Conflit au Moyen-Orient : la Région Réunion redoute des effets économiques à moyen terme

Dans un communiqué diffusé ce mercredi 4 mars, la présidente de Région Huguette Bello estime que l’escalade militaire au Moyen-Orient ouvre une période « lourde d’incertitudes ». Si les conséquences immédiates pour La Réunion devraient rester limitées, la collectivité redoute des répercussions à terme sur les carburants, le fret maritime et les liaisons aériennes.
L’embrasement militaire au Moyen-Orient pourrait finir par produire des effets jusque dans l’océan Indien. Dans un communiqué publié ce mercredi 4 mars, la présidente de la Région Réunion, Huguette Bello, évoque une situation internationale « lourde d’incertitudes » et aux conséquences potentiellement multiples.
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Dans ce texte, la collectivité met directement en cause la décision prise conjointement par les États-Unis et Israël d’entrer en guerre contre l’Iran. Selon la présidente de Région, cette intervention aurait été menée « au mépris des règles du droit international » et sans recours aux instances internationales comme les Nations Unies.
Le communiqué rappelle également que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis contre la population civile palestinienne, notamment à Gaza. Il est aussi reproché à l’ancien président américain Donald Trump d’avoir mis fin à l’accord sur le nucléaire iranien conclu sous Barack Obama, une décision jugée aujourd’hui « irresponsable » par la collectivité.
Quid de la bouteille de gaz à 18 euros ?
Si la Région dénonce les risques d’escalade géopolitique, elle s’attarde surtout sur les conséquences possibles pour l’économie réunionnaise. À court terme, les impacts devraient rester limités. Depuis la guerre en Ukraine, la majorité du trafic maritime entre l’Europe et La Réunion ne transite plus par le canal de Suez mais contourne l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance.
La fermeture du détroit d’Ormuz et les attaques visant certaines installations pétrolières ne devraient donc pas provoquer d’effet immédiat sur l’approvisionnement de l’île. La Réunion dispose en effet de stocks stratégiques et s’approvisionne en produits pétroliers raffinés depuis Singapour.
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La situation pourrait toutefois évoluer si le conflit s’installe dans la durée. Une flambée du prix du pétrole entraînerait mécaniquement une hausse du coût des carburants et du gaz. La bouteille de gaz est aujourd’hui maintenue à 18 euros grâce à l’intervention de la Région. En cas de hausse importante des prix, la collectivité prévient que l’effort financier pourrait devenir plus important et qu’il serait souhaitable qu’il soit partagé.
Augmentation du coût du fret ?
Autre sujet d’inquiétude : le transport maritime. Une augmentation du coût du fret pourrait rapidement se répercuter sur les prix des produits importés et de consommation. Les liaisons aériennes vers l’Hexagone pourraient également être modifiées en fonction de l’évolution du conflit et de la sécurité des couloirs aériens.
Pour la Région, cette situation rappelle surtout la fragilité structurelle de l’économie réunionnaise, fortement dépendante d’approvisionnements extérieurs. La collectivité estime que ce contexte international renforce la pertinence de ses orientations en faveur de la souveraineté alimentaire et de l’autonomie énergétique.
Enfin, Huguette Bello appelle à rappeler le principe d’un « océan Indien zone de paix », évoquant notamment l’utilisation de l’île de Diego Garcia comme base militaire au service d’intérêts étrangers aux peuples de la région.


