Féminiser les noms des métiers

A l’heure où nous allons célébrer la Journée des Droits de la Femme, abordons la question de la féminisation des noms des métiers.
Cette réflexion intègre logiquement tous les débats à ce sujet depuis un certain nombres d’années ainsi que la belle campagne menée par La Fondation Agir Contre les Exclusions (FACE), qui arguait ce slogan « luttons contre les exclusions » Youtube Mixité des Métiers
Si nous prenons la définition de la Féminisation des noms des métiers nous pourrons lire : « la féminisation des noms des métiers est un ensemble de procédés linguistiques consistant à rendre visible la présence des femmes dans la vie publique »
Tout d’abord observons les catégories des noms des métiers. Celles ci peuvent se distinguer en 3 groupes :
1/ Les métiers au noms neutres : on peut les qualifier de métiers mixtes de fait.
En général se sont les métiers dont les terminaisons sont en « iste »
ex : prothésiste ; ébénistes ; fleuristes…..
2/ Les métiers mixtes : féminin ou masculin :
coiffeuse/coiffeur – esthéticienne/esthéticien – ambulancier/ambulancière etc….
3/ Les métiers dont les noms sont exclusivement masculin :
terrassier – menuisier – électricien – carreleur – charpentier – miroitier – ferronnier etc….
Dans la vie courante pour ce 3ème groupe, il n’existe pas de féminin pour ces métiers
Ce constat fait suivre 4 pistes de réflexion :
1/ il nous laisse apparaître une corporation très fortement masculine
2/ nous pourrions y voir un côté sexiste
3/ cela induit une orientation difficile pour les jeunes. On est dans un inconscient masculin
4/ Peu valorisant : en effet la femme doit exister dans un milieu masculin
L’image du métier en devient de ce fait, peu attractive pour les jeunes étudiantes
Si on en venait à féminiser tous les métiers : au delà des motifs idéologiques, on pourrait en tirer des substances réelles :
- nous aurions un légitime accès pour les femmes.
- On reconnaît un statut de parfaite égalité des femmes et hommes
- Tous les métiers deviendraient plus attractifs
Imaginons qu’à l’URMA de l’Est, nous ouvrions une section Charpentier et Charpentière ? L’attractivité à ce métier pourrait alors en attirer plus d’une, future CHEFFE d’entreprise.
Féminiser les noms des métiers, c’est reconnaître la femme à l’égal de l’homme, sans discrimination positive ni condescendante. Une nouvelle vision de l’égalité réelle ?
A contrario, certains noms de métiers laissent peu de place au masculin exemple : sage femme
Corine Bédier, Artisane
05/03/2016


