Baisse des subventions des contrats aidés : une décision nécessaire pour une meilleure gestion des fonds publics

En tant que l’une des nombreuses victimes de la mauvaise utilisation des contrats aidés, je souhaiterais saluer cette décision courageuse et nécessaire de l’Etat qui, obligatoirement, assurera une gestion plus efficace de nos ressources publiques.
Bien que les contrats aidés, tels que les CUI, devenus Parcours Emploi Compétences (PEC), aient joué un rôle indéniable dans l’insertion professionnelle et l’accompagnement des publics les plus fragiles, leur efficacité réelle sur le long terme reste sujette à débat. Plus encore, quand on sait qu’il subsiste des détournements de fonds publics dans sa mise en œuvre qui, sont bien plus existante que les affirmations selon lesquelles le monde économique de la Réunion serait en péril suite à cette baisse.
Ces contrats ne doivent plus être utilisés comme des outils de marchandage pour convaincre ceux qui n’ont plus rien à manger, d’aller voter aux prochaines échéances avec l’espoir d’avoir une meilleure situation après l’élection. Ces dispositifs en faveur de l’emploi doivent être utilisés pour emmener nos jeunes vers des qualifications qui par la suite valoriserons nos entreprises ce qui, inévitablement, conduira au développement économique et social de notre département.
Une décision qui devrait mener au recentrage sur des dispositifs bien plus performants
La baisse des subventions allouées aux contrats PEC constitue une opportunité pour réévaluer les politiques d’insertion professionnelle et privilégier des dispositifs plus innovants et adaptés aux réalités du marché du travail actuel.
Grâce à cette décision, nos représentants politiques devraient, impérativement :
- Proposer un nouvel modèle de contrat, qui offrirait à chacun une égalité réelle ;
- Repenser nos offres de formations qualifiantes qui pourraient, par exemple, être centrées sur nos spécificités locales ou élargies à plus d’ingénierie ;
- Ces offres devraient ultérieurement être accessibles et publiées sur des sites Internet, opérationnelles ;
- de favoriser les partenariats avec le secteur privé, dans lesquels seraient inclus des baisses significatives des charges sociales, qui freinent considérablement l’embauche en CDI ;
- ou encore de soutenir les initiatives entrepreneuriales, souvent mise à mal par un système administratif trop lourd, dans lequel, se noient les projets et les emplois qui pourraient en découler ;
Cette décision reflète une volonté de responsabilisation et invite les élus et les collectivités à réfléchir et trouver des solutions alternatives, plus durables et efficaces, pour répondre aux besoins d’accompagnement des populations vulnérables. Dès lors, nos représentants politiques, ne doivent pas laisser passer cette occasion de proposer mieux qu’un simple contrat aidé qu’il soit PEC, d’avenir, ou autres. Nous les Réunionnais, par notre histoire, nos valeurs, nos cultures, nos savoirs-faire, nous méritons et exigeons bien plus que ça.
Un soutien aux acteurs locaux dans la transition
On peut comprendre les préoccupations exprimées par les associations réunionnaises face à cette transition. Il est crucial que l’État accompagne ces structures dans la recherche de nouvelles solutions. Cependant, maintenir un dispositif coûteux et parfois peu efficient n’est pas une réponse viable à long terme.
Certains représentants politiques doivent comprendre qu’ils sont responsables de cette situation, faute d’avoir proposé mieux et d’avoir utilisé à bon escient ces dispositifs. Ils doivent maintenant répondre de leurs actes et fournir aux Réunionnais des réponses plus adaptées, qu’une simple interview à la télévision pour dire qu’ils ne sont pas d’accord. Ils doivent cesser le brassage d’air, et se mettre au travail pour sortir nos jeunes de la rue, de la délinquance, des addictions, de l’échec des mauvaises décisions qu’ils ont prises.
En tant que citoyenne engagée contre l’atteinte à la probité, je sollicite l’ensemble des représentants politiques locales, à fournir de la transparence sur le nombre et le financement des contrats aidés de leur collectivités locales ou territoriales, ainsi que leurs établissements publics, depuis sa mise en œuvre.
Je saisi également l’Agence de Service et de Paiement (ASP) de la même demande, afin que nous puissions nous assurer de la concordance des chiffres entre les contrats signés et ceux qui ont été payés par l’Etat, car il ressort d’un contrôle URSSAF en novembre 2019, qu’un établissement public du département aurait été exonérés des cotisations de sécurité sociale liées au contrat aidé, sans avoir fourni plusieurs conventions individuelles des bénéficiaires, qui n’ont pas été enregistrées chez eux ????
A l’issue de ce contrôle, un rappel des cotisations et d’assurance chômage un total de 217 635 euros, ont ainsi été récupérés grâce à l’intervention d’une lanceuse d’alerte, victime du dispositif des contrats aidés.
Conclusion
Cette décision marque donc un tournant dans les politiques publiques d’emploi et invite à une réflexion profonde sur les priorités économiques et sociales. Il est temps de miser sur des solutions structurelles, orientées vers l’autonomie et la création de valeur durable, tant pour les bénéficiaires que pour l’ensemble de la société.


