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Fraude à la CAF et à la CGSS : deux ans ferme et un mandat d'arrêt contre l'ancien ministre des Affaires étrangères des Comores

Ecrit par E.L. avec J.D. – le vendredi 29 mai 2026 à 09H42

L'ancien ministre des Affaires étrangères des Comores a été condamné ce vendredi par le tribunal judiciaire de Saint-Denis à deux ans d'emprisonnement ferme pour une vaste fraude aux prestations sociales. Son épouse écope pour sa part d'un an de prison ferme. Introuvable depuis le début de l'enquête, l'ancien diplomate fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt.

Le tribunal judiciaire de Saint-Denis a condamné ce vendredi Dhoihir Dhoulkamal à deux ans d'emprisonnement ferme pour une fraude aux prestations sociales portant sur plusieurs centaines de milliers d'euros. L'ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale des Comores, absent à l'audience, n'a jamais été retrouvé par les enquêteurs malgré plusieurs années de recherches. Le tribunal a délivré à son encontre un mandat d'arrêt.

Son épouse a également été reconnue coupable. Elle a été condamnée à douze mois d'emprisonnement ferme et à une interdiction de paraître sur le territoire national pendant cinq ans.

L'affaire trouve son origine dans une enquête ouverte à La Réunion sur des prestations sociales perçues entre 2013 et 2020. Les investigations ont permis de mettre au jour un préjudice évalué à 251.570 euros pour la Caisse d'allocations familiales et à 86.721 euros pour la Caisse générale de sécurité sociale, soit un total de plus de 338.000 euros.

Selon l'enquête, le couple aurait omis de déclarer plusieurs revenus et situations incompatibles avec le versement des aides perçues. Les poursuites portaient notamment sur des faits d'escroquerie et de fausses déclarations ayant permis l'obtention du RSA, d'allocations familiales, d'aides au logement ainsi que d'autres prestations sociales.

Révélée dès 2020, l'affaire avait pris une dimension particulière en raison des fonctions occupées par Dhoihir Dhoulkamal au sein du gouvernement comorien. Longtemps protégé par son immunité diplomatique, l'ancien ministre n'a finalement jamais pu être entendu. Après son départ du gouvernement, les investigations ont pu se poursuivre mais les autorités françaises n'ont jamais réussi à le localiser.

Malgré des recherches menées en France et à l'étranger, les enquêteurs n'ont obtenu ni audition ni explication de la part de l'ancien chef de la diplomatie comorienne. Cette absence persistante a conduit la justice à juger le dossier sans lui.

Avec le mandat d'arrêt délivré ce vendredi, Dhoihir Dhoulkamal s'expose désormais à une arrestation s'il est localisé ou s'il transite par un pays susceptible d'exécuter la décision judiciaire française.

Lire aussi : Fraude à la CGSS et à la CAF : un mandat de recherche lancé par la justice réunionnaise contre l’ex-ministre comorien Dhoihir Dhoulkamal

Etiquettes : CAF | CGSS | Fraude | Tribunal

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