Saint-Leu : les secours en mer simulent un sauvetage pour alerter sur les dangers de la houle

Un exercice de sauvetage grandeur nature s’est déroulé ce jeudi 17 juillet à la Pointe au Sel, à Saint-Leu, pour sensibiliser aux dangers de la houle australe. Organisé par le CROSS, il a mis en lumière la complexité des opérations et les risques réels encourus, même en mer calme.
Ce jeudi matin, à la Pointe au Sel, une agitation inhabituelle composée d'un hélicoptère, d'une vedette de la SNSM et de deux jetskis a attiré l’attention des touristes et des promeneurs. Il ne s’agissait pas d’une opération réelle, mais d’un exercice grandeur nature de sauvetage en mer, coordonné par le CROSS océan Indien. L'objectif est de tester les capacités de réponse face à un scénario réaliste d’accident sur le littoral réunionnais.
Lire aussi : Saint-Leu : 6 personnes sauvées en mer après s'être fait emporter
Le scénario imaginé : une fillette alerte le CROSS au 196 après avoir vu ses parents emportés par une vague. Les secours sont aussitôt déclenchés. L’opération mobilise l’hélicoptère de la gendarmerie, les sauveteurs en mer de la SNSM de Saint-Gilles, les jetskis de l’association RESSAC, les pompiers de la Garde Nautique du SDIS et les plongeurs du PGHM. Si tout est fictif, les difficultés rencontrées, elles, sont bien réelles.
Dès le début de l'exercice, les imprévus s'accumulent. L’hélicoptère est détourné sur une mission de secours à Mafate. À son retour, la houle complique les opérations : impossible de treuiller depuis la vedette de la SNSM, trop instable. « On a dû mettre les plongeurs à l’eau pour récupérer directement les victimes », explique Alice Gaillard, directrice adjointe du CROSS. « On coordonne, mais on reste à l’écoute du terrain. Il y a toujours des imprévus. »
Au-delà de l’entraînement, l’exercice a permis de tester un nouveau système de télécommunication par satellite, utilisable en cas de cyclone si les infrastructures terrestres sont détruites.
La Réunion, territoire à haut risque
Le choix de la Pointe au Sel ne doit rien au hasard. Ce site particulièrement exposé est représentatif des risques liés à la houle australe. Chaque hiver, les vagues puissantes frappant le littoral font des victimes. « C’est un lieu très accidentogène », confirme Célia Monamy, directrice du CROSS. « La Réunion est le département français où l’on enregistre le plus d’accidents en zone très proche côtière. La mer peut paraître calme, mais elle reste imprévisible. »
Chaque année, entre cinq et dix personnes meurent noyées après avoir été projetées contre les rochers. Jean-Pierre Millon-Rousseau, délégué régional de la SNSM, précise : « Ces trois dernières années, nous avons constaté une augmentation des décès liés à la houle. Il ne s’agit pas de baigneurs au large, mais de gens qui tombent depuis les rochers. C’est pour cela qu’on multiplie les actions de sensibilisation. »
L’imprudence reste la première cause
Dans la majorité des cas, les victimes sont des promeneurs ou pêcheurs imprudents. Ils s’aventurent trop près du bord, ignorent les arrêtés d’interdiction ou se baignent en dehors des zones surveillées. « Ce n’est pas seulement un message de prévention, c’est un appel à la responsabilité », insiste Célia Monamy. « Toute incursion sur des rochers déjà mouillés est dangereuse. Il faut respecter les arrêtés communaux d’interdiction, se baigner uniquement dans les zones autorisées et ne jamais sous-estimer les forces de la houle australe », rappelle la directrice du CROSS OI.
L’exercice mené ce jeudi l’a démontré : même avec des moyens importants et des professionnels aguerris, le sauvetage en mer reste une opération difficile. À plus forte raison lorsque l’urgence est réelle et que chaque seconde compte.


