Revenir à la rubrique : Société

Vidéo – Menacé d’expulsion du marché du Chaudron, un forain dit ses quatre vérités

Des parasols sinon l'expulsion ! Une explication de texte a mis aux prises ce mercredi sur le marché forain du Chaudron un forain et le régisseur. Le premier se retrouve sans possibilité d’écouler sa production de bananes, d’ananas, de miel et autres produits transformés comme les achards s'il ne revient pas avec des parasols. Le second fait-il preuve d'un excès de zèle alors que les chapiteaux ne sont pourtant pas interdits ? La mairie nous répond.

Ecrit par zinfos974 – le samedi 13 mars 2021 à 14H33

Agriculteur sur Sainte-Suzanne et forain depuis 25 ans sur le marché du Chaudron après avoir pris la relève de son père, Jismy Desruisseaux a été « jeté comme un mal-propre » ce mercredi matin, comme il le dit lui-même. Offusqué par le traitement auquel il a eu droit, l’agriculteur ne compte désormais plus se gêner pour balancer les pratiques qu’il estime contestables.  
 
Mais revenons-en à l’origine de cette brouille matinale. Comme chaque semaine, c’est à 3 heures que le forain arrive sur son « carreau ». Mais tout de suite, ça sent le roussi. « J’ai eu affaire à la sécurité qui est venue m’interdire d’ouvrir mes chapiteaux », raconte-t-il. 
 
L’homme reçoit ensuite la visite du régisseur des marchés dionysiens. [Un régisseur dont nous avions évoqué les tribulations au sein du Petit marché]urlblank:https://www.zinfos974.com/St-Denis-Le-Petit-Marche-sous-le-controle-d-une-mafia_a142845.html . Le régisseur maintient au forain que les chapiteaux sont interdits et qu’il devra faire le nécessaire pour s’abriter sous un parasol, sans quoi son installation lui sera interdite. La raison invoquée : son chapiteau ne respecterait pas l’alignement de l’allée. 
 
« Le chapiteau ne gêne personne »

« Il est venu vers nous pour nous dire que la préfecture leur met la pression sur l’organisation du marché. C’est ce qu’il dit mais c’est faux. Il dit qu’il faut que les allées soient dégagées de toute sorte de pied de parasol etc. Il a donc focalisé son attention sur les chapiteaux. Je lui ai dit : ‘s’il faut pousser le chapiteau, je m’arrangerai avec mon voisin qui est juste derrière moi’, je rentre le pied des chapiteaux au juste-à-poser de mon étal et c’est ce qui a été fait. Voilà qu’il passe en revue le marché et il revient à la charge avec une équipe de gros bras qui nous menacent, ma femme et moi, en disant que ‘non, les chapiteaux, ils n’en veulent plus’. J’ai dit : ‘mais je fais comment ? ça fait dix ans que je m’installe sous chapiteau sur le marché et je n’ai pas de parasol. Il m’a dit : ‘vous vous débrouillez' », raconte-t-il en relatant l’enchaînement des échanges.

 

Vidéo - Menacé d'expulsion du marché du Chaudron, un forain dit ses quatre véritésSans parasol, le forain est contraint de plier bagages. Il s’agit bien plus que d’une journée de perdue puisque dans un tel contexte de « pression », dit-il, son retour n’est pas envisageable pour les prochains jours de marché. D’autant que les sanctions futures lui ont été signifiées : « On m’a dit que si vous n’avez pas de parasol, on vous expulse et on vous fait verbaliser par la police municipale. »
 
Le forain ne comprend pas l’obstination de la régie municipale. « Le chapiteau ne gêne personne et il est d’ailleurs plus sécurisant. Le pire dans l’histoire c’est que les forains ont tellement peur de la régie que ceux qui avaient des chapiteaux sont allés acheter des parasols. Et pas plus tard que dimanche, des parasols ont été cassés par le vent ». Autre incovénient majeur, les forains sont obligés d’amener des bidons de 20 litres d’eau pour stabiliser les parasols face au vent.
 
« On nous menace tout le temps de nous expulser »
 
« Ça fait longtemps que je me tais. Mais ce matin c’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Aujourd’hui, on ne peut plus travailler dans ce contexte-là. Il y en a beaucoup qui pensent comme moi mais qui ont peur de la municipalité parce qu’on nous menace tout le temps de nous expulser. À chaque élection, c’est leur réservoir de votes : ‘Si vous ne faites pas ça, vous n’aurez pas ça !’ Je ne fais que dire la vérité. Le problème des forains c’est que ce sont des tortues. Ils ont peur. Dès qu’il y a l’herbe qui passe au-dessus de la carapace, ils rentrent la tête parce que les hommes de la sécurité du marché – moi je les appelle les colistiers de la mairie – viennent faire peur aux forains, nous intimider : ‘Si ou fait pas ça, i sa met’ à zot dehors' », reprend-t-il en reprenant des menaces qui auraient été proférées.
 
« Ça fait 25 ans que je suis sur le marché du Chaudron et pourtant je n’ai aucun contrat qui me lie avec la régie des marchés. Toutes les semaines, on vient me prélever de l’argent (pour l’emplacement, ndlr) et je n’ai aucun contrat… », ajoute-t-il. 
 
L’agriculteur compte bien ne pas se laisser faire. Sans revenus, il n’a en effet plus rien à perdre. « Aujourd’hui on me fout à la porte sans aucun courrier. J’’ai perdu une grosse palette de bananes qui a pris le soleil, tous mes fruits n’ont pu être vendus et je me retrouve sans revenus, sans emploi. »

 

Jismy Desruisseaux interrogé par Samuel Irlepenne :

 

Sollicitée mercredi après-midi, la mairie de Saint-Denis nous répond ce vendredi après-midi. Dans sa réponse, elle nous joint également le courrier adressé aux forains le 25 février dernier. Un courrier qui se trouve être le même que Jismy Desruisseaux nous présentait mercredi dernier (voir plus haut) et qui n’interdit nullement l’utilisation de chapiteaux.

ZINFOS : Les abris de type chapiteau sont-ils effectivement bannis des marchés forains dionysiens ?

Mairie de Saint-Denis : Les chapiteaux et les parasols sont des structures qui intègrent les marchés dionysiens. Pour garantir la libre circulation des clients dans un espace fluide et sécurisé, dans le plus strict respect des mesures sanitaires et des normes de distanciation, il est demandé aux forains de faire en sorte que les pieds de chapiteaux et de parasols n’obstruent pas les allées entre les stands, ni ne mettent en péril les personnes et les biens.

Est-ce normal que les forains ne disposent d’aucun contrat qui les lie à la régie ? (tel que le prétend M.Desruisseaux)

Comme chaque année, une remise à jour des pièces administratives est demandée aux forains (Kbis, attestation d’assurance, RIB, justificatif d’adresse, coordonnées téléphoniques, …), afin d’établir une fiche client les autorisant à pouvoir vendre leurs produits sur les marchés dionysiens. En contre-partie la Régie des marchés délivre aux forains un récépissé de redevance d’exploitation.

Est-ce normal qu’on lui interdise d’ouvrir son étale ce mercredi matin sans qu’aucun document officiel ne soit établi ?

L’accès au marché n’a jamais été interdit à M. Desruisseaux, qui se trouvait sur site avec ses marchandises. Comme à tous les autres forains, les consignes de sécurité lui ont été rappelées, avant installation.

Plus généralement, M.Desruisseaux déplore les coups de pression des agents de sécurité (qu’ils qualifient de nervis qui veulent surtout faire du nombre limité d’emplacements sur le marché un moyen de pression sur les forains) lui disant : « si tu ne fais pas ce qu’on te dit, on te mettra dehors ». Les agents de sécurité sont-ils d’une société extérieure ou des agents propres à la mairie ?

Les agents de sécurité sont des professionnels – employés par une société extérieure – dont la mission est d’assurer la sécurité des forains tout autant que celle des clients.

 

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Maltraitances animales : Contactez le 3677

La lutte contre les maltraitances animales est longue et particulièrement accrue sur le territoire réunionnais. Un numéro national est désormais ouvert aux témoins qui souhaitent signaler des faits.