Pour ou contre la suppression des notes aux élèves ?

L’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville, association d’éducation populaire créée en 1991 qui mobilise des étudiants bénévoles pour intervenir dans les quartiers défavorisés. 7 500 bénévoles y participent) avait lancé courant novembre 2011, un appel en faveur de la suppression des notes à l’école élémentaire.
Selon les signataires (une vingtaine de personnalités dont Michel Rocard, François Dubet, Boris Cyrulnik, Axel Kahn, Marcel Rufo, Eric Desbarbieux…) les notes sont un facteur discriminant pour les élèves et elles exercent une violence symbolique sur l’enfant en difficulté. Cela amène de la démotivation, la fissuration de l’estime de soi, la détérioration des relations avec la famille, de la souffrance scolaire.
La question de la suppression des notes à l’école refait aujourd’hui surface
La question fondamentale à se poser est quel est le but de la note ?
Si ce n’est que pour montrer à l’enfant qu’il a des difficultés dans tel ou tel domaine et communiquer ces difficultés aux parents, ce n’est pas satisfaisant. La notation aboutit alors à la mise en place d’une compétition entre élèves.
Elle est alors néfaste.
Pour être efficace la notation doit être suivie d’une analyse des difficultés et de l’organisation d’une remédiation
Les anciennes évaluations CE2 qui comportaient une forme de notation permettaient de faire ce travail.
Depuis quelques années, dans le primaire comme dans le secondaire, les enseignant-e-s doivent désormais valider des compétences et ce système est peu compatible avec la note sur 10 ou sur 20.
En suivant scrupuleusement les programmes les enseignant-e-s n’ont donc pas l’obligation de noter leurs élèves…
En dehors de la notation (que peu d’enseignant-e-s utilisent de façon unique en dehors du cycle 3) les élèves subissent bien une certaine forme de violence.
La violence est dans les effectifs surchargés qui font que certains élèves sont laissés pour compte et ne bénéficient pas de l’encadrement qui leur serait nécessaire.
La violence est dans la détérioration progressive des conditions de travail, qui font que la santé des enseignants se fragilise et que cela se répercute sur leurs élèves.
La violence est dans la dégradation du rapport entre les parents et le système éducatif, car remplacer les notes par un NA (non acquis…), EA (en cours d’acquisition…) ou un A (acquis…) sur le livret de compétences ne permet pas toujours aux parents de se rendre compte finement de la somme des connaissances acquise par leur enfant.
Ce n’est pas tant la note par elle même comme élément de repère et indication de compréhension d’un exercice qui pose problème, mais la stigmatisation publique. En effet, on peut s’interroger sur la pertinence et l’intérêt d’annoncer publiquement la note de tel ou tel élève devant la classe car la notation est une affaire « personnelle » entre l’élève et le professeur. Cela peut être très mal vécu par l’élève désigné de fait comme « mauvais élève » ,ce qui renvoie au champ de la morale et devient contre productif
Il faut faire le constat que si les notes sont très positives sur la confiance en soi, elle impactent très sévèrement les élèves en difficultés scolaires
Supprimer les notes en primaire soit…, mais une fois que l’on aura abattu l’arbre, que fera-t-on pour la forêt qui se cache derrière lui ?
Conserver les notes correspond, et sans doute pas pour les mêmes raisons, à une demande forte des parents et des gestionnaires du système éducatif.
De nombreux parents manquent de confiance dans l’école et veulent contrôler, comparer les résultats. Les gestionnaires veulent de la rentabilité…
Quant aux enseignants, avec ou sans notes (c’est de leur responsabilité) leur volonté forte est de combattre la difficulté scolaire et là est bien l’essentiel. car autant, il serait stupide de réduire les difficultés scolaires au seul maintien de la note, autant il le serait de promouvoir la note comme moteur de la réussite scolaire
Assurément, les vrais problèmes de l’école sont ailleurs
LA CGTR EDUC’ACTION


