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Alon Koze

In Kaz, in bèl Kaz pou nout Kiltir, nout Linité, nout Rényonité ?
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 15 mai 2009 à 10H07

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Le concept est beau tant, nous, Terriens et Extra-Terrestres, avons besoin d’une Maison, d’une Place : "E.T. téléphone maison". Alors pourquoi tant d’hostilité à cette MCUR ? Histoire d’argent ? En des temps difficiles, on peut justement penser que les plus beaux projets ne sauraient passer avant l’élémentaire, l’urgent, les statistiques ayant rendu un verdict chiffré, pour ainsi dire incontestable : la pauvreté existe, à La Réunion aussi.

Mais c’est de misère culturelle et psychologique dont je voudrais parler aujourd’hui. Retour à la KAZ départ donc : que le Réunionnais se (re)trouve dans la mise en scène de ce qui le fonde, dans une perspective interactive, réflexive, est loin d’être inintéressant. Accéder à ses ancêtres, à qui l’on aura enfin octroyé une place dans le "fait-clair", n’est pas anodin. Identité ? En veux-tu, en voilà ! Bien enclose en des murs censés la protéger… Et extra-muros ?

Hors les murs, nous continuons à être floués : je vais "faire ma Zoreil" et dire qu’en France de France, parce que les enjeux y sont différents, je me sens plus à l’aise qu’ici, ousa la antèr mon zonbri ! Ici, je me heurte à deux ennemis : d’abord moi-même, à travers les soifs de pouvoir qui réduisent à néant un sentiment collectif d’appartenance (j’entends "collectif" au sens large et non clanique du terme !); les autres d’autre part, ceux qui arrachent la langue et le cœur de nos enfants (triste exemple dans le Sud !) à coup de mépris, de méprises, et/ou d’un zeste de racisme, pour ne citer que cela. Alors, ici, je suis en constante souffrance : j’ai peur de parler, peur de ne pas être à la (bonne) hauteur tant je suis mesurée à l’aune d’un projet "exotique", qui ne me ressemble pas.

Que suis-je donc, hic et nunc ? Un être emmuré car privé de parole, un individu sans famille, un citoyen sans outil conceptuel, coupé de ma culture native et de la culture universelle. Passif, réduit. Que puis-je transmettre à mes petits pour qu’ils deviennent grands, acteurs pleinement responsables ? De la colère sur fond de frustration, de l’anti-Comores, anti-Zoreils, anti-fonctionnaires : pas de triage dans mon café de (dé)possédé !

Alors la Grande Maison ? Le Temple de ma Raison d’Être ? La boue avant la pluie ! Attendre (le préfet nous en donne une légale opportunité !) ou agir simultanément sur les esprits : remplir les gounis mal remplis, ventres et esprits. Les moyens ne manquent pas pour peu que l’on hiérarchise les urgences : universités populaires décentralisées avec échange de savoirs (valables pour les "entrants" qui devront en savoir plus sur l’île que le confort solaire et financier, et ne plus confondre Zarab et Arabes !); navettes culturelles (cinéma, documentaires…); confrontation des jeunes, une fois au moins dans leur cursus, avec l’Ailleurs, y compris la France hexagonale… En bref, ni dogme, ni pensée pré- digérée, mais des clés pour un avenir assumé, sur fond de respect… Pou èt nou minm san tourn sèt fwa nout lang dan nout boush také.

Monique Séverin/mai 09

 

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