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Vidéo – Zistwar : Célimène Gaudieux, l’esclave affranchie qui tenait tête à Madame Desbassyns

Qui était Célimène de Gaudieux ? L’épopée de l’artiste réunionnaise qui défiait les puissants de son temps nous est contée par Mario Serviable, géographe, spécialiste de l'Éducation populaire.

Ecrit par SF – le samedi 13 août 2022 à 09H40

Marie Monique Jans est née le 20 avril 1807. Elle deviendra Célimène, en référence à une actrice française, Louise Contat, qui joue ce rôle de Célimène devant Marie-Antoinette à la cour.

Marie-Monique est l’une des filles d’une esclave de Saint-Paul prénommée Candide. Lorsque celle-ci est affranchie par son maître, le 14 novembre 1811, Marie-Monique devient libre à son tour.

Fille rangée et brodeuse, elle donne naissance à l’enfant d’un grand maître blanc, monsieur Lebreton, avant d’épouser un gendarme retraité. C’est ici que la vie de Célimène prend une autre tournure. Le couple Gaudieux s’installe sur la route de Trois-Bassins et s’occupe d’un relais d’attelages.

« J’ai la tête remplie de vers, et je les fais à tort et à travers”

À l’auberge Gaudieux, baptisée « Hôtel des hommes d’esprit, les imbéciles doivent passer sans s’y arrêter », on s’occupe des chevaux mais aussi des passagers. Célimène est une musicienne autodidacte, qui écrit aussi bien en vers qu’en prose, en français et en créole ; alors, le temps que l’on prend soin des chevaux qu’on leur donne à manger et à boire, les visiteurs écoutent les chansons de Célimène, qui s’accompagne elle-même à la guitare. 

Celle que l’on nomme également la brune Télinga défie dans ses textes les puissants de son époque, parmi lesquels l’un des personnages les plus célèbres de l’Histoire de l’esclavage sur l’île : Madame Desbassyns. 

Ni la riche propriétaire de Saint-Paul, ni aucun autre symbole du pouvoir ne peuvent empêcher la renommée de la muse de Trois-Bassins. Après sa mort, le 13 juillet 1864, ses effets personnels sont vendus aux enchères, mais ses textes, consignés au fur et à mesure par les voyageurs, parviendront jusqu’à nous, à l’image de celui-ci :

“Je suis cette vieille Célimène
Très laide et non vilaine
Cette infortunée créole
Qui n’a pu aller à l’école
Légère en conversation
mais très posée en actions
J’ai la tête remplie de vers
Et je les fais à tort et à travers

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