“J’ai eu la peur de ma vie” : surpris, des témoins de l’éruption racontent ce moment de panique

Comme une dizaine d'autres personnes alors présentes dans l'enclos, une randonneuse de 27 ans a assisté en direct et au plus près à l’éruption du Piton de la Fournaise, ce vendredi matin. Elle décrit une scène soudaine, anxiogène mais aussi un souvenir qui la marquera à vie.
Originaire de Bourgogne, Amélie était en randonnée seule ce matin. Arrivée à La Réunion le 26 janvier, elle effectuait sa toute première sortie au volcan. Vers 10 heures, après avoir dépassé le cratère Dolomieu pour filmer le paysage, elle commence à percevoir des bruits inhabituels.
“On a entendu des éboulis, puis un grondement”
“On entendait comme des cailloux qui glissaient, des éboulis. Au début, on s’est dit que c’était normal, avec la pluie”, raconte-t-elle. Sur place, elle fait la connaissance d’une autre randonneuse, Émilie, également seule. Toutes deux restent attentives.
“On commençait à ne pas être rassurées. Puis il y a eu un gros bruit, beaucoup plus fort, comme un grondement”, poursuit Amélie. La fumée apparaît rapidement, laissant planer le doute sur l’origine du phénomène.
La lave jaillit en quelques secondes
La situation bascule presque immédiatement. “On se filmait, et même pas trente secondes après, la lave a jailli”, témoigne la jeune femme, qui a pu capturer les toutes premières secondes de l’éruption en vidéo. “C’est la rapidité qui fait peur. On ne sait pas où ça va sortir.”
Face à l’apparition de la lave, les deux randonneuses prennent la fuite. “On s’est dit qu’il fallait se sauver vite.” Impossible toutefois de revenir immédiatement sur leurs pas, l’éruption semblant se produire dans cette direction. Elles contournent alors le cratère afin de rejoindre une zone qu’elles estiment plus sûre.
“J’ai vu ma vie défiler”
La panique est immédiate. “On se retournait sans cesse. Ça prenait tellement d’ampleur qu’on avait l’impression de ne pas s’éloigner”, confie Amélie. “J’ai eu la peur de ma vie. J’ai fait une crise de panique.”
Selon son témoignage, de nombreuses personnes se trouvaient ce matin dans l’enclos, ainsi que sur le site du Pas de Bellecombe. Les deux randonneuses auraient contribué à donner l’alerte, Émilie parvenant à contacter les secours, le téléphone d’Amélie ne captant pas à cet endroit.
Évacuation et retour à pied
Un hélicoptère de la gendarmerie est ensuite intervenu pour faire évacuer la zone. Une personne aurait été hélitreuillée après s’être blessée dans la panique, selon la randonneuse. Amélie et Émilie, jugées en mesure de redescendre, ont regagné le Pas de Bellecombe à pied.
“Voir une éruption en direct, c’est rare, mais c’est aussi là que c’est dangereux. Ça peut aller très vite”, conclut Amélie.


