Collectivité unique : les élus de Guadeloupe votent une réforme historique

Les élus de Guadeloupe ont franchi un cap historique ce mardi 17 juin en votant en Congrès en faveur d’une collectivité unique dotée de compétences élargies. Ce projet, soutenu par une majorité de la population, amorce un processus de réforme institutionnelle qui pourrait profondément transformer la gouvernance de l’archipel.
Réunis en Congrès à Basse-Terre mardi 17 juin 2025, les élus de Guadeloupe ont franchi un cap majeur en adoptant une série de résolutions en faveur de la création d’une collectivité unique et d’un renforcement de l’autonomie de l’archipel. Ce vote marque une étape décisive vers une transformation profonde de l’organisation institutionnelle du territoire.
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Les quatre résolutions adoptées visent à fusionner les deux collectivités actuelles – Conseil régional et Conseil départemental – pour créer une entité administrative unique, dotée de compétences élargies. Les élus souhaitent doter cette future collectivité d’un pouvoir normatif autonome, notamment en matière fiscale, et lui confier des prérogatives renforcées dans les domaines de l’aménagement du territoire, du développement économique et du droit du travail. Le statut de région ultrapériphérique de l’Union européenne serait maintenu.
Autre mesure symbolique : une consultation citoyenne est prévue pour choisir les signes identitaires propres à la Guadeloupe, tels qu’un drapeau et un emblème officiel.
Un large soutien populaire en Guadeloupe
Selon une enquête Qualistat, 75 % des Guadeloupéens soutiennent le passage à une collectivité unique, une hausse spectaculaire de 26 points par rapport à 2023. Cette aspiration s’accompagne d’une volonté de réduire le nombre d’élus et d’accroître la participation citoyenne. Environ un cinquième des personnes interrogées souhaitent aller plus loin, avec un statut inspiré de ceux de la Nouvelle-Calédonie ou de Saint-Martin. L’indépendance, en revanche, reste très minoritaire, recueillant à peine 10 % d’adhésion.
Malgré cet engouement, des inquiétudes subsistent : certains craignent une concentration du pouvoir, un affaiblissement du débat démocratique, voire une complexification administrative.
Le président du Département, Guy Losbar, s’est félicité du vote et du chemin engagé vers une meilleure efficacité de l’action publique. Mais ce consensus n’est pas partagé par tous : le président de Région, Ary Chalus, a quitté le Congrès avant le vote, jugeant les discussions inabouties. Plusieurs élus de l’opposition ont boycotté la séance, dénonçant un projet "irréalisable".
Et maintenant ?
Les résolutions votées devront encore être entérinées par les assemblées du conseil régional et du conseil départemental. Le projet sera ensuite soumis à l’État, en vue d’une potentielle consultation référendaire de la population guadeloupéenne.
Avec ce vote, la Guadeloupe s’engage dans un processus inédit. Si le projet aboutit, il pourrait redessiner en profondeur le paysage institutionnel de l’île et inspirer d’autres territoires ultramarins, en quête d’une gouvernance plus autonome. Un débat qui pourrait prendre de plus en plus de place à La Réunion dans les années à venir.


