Pollution sonore: disons Stop !

Chaque week-end, les mêmes délits. Les jours de fêtes, plus particulièrement.
Et dans les zones urbaines, cela devient tout aussi fréquent les jours de semaine.
Partout, dans les quartiers, dans les cités, dans les hauts, dans les bas, un nombre minoritaire mais croissant de concitoyens totalement irrespectueux se cachent derrière le masque de fêtards pour nuire, en toute impunité, au repos d'une majorité.
Nous ne parlons pas ici de fêtes amicales, familiales dans un cadre convivial.
Nous parlons de pratiques isolées, individualistes, méprisantes.
Nous parlons de la diffusion excessive de "musiques" dans une intensité telle qu'elle abasourdit.
Nous parlons de cas où le droit des uns est bafoué de manière totalitaire par un seul autre.
Lorsque un résident peut à lui seul nuire à une trentaine d'autres résidents.
Lorsque des personnes âgées, alitées, sous assistance, rentrées d'une hospitalisation, doivent subir pendant de longues heures les basses assourdissantes d'une poignée de personnes.
Lorsque des pères, mères de famille, n'aspirent qu'à profiter en paix de leurs jours de repos avant une semaine d'activité.
Nous parlons ici du déni même de l'autre, au profit de désirs égoïstes abusivement assouvis.
Cette forme d'incivisme grandissant gangrène littéralement le vivre ensemble dans nos quartiers.
Les conséquences sociales sont alarmantes. Les personnes concernées sont : irritables, fatiguées, souffrent de nausées, de dépression, de pertes de concentration.
Si ce phénomène prend de l'ampleur, c'est qu'il est encouragé involontairement par le laxiste criant des autorités.
Il s'installe au fur et à mesure un sentiment d'impunité chez les pratiquants de plus en plus zélés.
Au point que cette pollution monte d'un cran et semble inéluctablement devoir se transformer en agression sonore, tant l'excès est la règle.
Toujours plus fréquemment, toujours plus longtemps, toujours plus fort !
Pourtant, une loi existe. Applicable mais inappliquée puisque la police du bruit est aujourd'hui la responsabilité du maire de chaque ville.
Outil de clientélisme, passe-droit accordé à certains militants ou intimidations de la part même des fautifs, sont autant d'explications maintes fois constatées.
Nombre de voisins n'osent même plus en appeler à la force publique par crainte de représailles.
La conséquence est un accroissement de faits divers, parfois dramatiques, dus au ras-le-bol du bruit abusif.
Les pratiquants en appellent au droit de fêter. Nous leur répondons qu'ils ont le devoir de respecter le repos et le sommeil de ceux qui ne fêtent pas.
Nous attendons de la majorité de fêtards respectueux qu'ils fassent entendre leur voix et dénoncent ces pratiques qui vont à l'encontre même du sens de la fête.
Pour beaucoup, ce problème est un sous-problème.
Pourtant, nombre d'études démontrent que l'exposition de plus en plus fréquentes à un volume sonore intense (et particulièrement les basses) engendrent des problèmes nerveux et psychologiques dus aux stress, à la mauvaise qualité du sommeil...
Le bruit est d'ailleurs reconnu comme étant le nouveau grand fléau du XXIe siècle.
Nous ne parlons pas de bruits inhérents à l'activité humaine. Mais de nuisances résultant d'une volonté délibérée de produire de manière excessive du bruit susceptible de nuire, en parfaite connaissance de cause et avec la capacité de réduire ces nuisances ou d'y mettre fin. Si on ne peut pas s'arrêter de vivre, on peut tourner le bouton qui permet de baisser le volume.
Pour ces raisons, nous souhaitons mettre en lumière ce problème qui peut encore être résolu.
Nous nous adressons donc ouvertement aux candidats aux Législatives afin qu'ils se positionnent clairement sur le sujet.
Quelques pistes de réflexion, à cet effet :
- renforcement de la loi existante donnant plus de moyens de jauger objectivement le niveau de la nuisance (appareillage de mesure des décibels, fixation des distances au-delà desquelles la diffusion doit être inaudible...)
- modification de la loi existante précisant la notion de nuisance en ne la réduisant pas aux horaires de diffusion mais à des valeurs liées à son intensité, à sa fréquence, à sa durée.
- renforcement de l'arsenal répressif allant de l'amende à la possibilité de saisie du matériel en cas de récidive(s).
- création d'une police du bruit formée qui ne soit plus rattachée à la gestion municipale.
Nous avons encore le choix, avant que ces exceptions ne deviennent la règle.
Car à ce rythme, nous n'osons imaginer la santé mentale psychique et l'état des nerfs d'un nombre croissant de nos concitoyens dans 30 ans !
Puisque le changement, c'est maintenant (et non dans 30 ans) voici une occasion d'éprouver concrètement ce slogan !
Lucien Vermoult, président de l'ACPS
Association Contre la Pollution Sonore
[email protected]


