La laîcité est un attribut de l’Etat
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L’État laïque ne rassemble pas des citoyens laïcs, comme un État catholique rassemble des sujets catholiques. L’État laïque ne commande pas un comportement "laïque" aux citoyens qui le composent, comme un État religieux impose une religion à ses citoyens-sujets. Le comportement "laïque" des citoyens n’existe pas. Il n’y a pas de personne, ni de comportement des personne, "contrevenant à la laïcité". Pourquoi ? Parce que la laïcité est un attribut de l’État et pas un attribut du citoyen, encore moins un devoir du citoyen. La laïcité ne peut pas être une contrainte qui pèse sur le citoyen. C’est une contrainte de l’État qui libère le citoyen.
C’est une des plus précieuses caractéristiques de l’État républicain que de ne pas commander à ses citoyens son mode de vie ni son mode de pensée. "Ne faites rien contre votre conscience, même si c’est l’État qui vous le demande" disait Einstein. La laïcité de l’Etat est l’interdiction pour l’État de demander au citoyen des "choses" concernant sa religion.
La laïcité de l’État est une égale considération à toutes les religions, une totale indifférence, une neutralité positive (au sens des psychologues). Neutralité : les religions sont toutes pareilles. Positivité : L’État est favorable à leur expression et à leur pratique, sans jugements de valeur. La laïcité de l’État n’est pas l’opposition de l’État aux religions, et encore moins à une seule.
L’État n’a pas à prendre en considération la valeur religieuse que certains de "ses" citoyens donnent à un vêtement.
En substituant à la laïcité de l’État, obligation de l’État, une laïcité du citoyen, obligation du citoyen, des lois sur les signes religieux – loi sur le voile hier comme pour la burqua, demain- nous font entrer dans la confusion, la perte des repères.
La loi sur le voile a fait de la laïcité une religion entrant en conflit avec les religions (selon le texte exact de loi) - et, dans la pratique, avec une religion.
Dans un État républicain, il n’y a pas de préalable à l’accès à l’école pour les petites personnes. C’est l’honneur d’un État républicain de ne pas choisir à quels citoyens, il ouvre l’école et à quels citoyens, il demande certains "efforts" avant d’entrer à l’école.
A propos du port du voile on a argumenté que son interdiction avait pour finalité "de préserver les impératifs de laïcité dans l’espace scolaire". C’est un non-sens absolu. C’est l’État, pas les citoyens, qui règle la laïcité dans l’institution scolaire : le personnel, les programmes... c’est ce qui lui appartient ; les citoyens ne lui appartiennent pas. Le personnel, lui, est soumis à une discrétion laïque, qui peut atteindre le vêtement.
Autre argument : "En France, la laïcité est un principe constitutionnel, fondateur de la République, auquel l’ensemble de la population adhère et dont la défense paraît primordiale, notamment à l’école". La laïcité de qui ? A qui revient l’obligation de laïcité ? Ce n’est pas dit. Moi aussi j’adhère à la laïcité mais je ne m’habillerai pas d’une certaine façon à la suite d’une demande de l’État que ce dernier croirait justifier par une "défense" de la laïcité !!! Parce que la laïcité n’est pas mon affaire, c’est celle de l’État.
L’interdit est toujours un coup porté à la liberté.
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