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Sydney : le Français Dan Elkayam parmi les victimes de l’attaque de Bondi Beach

Ecrit par N.P. – le lundi 15 décembre 2025 à 06H13
Capture d'écran Instagram.

Le jeune ingénieur de 27 ans, installé en Australie depuis fin 2024, figure parmi les quinze personnes tuées lors de l’attaque antisémite qui a visé une célébration de Hanoukka.

Dan Elkayam, 27 ans, fait partie des victimes de l’attaque terroriste qui a touché Bondi Beach dimanche en début de soirée. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a confirmé sa mort peu après 19 h en France : “C’est avec une immense tristesse que nous avons appris que notre compatriote Dan Elkayam compterait parmi les victimes de l’attaque terroriste abjecte qui a frappé les familles juives rassemblées sur la plage de Bondi à Sydney.”
Emmanuel Macron a exprimé sur X “la pleine solidarité de la Nation” à sa famille.

Originaire du Bourget (Seine-Saint-Denis), Dan Elkayam avait déménagé à Sydney en décembre 2024 pour y occuper un poste d’analyste informatique. Diplômé d’un master en génie informatique spécialisé dans les systèmes et réseaux en 2022, après des études à Montreuil et Créteil, il décrivait sur LinkedIn son engagement professionnel : “Je suis une personne travailleuse, motivée et persévérante.”

Ses parents, toujours installés au Bourget, sont d’anciens commerçants bien connus de la ville. Le maire, Jean-Baptiste Borsali, a évoqué “l’émoi immense” que sa disparition provoque : “C’était un jeune Bourgetin apprécié, issu d’une famille très sociable.” Un temps de recueillement sera proposé aux habitants.

Un jeune homme sportif, passionné de voyages

Très actif sur les réseaux sociaux, Dan Elkayam partageait régulièrement ses voyages : Mexique, Thaïlande, Philippines, Japon, Nouvelle-Zélande. Ses photos montraient aussi son attachement à Sydney, où il filmait la mer, les couchers de soleil ou les stades où il allait voir des matchs.
Le maire du Bourget rappelle qu’il avait longtemps pratiqué le football et le futsal dans le club de la ville.

Dimanche, il participait à la célébration de Hanoukka organisée par la communauté loubavitch sur une pelouse dominant la mer. Il a été mortellement touché par les tirs. Les secours n’ont pas pu le sauver.

L’attaque de Bondi Beach : une fusillade d’une ampleur exceptionnelle

Une scène de panique sur la plage la plus célèbre de Sydney

Peu après le drame, les images montrent des vêtements, chaussures et serviettes abandonnés dans la précipitation sur le sable blanc de Bondi. Les gyrophares illuminent la route surplombant la plage, où les secours tentent de venir en aide aux victimes.

Au moins quinze personnes ont été tuées, dont Dan Elkayam, et quarante autres blessées, selon un bilan provisoire communiqué par les autorités municipales.
“Nous avons entendu les coups de feu… dix minutes de détonations incessantes. On aurait dit une arme puissante”, témoigne Camilo Diaz, un étudiant chilien de 25 ans.
“Il y avait du sang partout”, ajoute un autre témoin.

Les assaillants identifiés : un père et son fils

La police de Nouvelle-Galles du Sud a identifié les tireurs comme un père de 50 ans et son fils de 24 ans. Le plus âgé, détenteur de six armes à feu, a été abattu par la police. Son fils, grièvement blessé, a été interpellé.
“Cette attaque visait la communauté juive de Sydney le premier jour de Hanoukka”, a rappelé le premier ministre de l’État, Chris Minns.

Selon le chef de la police, Mal Lanyon, il s’agit bien d’un “acte terroriste”. Un engin explosif artisanal a été retrouvé dans une voiture liée au tireur décédé.

Anthony Albanese, le premier ministre australien, a dénoncé “un acte malveillant, antisémite et terroriste”, saluant les “héros” ayant tenté de désarmer les assaillants, dont Ahmed al-Ahmed, vendeur de fruits blessé par balle à deux reprises.

Une communauté juive qui dénonçait déjà des risques croissants

Des avertissements restés sans réponse ?

Pour Robert Gregory, de l’Association juive d’Australie, cette attaque “était malheureusement prévisible”.
Il affirme que les autorités avaient été “maintes fois alertées” sur la recrudescence des menaces visant la communauté. Selon des médias locaux, peu de policiers étaient présents autour de la cérémonie de Hanoukka.

L’émotion est d’autant plus forte que l’Australie connaît très rarement des fusillades de masse, du fait d’une législation très stricte sur les armes à feu.

Une hausse marquée des actes antisémites depuis un an

Selon les organisations juives australiennes, les agressions ont nettement augmenté depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza qui a suivi.
“Les chiffres des incidents antisémites sont en hausse, à un niveau inédit depuis plus de trente ans”, explique Daniel Aghion, président du Conseil exécutif des juifs d’Australie.

Des synagogues à Sydney et Melbourne ont récemment fait l’objet de graffitis ou de tentatives d’incendie. Plusieurs restaurants et commerces ont aussi été visés.
En août, Canberra a expulsé l’ambassadeur d’Iran, accusé d’être lié à deux attaques. Une unité spécialisée enquête désormais sur les crimes antisémites.

Pour l’Association des Juifs australiens, les mesures prises ne suffisent pas : “Combien de fois avons-nous alerté le gouvernement ? Nous n’avons jamais eu l’impression d’être entendus.”

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a accusé l’Australie d’avoir “jeté de l’huile sur le feu de l’antisémitisme” après l’annonce de la reconnaissance d’un État palestinien.

Etiquettes : Antisémitisme | Australie

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