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Le recteur s'amuse et... abuse !

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 4 mai 2012 à 17H12

Quoi de neuf au paquebot rectorat ? Le commandant de bord maintient son cap, salue certains passagers et pas d’autres. De la hauteur de ses galons, il adopte une conduite digne d’un plénipotentiaire indétrônable. Son errance plonge nos syndicats de la FSU dans le constat suivant : quelle galère ! A inscrire au livre de bord…

N’oublions pas que la représentativité de la FSU permet à ses élus de s’exprimer sur la politique menée, d'apporter son expertise et de voter ou non les mesures décisionnelles au CTA (Comité Technique Académique). Cette instance consultative est l’espace majeur du dialogue social. Premier CTA et premier vote contre le règlement intérieur. En réaction à l’intervention d’un suppléant, le Président -notre recteur- fulmine et impose le règlement type. Il interdit le vote et la parole aux suppléants réduits au silence : du jamais vu depuis la création de l’académie où chaque membre pouvait s’exprimer. Non content de cette première, il humilie les élus en refusant la plaquette nominative posée devant ces collègues. Bonjour le dialogue, il frappe l’écoute -au sens marin du terme- en tirant sur ce cordage pour orienter la voilure à sa guise.

Nos déclarations liminaires sont enregistrées et la réponse est toujours la même :, circulez y’a rien à voir ! Le bras de fer se ponctue d’interruptions de séance et notre conclusion demeure : vous nous avez fait venir pour prendre connaissance de vos décisions. L’ordre du jour ne permet de vote que sur les affaires courantes. Fin janvier, les syndicats demandent un vote sur les suppressions de postes. Le Recteur nous oppose la réglementation, qu’il interprète abusivement, pour le refuser. Quid des classes surchargées, des élèves en difficulté, des offres en sections professionnelles… Le maître-mot est l’excellence qu’il répète à l'envi. Cette boussole trace un cap qui délaisse les ambitions de la jeunesse réunionnaise et la lutte contre l’échec et l’exclusion scolaires. En se cachant derrière des résultats aux examens qui se rapprochent de la métropole, il prône certains projets ministériels dont la publicité n’a d’égale que l'insuffisance de moyens, de résultats, et d’efficacité (ECLAIR, accompagnement éducatif…). Et dans le même temps, il supprime les RASED, redéploie des enseignants du primaire vers le secondaire. Il justifie les suppressions de postes par la baisse des effectifs. Nous démontrons que les 387 profs non remplacés dans le secondaire depuis 2007 équivalent à plus de 6000 élèves en moins alors que la baisse est de moins de 2500. Et que penser des tests du primaire qui montrent qu’un élève sur deux n’a pas le niveau pour suivre au collège. Faut-il définitivement torpiller le navire ?

Néanmoins la croisière continue, la politique de la chaise vide étant contre les principes syndicaux. Le dernier "transat" du CTA, le 3 avril, était une invitation à entériner les suppressions de postes. Du haut de son bastingage, le Recteur les expose et refuse encore de les soumettre au vote en prenant soin au passage de débarquer violemment un passager syndical. Choqués, nous décidons à l’unanimité de quitter l’assemblée si le vote est impossible. Dans le cas contraire, nous nous engageons à voter à l’unanimité contre, l’obligeant ainsi à re-convoquer un CTA avec de nouvelles propositions. Devant la menace liberticide du dialogue social, il s’incline et procède aux votes. Tous seront négatifs à une abstention près, celle de l’UER dont le SNALC est à la fois la proue et la poupe, complice ainsi de sa manœuvre. Que penser de ce rétropédalage pour épargner la politique du Ministre mise en œuvre avec zèle par le commandement de l’esquif rectoral. Adieu profs des écoles, certifiés, administratifs, profs d’EPS, agrégés, infirmières, co-psys, CPE, vous êtes jetés à la mer. Faudra prévoir de très grandes cabines pour nos marmailles et plein de mousses précaires sans le concours (aux sens propre et figuré) desquels le bateau n’avancera plus !

Désolé de ce langage technique et imagé mais tout le monde aura compris que la démocratie syndicale est reléguée dans une chambre close vidée de son sens. Souriant, Monsieur le Recteur peut s’appuyer sur un équipage complaisant, l’UER, qui soutient la politique destructrice de notre Ministre : il s’amuse ! Pour la FSU, la Révision Générale des Politiques Publiques est une grave asphyxie du Service Public d’Éducation et une anorexie hautement pathologique de ses usagers, nos élèves et leurs parents. Autrement dit, on étouffe nos moyens et on conduit des dizaines de milliers d’élèves supplémentaires vers une sortie obscure du système.

Nous attendons toujours un vrai dialogue social avec des propositions dignes de la jeunesse réunionnaise.

Pour la FSU REUNION,
Philippe MANENC

 

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