Ericka n’est pas née du néant !

Lorsque notre Ericka fut portée sous les feux de l’actualité, voici quelques années, de nombreuses langues (que l’on peut qualifier de fielleuses) prétendirent qu’elle le devait à quelque relation filiale sortie d’on ne sait où.
Je peux témoigner qu’Erika ne doit rien à personne ! Je la connais depuis… un sacré bail et ça remonte précisément à l’époque bénie où j’enseignais à La Sakay. Sa maman y était avec son compagnon instituteur comme moi, mon vieux pote Jacky Couderc.
Ericka, haute comme trois pommes, déjà plus que belle, a très tôt manifesté une vive intelligence et, surtout, une compassion évidente pour la population pauvre qui nous entourait. Je parie ma chemise qu’elle-même ne s’en souvient pas. Personnellement, je me rappelle de réflexions de sa part concernant la différence de moyens entre les Malgaches, vivant de peu, et nous, les enseignants grassement payés par le vice-rectorat de La Réunion.
Cela ne pouvait en aucun cas être du cinéma, pas à cet âge. Sa sensibilité était réelle ; et je dois dire que dans cette compassion native, il n’y avait aucune "pitié", mot que je déteste parce que rabaissant celui qui en est l’objet. Elle était émue, cela se lisait dans ses yeux, s’entendait dans ses inflexions.
Je n’ai jamais été surpris de la voir s’établir en politique mais elle le doit à elle-même, s’étant investie des décennies durant dans le PS, au service de ceux qu’elle estimait avoir besoin de ses compétences.
Son accession à de hautes fonctions ne me surprend pas plus. Elle ne l’a pas "mérité", c’est plus simplement logique. J’ajoute qu’accepter une telle mission n’est pas sans risque. Toutes mes félicitations à toi, ma belle.
Quant à ceux qui se désolent qu’un Réunionnais ne soit pas plus souvent "ministérisé" (oups !), je rappellerai qu’on n’a pas à se plaindre. Avant même d’évoquer Barre, il y eut autrefois l’Amiral Lacaze, ministre de la Marine et des Colonies. Margie a été également plus qu’à la hauteur de ce que l’on attendait d’elle.
Alors, marmaille, arrête pleurer, assez dénigrer, arrête fé le gros cœur.
Jules Bénard


