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Municipales : “Sainte-Marie, c’est lui !” Jean-Louis Lagourgue entre en campagne

Ecrit par P.M. – le dimanche 25 janvier 2026 à 09H23
L'ancien maire a officialisé sa candidature ce samedi à la Mare.

Devant plusieurs centaines de militants réunis ce samedi à La Mare, Jean-Louis Lagourgue a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales dans une ambiance surchauffée et en présence de nombreux anciens élus municipaux. 

L’objectif du candidat et de son équipes était de marquer les esprits : c’est réussi. Dans une ambiance surchauffée et sous un soleil de plomb, l’ancien maire et parlementaire a lancé sa campagne devant “600 à 700” partisans, selon le décompte du désormais candidat. Il mènera une liste sans étiquette, divers droite.

Dans la foule, on reconnaît de nombreux élus, anciens ou actuels, proches du clan Lagourgue comme Daniel Jean-Baptiste dit Parny, Christophe Chan-Liat, James Clain ou Thierry Flahaut, démissionnaire de la majorité de Richard Nirlo. Des anciens élus ou colistiers d’autres bords politiques sont aussi présents, comme Thierry Guichard (ancien colistier de Gérald Maillot et élu de l'opposition) et Serge Valgrésy (ancien colistier de Christian Annette).

Si l’ambiance est festive, entraînant l’ancien maire à se lever à plusieurs reprises de sa chaise pour danser entouré de ses soutiens, le ton se fait plus grave dans les prises de parole au micro.

"Avant, j'étais fier de Sainte-Marie"

Emmanuel Virin, délégué du parti Les Républicains dans la 6e circonscription, dresse le portrait d’une commune “en régression depuis six ans, enfin l’heure tant attendue est arrivée”. Il décrit le candidat comme un “homme qui aime profondément Sainte-Marie et qui ne lui a jamais fait défaut”.

Élu démissionnaire de la majorité, Thierry Flahaut appelle à “rendre à César ce qui lui appartient, c’est lui qui a construit Sainte-Marie !”

Lire aussi : Municipales à Sainte-Marie : Jean-Louis Lagourgue mènera finalement la liste "Lagourgue"

Ancien premier adjoint, Yves Ferrières se charge de rappeler les réalisations attribuées aux mandats de Jean-Louis Lagourgue : “Le multiplexe, le port, Beauséjour, c’est grâce à lui, Sainte-Marie c’est lui !” À ses côtés pendant 25 ans, il rappelle que l’ancien maire est à l’origine de la création du Sidelec ou de l’Association des maires, mais aussi à la base de la création de la Cinor. “Avant j’étais fier de Sainte-Marie, Jean-Louis on a besoin de toi et je serai à tes côtés pour reconstruire Sainte-Marie ensemble”, lance son compagnon de route.

Porté par l'ambiance, le candidat n'a pas hésité à danser plusieurs fois entouré de ses partisans.

Rémy Lagourgue monte au créneau

Au tour de Rémy Lagourgue de prendre la parole. Le conseiller départemental défend la constitution d’une future équipe mêlant “expérience et jeunesse”, avec un accent annoncé sur un “chantier social” en direction des plus démunis. Il dénonce ce qu’il qualifie “d’escroquerie politique”, évoquant une “entente en off entre le maire sortant, lui le gaulliste, et la candidate de la Région”.

Selon lui, le nom de Jean-Louis Lagourgue “a été traîné dans la boue ces dernières années, certains veulent éradiquer la famille Lagourgue. Qui a dit que la famille Lagourgue est morte à Sainte-Marie quand on voit tant de monde !”

Il veut “rendre sa place à Sainte-Marie, une ville citée en exemple jusqu’en 2018, ils se sont trompés d’objectifs et d’alliés”, lance-t-il à destination de l’actuel maire et candidat, sans jamais citer son nom.

"Allons reconstruire Sainte-Marie"

Très attendu, Jean-Louis Lagourgue s’est exprimé debout, sans discours écrit. Après avoir rendu un hommage appuyé à son fils, “Rémy, le meilleur d’entre nous”, il n’élude pas la question de son âge — il a 78 ans — et dit revenir “par affection pour ma ville, celle qui m’a vu grandir”.

La campagne marque le retour sur la scène politique de cette figure de la droite locale. Maire de 1990 à 2018, Jean-Louis Lagourgue a également occupé de nombreuses fonctions institutionnelles, notamment celles de président de la Cinor, de président de l’Association des maires de La Réunion, de conseiller régional et de premier vice-président de la Région. Élu sénateur en 2017, mandat qu’il a exercé jusqu’en 2023, il avait dû quitter la mairie en raison de la loi sur le non-cumul des mandats.

Il rappelle les transformations opérées depuis les années 1990 et son élection : “Ici, c’était le désert, le tiers-monde, il n’y avait pas d’eau, de toilettes, il y avait des bidonvilles qu’il fallait évacuer quand il y avait un cyclone, dans les Hauts, c’était le fenoir le soir.”

Il veut “reconstruire” la commune et affirme que “ma première tâche sera de dire que Sainte-Marie a repris espoir”, en insistant sur la nécessité de renouer le dialogue avec les partenaires institutionnels, en particulier la Cinor, estimant que la commune avait été pénalisée ces dernières années par une “politique de la chaise vide”.

"Un cassoulet mal cuit et indigeste"

Sans attaquer frontalement l’équipe municipale en place, l’ancien maire regrette une campagne qu’il juge marquée par la “discrimination” et pose le choix des électeurs entre “la continuité dans le néant” ou une municipalité “inféodée à la Région”. Il se présente en rempart face à une union déjà scellée selon lui entre le maire sortant et Céline Sitouze : “Un cassoulet mal cuit entre des gens qui se sont tapés dessus depuis des années et vont essayer de travailler ensemble, ce n’est pas digeste et ce n’est pas ce qu’il faut pour Sainte-Marie.”

Se présentant comme “un homme de dialogue et de consensus”, il assure être prêt à se mettre au travail dès le lendemain de l’élection et être de retour de Paris, où il a rencontré le président du Sénat et des députés “de l’opposition, qui seront à notre écoute”.

“J’ai des défauts mais aussi des qualités qui ont permis de construire Sainte-Marie, que je veux porter au plus haut à tous les niveaux”, clame-t-il, citant notamment la volonté de redonner à la ville “une belle équipe de football” ou de construire “des cases à terre, aujourd’hui il n’y a plus que des logements en l’air”.

Il demande enfin à ses partisans s’ils souhaitent qu’il soit candidat. C’est un grand “oui” que lui répondent les centaines de militants présents.

La campagne accélère à Sainte-Marie.

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