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Clin d'oeil nostalgique au Lycée Français SADI CARNOT de Diégo-Suarez et la commémoration du bicentenaire de La Révolution Française.

Clin d'oeil nostalgique au Lycée Français SADI CARNOT de Diégo-Suarez (Antsiranana) à Madagascar et la commémoration du bicentenaire de La Révolution Française 1789-1989.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 1 mars 2016 à 05H48

- Oui, Roger ! Au fait, avant de prendre cette route, tu peux nous emmener sur la colline pour visiter l’école primaire Lamartine où j’ai été élève de 1979 à 1987 ? Et le complexe du lycée français Sadi-Carnot où j’ai été élève de 1987 à 1994 ?

- Oui, Amith ! Les bâtiments sont là, à l’abandon, les écoles ont fermé en 2015. Le gouvernement français ne pouvait plus alimenter ces établissements à l’étranger. Les Français, d’ailleurs, ont quitté petit à petit l’île à cause de la situation économique de Madagascar.

- On y est ! me dit Roger !

- Ah, ces écoles ! Fis-je d’un ton résigné. Il ne restait plus que les murs ! La toiture avait disparu. Les bâtiments étaient en ruine, à la manière d’un château fort médiéval. C’est dans ces écoles que je me suis cultivé en lisant les biographies des rois de France, des chefs romains, francs et gaulois, et où je me suis aussi abreuvé de connaissances en lisant à chaque récréation et après-midi, lors des activités d’éveil, des livres de la collection « la Vie privée des Hommes et la Vie privée des Animaux». Je me souviens aussi qu’en 1989, l’école avait commémoré le bicentenaire de la Révolution française. Les élèves portant la cocarde tricolore et le bonnet phrygien avaient défilé en chantant les chants révolutionnaires. Le défilé avait commencé au départ de la rue Colbert, puis on a longé la rue Lafayette, puis les places Joffre et Foch. On s’est arrêté devant le boulevard Flacourt, et sur la rue d’en face, je crois que c’était la rue Richelieu, l’ambassadeur de France en personne avait hissé le drapeau tricolore et la bannière sur laquelle était inscrite la devise : « Liberté, Egalité, Fraternité », pendant que nous chantions la Marseillaise et l’hymne national malgache. Je ne l’ai jamais oubliée cette fameuse journée du 14 juillet 1989. On avait même participé à un jeu d’échecs préprogrammé sur un stade de foot. Les élèves jouaient les différents rôles des personnages-clés de la Révolution. Je jouais le rôle de Lafayette. Les victimes devaient être le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette, Robespierre, Danton, Marat,…J’étais très joyeux, encore innocent et romantique rêvant d’une vie de bohême ! A un an près, des drames, des moments très difficiles s’annonçaient dans ma vie et allaient fracasser mon enfance, alors que je ne me doutais de rien ! Dans un an, l’enfant que j’étais, allais devenir un adulte averti et précoce…et un orphelin qui devait forger et prendre en main, sa propre destinée !

Ah ! cette l’école Lamartine : De 1979 à 1987, j'étais élève de Lamartine, sur cette petite colline inhabitée (à l'époque), où j’entendais - dans le silence presque monacal des salles de classes, qui faisait naître tous les rêves et toutes les ambitions - au loin le chant berçant des oiseaux, le pèlerinage silencieux des mille-pattes, le chant des sauterelles, la danse des papillons dans la cour de récréation, et les échos des bruits des turbines de la centrale d'électricité. Cette école m'a porté bonheur, et c'est avec émotion et nostalgie que j’en parle aujourd’hui. Lamartine à Nosy-Bé, un nom qui évoque le lyrisme et la force d'un poète majeur du XIXème siècle, - dont le poème le plus connu reste "le Lac" - fondateur de la IIème République et...

Un semblant de pause stoppa un instant ma parole. Les souvenirs se succédaient les uns après les autres ; le contrôle de mes émotions et de mon débit verbal m’échappaient complètement. Je n’avais plus la maîtrise de mon être. Et comme un enfant sous hypnose, je laissais le libre-arbitre à mon subconscient de guider mes phrases. Un semblant de pause et c’était reparti pour un tour ; je déroulais le film de ma mémoire à la simple vue d’un objet de mon enfance.

« - Puis le lycée français Sadi-Carnot, où j’ai passé mes années (1987-1994), est un souvenir qui remémore le nom d'un grand président du début de la IIIème République. Ces noms véhiculent les idéaux, les valeurs, les luttes, les combats en faveur de l'Ecole républicaine française, une Ecole que j'aimerai toujours, et que je porterai toujours dans mon cœur car elle a permis à tant d'enfants issus de milieux modestes - qui n'avaient que la plume et le cartable pour seul espoir, que les connaissances comme seul moyen d'avancer, et de se mettre à pied d’égalité - de s'en sortir dans la vie, et de concurrencer à travers le Savoir intellectuel, la richesse affichée, arrogante et matérialiste des enfants de riches et des fils à papa. Ces deux écoles, (Lamartine et Lycée français Sadi Carnot de Nosy-Bé), sont pour moi le berceau de mes larmes de joie et aussi de mes moments de grande douleur et souffrance. Elles ont façonné l'homme que je suis devenu, et ont permis avant tout, à un petit garçon du village lointain de Djamandjar - qui adorait depuis l’enfance, les livres d'histoire et des textes littéraires (la culture en général) - de s'en sortir relativement, dans la vie avec comme seul espoir, le mérite. Ces deux écoles resteront gravées à jamais dans mon cœur. Elles renferment pour toujours, dans leurs murs, mes joies, mes peines, mes douleurs et mes espoirs. Elles m'ont permis de grandir et de partager les grandes valeurs de la République française et de les véhiculer à mon tour dans la dignité et le respect, dans la tolérance et la raison et, d'être reconnu au mérite. »

En regardant ces bâtiments désertés, je rends hommage parallèlement à mes parents et à mon grand-père paternel qui m'ont toujours dit que la culture permet de former un être libre penseur doué de raison et que l'instruction est la principale arme qui donne de la dignité à la pauvreté, de la force à la tolérance, et de la grandeur et des ailes à la liberté.

Extraits du roman "Année 2043 : Autopsie D'une Mémoire."

Pour qu'écrire, se questionner, avoir l'esprit critique et le doute méthodique, le goût de transmettre et enseigner restent toujours des plaisirs partagés pour nous tous !

Article rédigé par Tamim KARIMBHAY professeur, historien et romancier auteur d'une monographie culturelle et historique d’un espace culturel et touristique insulaire dans l’océan Indien et le canal du Mozambique : Nosy-Bé : Âme malgache, Cœur français et du roman autobiographique et géopolitique : un hypertexte polyvalent et visionnaire : Année 2043 : Autopsie D’une Mémoire à contre-courant.

 

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