqu’au début du XXème siècle aussi bien à Nosy-Bé qu’à La Réunion. Lors des enquêtes orales que j’ai réalisées à Nosy-Bé, en janvier 1999, certaines personnes âgées, d’origine malgache Makoas, et même des Indiens d’âge assez avancé, m’ont avoué, avoir vu dans leur jeunesse, vers les années 1920-1930, des esclaves liés les uns aux autres par des grosses cordes. La pratique, bien qu’elle fût peu courante, et clandestine, était entre les mains des Arabes, qui continuaient à attraper des Africains pour les vendre aux Karanas (Indopakistanais) de Nosy-Bé, qui s’en servaient comme domestiques, ou pour la construction de leurs de-meures.

On identifie, pour des raisons fonctionnelles, les Indiens Karanas par le terme « Indopakistanais ». Leurs ancêtres étaient en effet, originaires d’une région, qui est à la frontière de l’actuel Pakistan et de l’Inde. A l’époque, cette différenciation n’apparaissait pas, puis-qu’on parlait plutôt de « l’Empire des Indes anglaises qui comprenait le futur Pakistan et l’Inde, tous les deux, nés en 1947, sans oublier, le Pakistan oriental né en 1972, plus connu sous le nom (Bengladesh) ». Ces Indiens, qui étaient des sujets britanniques, sont de confession musulmane. Toutefois l’identité culturelle dominante reste quand même de tendance hindouiste. Les décombres de ces maisons (la maison Soundera par exemple), en ruine sont visibles à l’entrée du village d’Ambanoro.

Signalons aussi que pour les Indiens de confession musulmane, une mosquée a été construite en 1870, dans le même village de Marodoka. Cette mosquée, marque d’un Islam modéré sur une terre africaine, est aussi visible. Elle a été totalement abandonnée depuis 1952, date à laquelle les derniers Indiens installés à Hell-Ville, ont migré vers cette ville, qui allait devenir le centre d’animation économique, commerciale et politique de l’île de Nosy-Bé.

La route, qui relie Hell-Ville à Ambanoro, s’est désagrégée avec le temps. Elle est difficilement praticable. Ambanoro ou Marodoka reste donc assez isolé. Des communautés descendantes des africains swahilies y vivent, pratiquement en autarcie. On met presque une heure dans une vieille Renault 4L pour effectuer 6 ou 7 kilomètres. Il faut patienter en écoutant les bruits des boulons desserrés, et des amortisseurs usés, sans oublier les secousses qui vous font remonter l’estomac à la gorge, et les intestins dans le crâne ! Tout est adaptable. C’est le règne de la débrouillardise. Comme le disait Lavoisier, « Rien ne se perd, rien ne se créée, tout se transforme ! ».

Eh oui, Nosy-Bé, c’est aussi le cimetière vivant et ambulant des voitures occidentales et asiatiques. Elles ont une nouvelle vie ! La réincarnation de toutes les âmes automobiles, celles qui n’obtiennent plus leurs visites techniques en France, celles qui ne se vendent plus dans les concessions réunionnaises, celles dont on ne retrouve plus les pièces. Elles revivent toutes à Nosy-Bé. Certaines ont droit à un nouveau moteur, d’autres à une carrosserie en tôle galvanisée, partiellement ou totalement renouvelée. Elles ont le droit d’avoir une énième vie. Elles ressuscitent, elles se réincarnent, et ne connaissent jamais les trompettes du Jugement dernier. Pour elles, la naissance d’Adam et le Big-bang sont tellement loin. Leurs moteurs explosent tous les jours, et elles démarrent au quart de tour. Certaines n’ont plus de balais d’essuie-glaces, d’autres n’ont plus de feux arrière, ni de freins ou de pare-brises. Elles roulent, et font des kilo-mètres. Le compteur est fatigué, le temps s’est arrêté. Comme les reines, femmes des pharaons égyptiens, elles respirent et connaissent l’éternité. Entre les charrettes de zébu et les vespas ou les Honda camino, on peut voir encore les vieilles et séduisantes Renault, les antiques et craquantes Peugeot, les séculaires et rustiques Citroën, les aïeules charismatiques des Toyota ou les ancêtres des belliqueuses Jeep et des offensives Land Rover, sans oublier, les nouvelles venues comme les fragiles coréennes comme les Daewoo ou les Kia !

9. La défaite de Sedan et la proclamation de la IIIème République sur l’espace insulaire de Nosy-Bé, alors que Madagascar n’était même pas encore française : (1870-1885)

La paix régnait jusqu’en 1870 . Cette année là, fut marquée par l’annonce de la guerre franco-prussienne. Les représentants de la maison allemande O’Swald reçoivent l’ordre de quitter Nosy-Bé. Trois mois après la défaite de Sedan qui date du 02 septembre 1870, la Nouvelle République, la IIIème du nom, n’est proclamée à Nosy-Bé que le 04 décembre 1870, au cours d’une cérémonie officielle à Hell-Ville.

La IIIème République a été pro-clamée à Paris le 4 septembre 1870, à la suite de la défaite de Sedan qui marquait la fin du Second Empire (1852-1870) de Napoléon III. Nosy-Bé avait donc plus de trois mois de retard au niveau de la transmission et de la réception des informations par rapport à la France métropolitaine. Cela était lié certainement à la durée moyenne du trajet que mettaient les bateaux à vapeur, pour traverser l’océan Atlantique, puis atteindre l’océan Indien, après avoir doublé le Cap de Bonne Espérance, en cette fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle.

A peu près à la même époque, poussés par les vents de la mousson d’hiver (soufflant de décembre à avril), les premiers Indiens, sujets britanniques de la région du Gujerat (Inde anglaises), arrivent dans des boutres, dans la rade d’Ambanoro à Nosy-Bé, après avoir fait escale en Afrique de l’Est et surtout à Zanzibar ou à Mombassa. De mai à novembre, les vents de la mousson d’été permettaient aux boutres indiens de faire le voyage dans le sens inverse.

Ces boutres qui étaient des lourds navires à mât unique, penché en avant avec une grande voile latine et un château arrière pouvant remonter au vent, étaient trop lourds pour doubler le Cap d’Ambre, et de plus, la navigation sur la côte est de Madagascar était rendue très aléatoire, du fait d’une forte houle de cyclones, de tempêtes, et de manque d’abris sûrs. Donc, les boutres longeaient les côtes arabes, puis africaines et arrivaient dans la rade d’Ambanoro à Nosy-Bé où les Indiens commencèrent à s’installer progressivement. Depuis 1876, la reine Victoria été proclamée Impératrice des Indes. Les Indiens deviennent alors des sujets britanniques. La présence des Indiens et plutôt des boutres originaires du Golfe de Cambay, faisant du commerce de cabotage dans l’océan Indien était déjà signalée par Vasco de Gama en 1498, dans son journal de bord. En 1508, un Amiral portugais, Lopes de Sequeira - mouillant dans le Sud malgache - a aussi signalé la présence des Indiens. En 1775, Nicolas Mayeur - commerçant français à Madagascar - constate la présence des Indiens également.

Leurs descendants qui vont s’établir à Ambanoro (village swahili de Nosy-Bé), seront les fondateurs des grands lignages indiens « Karanas » dont les héritiers sont présents aujourd’hui dans toute l’île de Madagascar et même ailleurs (à La Réunion ou en France par exemple). Le plus vieux cimetière indien date de 1850, si on se réfère à la date inscrite sur l’épitaphe de la première tombe, encore visible à Ambanoro (Nosy-Bé), ainsi que la mosquée de Nosy-Bé totalement en ruine, datant à peu près de 1870. J’ai eu l’occasion en 1999, en 2000, et en 2005 de visiter tous ces sites et à Ambanoro, j’ai été aidé par des guides, qui vivaient dans ce village depuis les années 1920, et qui connaissaient toute l’histoire et l’évolution de ce village. La digue où accostaient les boutres en provenance de l’Inde, existe toujours dans le village d’Ambanoro. Elle est un des rares vestiges qui témoigne de l’arrivée des Indiens commerçants dans ce village assez isolé de l’île.

Les premiers Indiens ont été d’emblée, bien considérés par l’administration coloniale française pré-sente sur l’île de Nosy-Bé. Certains ont même exercé des postes-clés comme douaniers, ou exploitants agricoles. D’autres ont migré vers les contrées éloignées, parcouru les villages alentours, pour fructifier leurs esprits mercantiles. Les Indiens ont tout de suite été considérés comme une strate intermédiaire entre les colons français et les Malgaches. Par exemple, après le départ des Allemands de Nosy-Bé en 1914, certains Indiens ont acheté même les entreprises allemandes. Leur politique mercantile, leurs qualités d’aventuriers aimant les risques, leurs capacités d’adaptation dans des contrées inconnues, leur maitrise de la langue anglaise, française et malgache, ont permis aux ressortissants de la première diaspora indienne, d’être bien vus par les colons français. Ils ont même pratiqué la spoliation des terres malgaches. Cette pratique était un peu tolérée par l’administration coloniale française présente sur l’île. La confiscation des terres des pauvres paysans malgaches par certains karanas, a permis à ces derniers de fructifier, illégalement leurs entreprises sur plusieurs générations.

Cependant, les Indiens ne se sont pas réellement intégrés à la société malgache. Leurs relations avec les Malgaches se sont limitées à des rapports de concubinage ou à des échanges commerciaux. Rares sont les Indiens qui se sont métissés. Après le départ des Français en 1960, les Indiens ont souvent été victimes des crises économiques. En effet, dans un pays où la misère règne et la colère du peuple gronde, ils constituent avec les Chinois, « un îlot de richesse dans un océan de pauvreté ». Leur manque d’intégration dans les sociétés malgaches et leurs vies communautaires en vase clos, ont fait d’eux « des boucs émissaires naturellement trouvés ». Le métissage serait un des points positifs de leur intégration. Ce métissage est ralenti par un état d’esprit communautaire aujourd’hui devenu presque religieusement sectaire.

Il ne faut jamais oublier qu’avant et peut-être parallèlement aux Arabes (qui faisaient du commerce tout au long de la côte orientale africaine), les Indiens (qui avaient une marine commerciale assez puissante), et les jonques chinoises étaient bien présents dans l’océan Indien et dans le canal du Mozambique. Les écrits de Vasco de Gama, navigateur portugais, nous le prouvent aussi. Les Indiens faisaient donc du commerce de cabotage, de côte en côte. Leur point de chute restait l’île de Zanzibar, qui à en croire une émission télévisée diffusée en 2008, garde encore des traces de la présence des Indiens en Afrique de l’Est. Ceux qui sont arrivés à Madagascar, et notamment à Nosy-Bé, dès les années 1850, sont venus volontairement, dans le cadre d’une immigration spontanée, et par vagues successives. Au cimetière abandonné d’Ambanoro, où reposent éternellement les pères fondateurs des grands lignages indiens de Madagascar, on peut voir la première tombe qui date de 1850 et la dernière tombe qui date de 1946.

D’après Jacques Bousiges, Sophie Blanchy et Sophie Romeuf-Salomone, les Indiens étaient 26 en 1868, 200 en 1875, 511 en 1905, 520 en 1908, 569 en 1911, 494 en 1925 et 352 en 1939 à la veille de la Seconde Guerre mondiale sur l’île de Nosy-Bé. Fuyant la crise démographique, les disettes, les famines, les sècheresses et les épidémies qui frappèrent l’Inde à la fin du XIXème siècle, ces Indiens allèrent cher-cher à Nosy-Bé, des moyens d’existence, d’autant plus qu’un décret du roi malgache Radama 1er, datant du 18 juin 1825, permettait aux Anglais et aux sujets anglais de résider à Madagascar et à faire du commerce.

Ils sont venus par vagues successives mais volontaires des villages indiens de Kathiawar, du Gujerat, de Jamnagar, de Bombay, de Surat, de Rajkot, du Kusch-Mandui ou Porbandar. C’est par le biais d’une immigration spontanée, individuelle puis familiale que s’est constituée la congrégation indienne de Nosy-Bé depuis la fin du XIXème siècle jus-qu’au début du XXème siècle (1920). Les Indiens étaient 303 en 1999 et il doit actuellement, en rester quelques 150 individus. Ceux qui sont français ont quitté l’île dans les années 1970, puis dans les an-nées 1980. Arrivés à Nosy-Bé avec la nationalité britannique, depuis que la reine Victoria a été proclamée Impératrice des Indes en 1876, ils ont acquis la nationalité française de plein droit par les décrets français applicables dans les colonies, de 1928 et 1933, permettant aux étrangers, en l’occurrence, les Indiens anglais (britanniques), d’obtenir la nationalité française. En effet, si l’on regarde le code juridique applicable dans les colonies, on peut y observer l’évolution des décrets.

Le premier décret, celui du 7 février 1897, appliqué à Nosy-Bé et à Madagascar, permettait aux parents français de transmettre leur nationalité par filiation, à leurs enfants nés sur la Colonie. Ce décret, prônant le droit du sang, n’a pu profiter qu’aux enfants de colons. Un deuxième décret, celui du 5 novembre 1928, a élargi le précédent en permettant par le droit du sol, à l’individu d’acquérir la nationalité française, à la seule condition qu’il soit né dans la Colonie d’un père lui même né dans la Colonie.

Par ailleurs, l’article 5 de ce même décret, permettait aux enfants nés à partir de 1908 dans la Colonie, de parents étrangers (nés ailleurs en Inde par exemple), d’acquérir automatiquement la nationalité française à leur majorité, à condition d’être domiciliés à ce moment là, dans la Colonie. A partir de 1933 et 1939, de nombreux Indiens demandèrent à être naturalisés français. L’article 17-2 du code de la nationalité française, rendu applicable outre-mer par le décret du 24 février 1953, permettait à tout enfant naturel ou légitime de devenir français, à la seule condition qu’il soit reconnu par ses parents de nationalité française. La filiation paternelle ou maternelle a donc été mise en place et généralisée dans la Colonie. En 1960, lors de l’Indépendance de Madagascar, les personnes qui étaient déjà françaises ont pu conserver leur statut juridique acquis pendant la période coloniale, à condition d’être domiciliées sur la Colonie, lors de l’accession de celle-ci à son indépendance.

Enfin l’article 155-I 1er et 2ème alinéas du code de la nationalité française (loi du 9 janvier 1973), et l’article 32-3 du code civil confirmaient les législations précédentes, et ont permis aux individus français, de conserver de plein droit et définitivement, leur nationalité française. C’était le garde des Sceaux du Ministre de la Justice qui se chargeait de délivrer les certificats de nationalité aux intéressés concernés. Les personnes nées après 1960 d’au moins un parent de nationalité française, et ayant été reconnues comme enfants légitimes, sont françaises par filiation paternelle ou maternelle, en vertu de l’article 18 et l’article 18-1 du code civil « comme enfant légitime, né à l’étranger, d’un parent français ».

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Wanquet Claude, (Excellent travail du professeur émérite d’Histoire moderne). Histoire d'une révolution - La Réunion, 1789-1803, Marseille, Jeanne Lafitte, 1980-1985, 3 vol.

Zischka Antoine, Le Japon dans le monde, l'expansion nippone 1854-1934, Payot (1934), 312 pages.

B) Ouvrages épistémologiques :

Chauveau Agnès et Têtard Philippe (sous la responsabilité de), collection dirigée par Bernstein Serge et Milza Pierre. Ouvrage collectif : Jean-Jacques Becker, Serge Bernstein, Robert Frank, Jacques Le Goff, Pierre Milza, René Raymond, Jean-Pierre Rioux, et Jean-François Sirinelli. Questions à l'Histoire des Temps Présents, Bruxelles, Editions Complexe, 1992, 136 pages.
Delumeau Jean (sous la direction de) L'historien et la foi, Paris, Fayard, 1996, 354 pages.
Gagnon Nicole et Hamelin Jean, L'His-toire orale,
Québec, Edisem, 1978, 95 pages.

Jean-François Soulet, L'histoire immé-diate : historiographie, méthodologie, épistémologie, Collection : AC.UNIVERSITAIR, Armand Colin (25 février 2009).

Paul Veyne (Auteur), Comment on écrit l'histoire, essai d'épistémologie, Collection : Univ.Histor, Seuil (1 février 1971)

http://www.thebookedition.com/annee-2043--autopsie-d-une-memoire-de-tamim-karimbhay-p-56300.html

http://www.thebookedition.com/nosy-be--ame-malgache-coeur-francais-de-tamim-karimbhay-p-46319.html

 

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