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JIOI : Le CIJ doit-il réagir ?

- Courrier des lecteurs -
Ecrit par zinfos974 – le lundi 4 septembre 2023 à 16H44

Des faits de jeux ont clairement terni l’image de ces jeux des îles et mettent à mal la transparence de l’organisation. Avec l’affaire des athlètes fantômes en taekwondo et le penalty imaginaire donné à Madagascar à l’ultime instant de la finale de football, sur une action se déroulant sous les yeux d’un arbitre mauricien désigné malgré le scénario de la demi-finale opposant Maurice à la Réunion, le Comité International des Jeux (le CIJ) doit impérativement réagir au risque de laisser la porte ouverte à tout ce qu’il y a de pire dans le sport.

Si des athlètes ont vivement contesté certaines décisions arbitrales, ce n’est jamais facile de prouver quoi que ce soit, surtout en l'absence de vidéo. Mais on retiendra deux faits énormes qui ne laissent présager rien de bon pour l'avenir des jeux. D’une part, comment diable est-ce imaginable que le comité international des jeux (le CIJ) ne prononce aucun mot sur l’affaire des athlètes fantômes en taekwondo, dont ce Luc Hubert, inexistant et logiquement absent d'un combat contre un Malgache, permettant ainsi à ce dernier de décrocher l'or ? Même pas un mot, et encore moins une enquête, rien. Pourtant, à titre de comparaison lors des J.O de 2020, la Russie avait été éliminée des Jeux Olympiques suite à des faits avérés de tricherie (manquement aux règles d'anti-dopage). Ici, et sans même devoir en arriver là, on préfère jouer la carte du mutisme. Le président de la fédération malgache parle lui d'une erreur technique. Ah oui d'accord.

Et puis, ce fait de jeu en finale de foot est, sans entrer dans des théories du complot, beaucoup trop gros pour n’être qu’une simple erreur arbitrale comme il y en a toujours eu. L’erreur est humaine, certes. Mais tout connaisseur de football un tant soit peu objectif, avec l’appui de n’importe quel arbitre sur Terre, sait reconnaître que la « faute » qui donne lieu au penalty malgache dans les ultimes instants de la finale contre la Réunion, n’est d'autre qu’une situation banale défensive on ne peut plus propre : c’est comme si on sanctionnait un basketteur pour avoir touché le ballon avec les mains. Car non, ce n'est pas un litige comme il peut y en avoir dans un match. Et si vous ne le croyez pas, allez voir les images pour vous rendre compte de l’ampleur du scandale : https://www.youtube.com/watch?v=Oy26DlVzfI8. L’arbitre n’est nullement masqué pourtant, le tout se passe juste devant lui. Summum de l'amateurisme (ou pire que ça), le choix de désigner un arbitre central mauricien après la fin de match houleuse entre les deux îles sœurs en demi -finale paraît évidemment discutable et serait tout aussi improbable au haut niveau. L’arbitre, félicité par des supporters mauriciens et malgaches, avait-il soif de vengeance contre la Réunion ? Rien, pas un mot, pas d’enquête là encore ?

Tout cela fera partie d'un « package » faisant  par moment passer ces jeux pour un tournoi « la kour » de niveau interquartier. Si aucune décision ferme n’est prise, chacun pourra faire les choses à sa sauce. Le comité international des jeux (le CIJ) doit réagir pour la survie des jeux.

Le comité d'organisation (COJI), présidé par le ministre des sports malgache, a-t-il carte blanche ?

Voici ce que dit la charte des Jeux des îles : https://reunion.franceolympique.com/wp-content/uploads/2018/11/CHARTE-DES-JEUX-au-19.02.18.pdf
Il y a donc le CIJ (composé de membres des différentes îles de l'Océan Indien), qui est l’organe suprême qui permet de désigner le COJI (comité d'organisation des jeux des îles) : Le CIJ confie l'attribution au comité olympique de l'île hôte choisie, qui désigne à son tour le comité d'organisation des jeux (COJI) qui doit "obligatoirement comprendre dans sa commission exécutive ou Bureau, un des membres du CIJ représentant l’île organisatrice des Jeux ainsi que le Président du comité olympique de l’île organisatrice ou son représentant". Le CIJ a donc attribué les jeux au comité national olympique de Madagascar, qui a constitué le COJI, qui est présidé par... le ministre de la jeunesse et des sports de Madagascar. N'est-ce pas problématique que le CIJ ne fasse que confier les jeux à un pays, mais ne s'occupe presque plus du reste ? Les enjeux et stratégies politiques politiciennes d'un pays hôte, que l'on connaît quand il s'agit de briller sur la scène du sport face à d'autres nations, ne peuvent-ils pas poser problème ?

Car si le CIJ est au-dessus, le COJI ne fait-il l’objet d’aucun contrôle ni de sanctions éventuelles de la part de l’organe suprême qu’est le CIJ concernant l’organisation ? En tout cas n’est-ce pas ce que l’on peut croire à en lire la charte du CIJ qui est mise en ligne ? Quel pouvoir a le CIJ sur le COJI dans le contexte de suspicion de triche ? Visiblement aucun ? Dans le cas contraire, il serait bien que le CIJ puisse prendre la parole à ce sujet, par souci de transparence et à titre d’information. Car nul doute que sinon, c’est la porte ouverte à tout pour les prochains pays organisateurs qui, pour la plupart, ne sont pas des modèles de stabilité à tous les niveaux. A chaque édition, le comité olympique de l'île hôte pourra faire sa petite recette avec des représentants de son pays. D’ailleurs, même chose pour ce qui est du choix des disciplines et de la disparité des médailles. Si chacun peut choisir les sports dans lesquels ils écrasent la concurrence, facile de faire le plein de médailles d’or. Cette année l’haltérophilie rapporte 60 médailles d’or à elle seule (soit 15 de plus qu'en athlétisme) ! Mada écrase la concurrence y compris chez les femmes, alors que la grande île refuse d’intégrer des boxeuses et footballeuses. Le CIJ ne devrait-il pas trancher plus fermement sur le choix des sports, et tenter de trouver un équilibre plus juste ?

JIOI et Réunion, quel avenir pour la suite ?

Enfin et bien sûr, tout ne doit pas servir d’excuse à la troisième place du classement général de la délégation réunionnaise qui, comme la France aux JO, est par exemple toujours très performante en natation, au judo et au handball, mais en deçà de la concurrence dans d'autres disciplines. Il faut évidemment savoir gagner sur le terrain, développer certains secteurs et rester avant tout sportif en félicitant tous ces athlètes concurrents pour ces belles performances réalisées. Reconnaissons également cette formidable initiative que sont les JIOI que nous avons la chance d’avoir depuis 1979, et aussi qu’il est en soit normal de rencontrer des couacs, dans des pays qui ont d'ailleurs des moyens limités.

Mais compte tenu de toutes ces problématiques, dont surtout le manque de contrôle concernant la tenue de l’organisation, cela vaut-il le coup que la Réunion, initiatrice du projet des JIOI, continue de concourir aux Jeux des îles ? Pour ce qui est du football, le retour de la coupe de l’outre-mer (qui fut encadrée par la FFF), pourrait-elle être encouragée ?

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