Saint-Pierre : Il détruit des statues religieuses avant de mettre un couteau sous la gorge de son ex

En plus de l'alcool et du zamal, Frédéric M. semble avoir une autre addiction : violenter les femmes de sa vie. Le Saint-Pierrois fait vivre un enfer à ses compagnes et à ses enfants depuis plusieurs années, mais il a franchi une étape la semaine dernière qui aurait pu virer au drame.
Le 22 août, il se présente chez son ex-femme avec qui il a eu deux enfants. Après 14 ans de vie commune, ils sont séparés depuis quatre ans lorsqu'il la quitte pour une autre femme avec qui il a eu un enfant. Mais comme le couple n'a pas divorcé, car ils "sont mariés religieusement et ne peuvent pas divorcer", il se sent donc en droit de débarquer chez son ex quand il le souhaite, notamment lorsqu'il est saoul à 11h du matin.
Son ex-femme lui demande alors de partir, ce qui provoque sa furie. Il détruit des statues tamoules avant de se saisir d'un couperet qu'il met sous la gorge de son ex. C'est le fils du couple qui s'interpose et parvient à faire fuir sa mère. Interrogée par la police, sa fille confirme qu'il est aussi violent avec elle qu'avec sa mère. Si les faits jugés ce lundi remontent à 2020, les violences ont commencé dès le début de la relation.
Une fois interpellé, c'est sa compagne actuelle qui dépose également plainte contre lui. En mai dernier, à l'occasion de son anniversaire, elle reçoit une gifle en cadeau. Elle indique que c'est la troisième fois qu'il la frappe.
"Il commet des violences sur toutes les femmes de son entourage"
Face aux magistrats, il avoue que ce n'est pas uniquement l'alcool qui le pousse à la violence, mais bien sa colère naturelle. "Je ne contrôle plus ma vie, je regrette", déclare-t-il en espérant émouvoir l'audience. Il affirme vouloir refaire sa vie avec sa première femme, même si cette envie n'est absolument pas partagée.
"Il commet des violences sur toutes les femmes de son entourage, même sa fille. Il ne remet pas en question son comportement et dit que c'est la colère, c'est tout. Le recours à la violence ne s'explique pas seulement par la consommation de substances. Il va chez ses ex comme bon lui semble, il vit là où il veut. Tout est prétexte à menacer de mort", argue la procureure, qui requiert une peine de 18 mois de prison, dont 6 mois avec sursis probatoire. Elle demande également le retrait de l'autorité parentale pour tous ses enfants.
Une demande à laquelle s'oppose Me Sameïdha Mardaye. "Il est dans une spirale infernale, dans une descente aux enfers. Il a besoin d'aide. Il n'a pas les mots pour vous convaincre, ni l'attitude pour vous plaire. Mais ses larmes qu'il verse aujourd'hui sont celles de son vrai visage", déclare-t-elle.
Finalement, le tribunal le déclare coupable et le condamne à 18 mois de prison dont 12 mois avec un sursis probatoire de deux ans. Il a interdiction de contact avec les victimes et se voit retirer l'autorité parentale pour ses deux enfants qu'il a eus avec sa première femme.


