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Violences conjugales : « Comme un esprit qui s’est emparé de moi, j’étais envouté »

Le tribunal judiciaire de Saint-Denis avait à juger ce lundi une affaire de violence conjugale particulièrement grave. Un homme de 68 ans s'en est pris à son ex-conjointe, le 28 mai dernier au Port, car elle refusait de reprendre la vie commune avec lui. La victime, extrêmement choquée par la violence des coups qu'elle a reçus, s'en sort avec une ITT de 30 jours.

Ecrit par R.L. – le vendredi 21 juin 2024 à 07H53

Léon L. et son ex-compagne étaient en couple pendant près de 6 ans quant au mois de mars dernier, ils décident de se séparer d’un commun accord. Originaire de Martinique, Léon L. quitte l’île pour aller voir ses enfants. Ils restent tout de même en contact par l’intermédiaire de messages. Pour autant, il n’a jamais vraiment renoncé à revenir vivre avec son ex et revient sur l’île au bout de deux mois. Alors qu’ils sont toujours en contact, son ex-compagne accepte le voir chez elle, pour une visite de courtoisie, le 28 mai dernier. Il lui fait part de son envie de se remettre en couple quand elle lui dit qu’elle ne veut pas et préfère rester amie avec lui. Le sexagénaire s’offusque, et alors qu’elle debout dans son salon lui tournant le dos, il lui fait une clé de bras et serre le cou avec son coude jusqu’à qu’elle ne puisse plus respirer.

Il descend ensuite son étreinte au niveau du thorax et serre tellement fort que la femme entend un craquement au niveau des côtes. L’agresseur finit par lâcher son étreinte, laissant le corps de la femme tomber au sol. Toujours pas satisfait, il se met à califourchon sur son ex-compagne est la saisit par le cou pour l’étrangler. Il ne lâche son étreinte que pour lui prendre la tête par les cheveux et une oreille et la taper à maintes reprises contre le sol. Pour s’en sortir, la victime a le réflexe de se faire passer pour morte. Le bourreau finit par lâcher prise. Pensant son clavaire terminé, la femme n’a pas le temps de se relever qu’il revient à la charge avec une bouteille de produit inflammable qu’il a prise sur le balcon et la menace de lui faire avaler si elle ne revient pas sur sa décision. Elle capitule pour qu’il ne mette pas sa menace à exécution.

Elle s’enfuit ensuite chez une voisine en attendant que sa fille vienne la recueillir. Après une hospitalisation au CHOR, elle consulte un médecin de l’institut médicolégal qui lui donne une ITT de 30 jours. L’examen montre qu’elle souffre de deux côtes cassées, de plusieurs contusions, abrasions et hématomes, d’un traumatisme crânien et d’un traumatisme cervical, en plus d’un état de choc et de stress sévère. L’agresseur, qui n’a pas de casier judiciaire, est interpellé, placé en garde à vue puis jugé ce lundi.

 

« Vous dites qu’un esprit s’est emparé de vous, puis que vous l’avez étranglée ?« 

 

À la barre, les explications du prévenu apparaissent quelque peu lunaires : « J’ai voulu lui faire un câlin, mais elle m’a repoussé. J’ai senti comme un truc qui est tombé sur moi d’un seul coup. Une bestiole est entrée en moi et me disait, mange-la, mange-la, mange-la. Je transpirais beaucoup, c’était comme un tigre en moi, comme un esprit qui s’est emparé de moi, j’étais envouté« , explique-t-il. La présidente, cherchant à bien comprendre, lui demande : « Vous dites qu’un esprit s’est emparé de vous, puis que vous l’avez étranglée ?« , insiste la magistrate. « Quand vous avez un esprit sur vous, vous faites quoi », lui rétorque alors le prévenu. Présente à l’audience, la victime explique au tribunal : « Je ne dors plus, je fais des cauchemars. Je ne souhaite qu’une chose, c’est qu’il ne reste pas à la Réunion. Je ne réalise pas encore ce qui m’est arrivé« .

« Il l’a essorée comme une serpillière« , fustige la partie civile qui demande qu’il soit interdit de s’approcher de la victime. « Ce sont des faits extrêmement graves qui auraient pu finir devant la Cour d’assises« , tance le parquet qui estime que « la dangerosité et la fixette qu’il fait sur la victime » doivent guider le tribunal. Le procureur requiert une peine de 4 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire assorti d’un maintien en détention. De son côté, la défense reconnait que « le dossier parle de lui-même, c’est difficile de ne pas le reconnaitre ». La robe noire demande au tribunal de tenir compte qu’il s’agit « de son premier passage devant un tribunal ». « Il est clair qu’il n’a pas accepté la rupture, il n’a pas eu la réaction appropriée« , plaide la défense, qui demande une sanction adaptée.

« Vous êtes reconnu coupable de l’ensemble des faits qui vous sont reprochés. Nous avons tenu compte du fait que vous n’avez visiblement pris la mesure de la gravité de vos actes, de plus, vous êtes totalement hermétique à tout ce que l’on vous dit », indique la présidente au prévenu, avant de prononcer une peine de 4 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire renforcé avec interdiction de contact avec la victime, une interdiction définitive de paraitre sur l’île de La Réunion ainsi que le maintien en détention.

Thèmes : Justice
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